Poco Bueno

Pine Johnson en action sur le dos de Poco Bueno.
Pine Johnson en action sur le dos de Poco Bueno.

Il est né le 10 avril 1944 sous la supervision de l’éleveur Jess Hankins de Rocksprings, Texas.  Poco Bueno et son père, King P-234, ont formés le plus célèbre duo père-fils de l’industrie équestre Quarter Horse.  Bien que sa robe n’était pas de la même couleur que celle de son paternel, il partageait cependant sa carrure athlétique et sa gentillesse.

Sa mère, Miss Taylor, était considérée comme une excellente reproductrice dont le père s’appelait également Poco Bueno.  Le nom de ce dernier n’avait cependant jamais été enregistré officiellement.

En 1945, Jess Hankins fit monter dans son camion quelques-uns de ses poulains afin d’aller les vendre aux enchères.  Poco Bueno se trouvait parmi eux.  L’un des frères de Jess lança alors que : « nous devrions peut-être garder celui-là. »  Jess n’en fit cependant qu’à sa tête.

Lors de l’encan, Poco Bueno fut acheté au prix exorbitant de 5,700$ par E. Paul Waggoner, propriétaire du célèbre Waggoner Ranch situé à Vernon, Texas.  C’est là que Poco Bueno allait passer le reste de ses jours.

Après avoir décroché le titre de champion recrue du Texas Cowboy Reunion Quarter Horse Show à Stamford, il accumula les honneurs au Texas, au Colorado et au Missouri.

En 1948, alors qu’il n’était âgé que de 4 ans, Poco Bueno débuta sa carrière en tant que cheval de cutting (triage du bovin).  Son incroyable habileté avec le bétail lui permit de collectionner les records, ainsi que plusieurs admirateurs.  C’est précisément dans cette discipline, moins spectaculaire que le rodéo mais qui fait preuve d’intelligence et de finesse, qu’il révéla tous ses talents.

Plusieurs cavaliers eurent le privilège de monter Poco Bueno, mais lorsque Pine Johnson est venu travailler pour Waggoner un duo exceptionnel se forma entre le cow-boy et l’animal.  Aujourd’hui encore, les noms de Poco Bueno et de Pine Johnson demeurent indissociables.

Selon Fagan Miller, gérant du Waggoner Ranch à cette époque, Poco Bueno a été le cheval le plus formidable, en plus d’être affable, comme la plupart des rejetons qu’il engendra par la suite.  Miller affirmait d’ailleurs que c’est Poco Bueno qui avait lancé la discipline du cutting.  Même après sa retraite, une fois trop âgé pour se donner en spectacle, les gens venaient des quatre coins des États-Unis pour venir l’observer et le photographier.

Poco Bueno mesurait 14,3 mains à l’âge adulte et pesait environ 1,150 livres (521 kg).  À une certaine époque, les inséminations de Poco Bueno se vendaient 5,000$, le montant le plus élevé de l’industrie.  Il fut aussi le premier cheval Quarter Horse à être assuré pour une valeur de 100,000$.

E. Paul Waggoner, le propriétaire de Poco Bueno, s’éteignit le 3 mars 1967 en laissant des indications précises quant à la façon d’inhumer le célèbre cheval après sa mort.  Puisque Poco Bueno avait été à l’image de la dignité, Waggoner insistait pour qu’il soit enterré à la verticale.

À sa retraite, Poco Bueno était totalement libre sur le ranch mais se déplaçait peu en raison de douleurs arthritiques.  Il s’éteignit finalement le 28 novembre 1969.  Il fut donc enterré debout, selon les clauses du testament de Waggoner.

Au cours de sa carrière et de sa retraite, Poco Bueno aura engendré 405 rejetons enregistrés à l’AQHA (American Quarter Horse Association), dont 36 furent des champions.

Cowboy ou cow-boy?

Trois membres présumés des Cowboys, groupe criminel organisé dans l’Ouest.

Y a-t-il au moins une différence entre ces deux mots?

Littéralement, elle se situe dans le fait qu’en français on introduit le trait d’union. Historiquement, la différence est beaucoup plus grande.

De nos jours, le cow-boy a le dos large car son stéréotype englobe plusieurs catégories, donnant parfois l’impression de servir de fourre-tout culturel. Par exemple, il suffit de penser aux cow-boys de compétition; aux cow-boys de randonnée; aux cow-boys de planchers de danse; et aux cow-boys du dimanche qui retombent en enfance le temps d’un festival ou de tout autre événement particulier; sans compter les images littéraire, cinématographiques et autres. À l’époque de la Conquête de l’Ouest, là où tout a commencé, ce mot désignait une seule chose : un métier éreintant et mal rémunéré.

C’est à la fin de la Guerre de Sécession, en 1865, que le métier prend vraiment son envol. On retrouvait alors des quantités phénoménales de vaches longhorn au Texas à l’état sauvage. Plusieurs jeunes sudistes ayant tout perdu durant la guerre – et gardons en mémoire que la majorité des combats se sont déroulé en sol sudiste, là où les ravages furent aussi les plus grands – s’improvisèrent cow-boy afin de survivre. En un claquement de doigt, on venait de créer un métier qui allait passer à l’histoire. Mais un métier qui allait surtout profiter aux éleveurs. Et c’est ainsi que se formèrent les premiers empires texans! À cette époque on les désignait surtout comme « cowhand » ou « vaquero », pour reprendre l’influence espagnole. Il est difficile, voire même impossible, de donner une date précise quant au moment où l’utilisation du mot « cowboy » a supplanté les autres. En langue française, on retrouve l’équivalent de vacher, mais la majorité préfère encore utiliser le terme américain.

Ce qu’on sait, en revanche, c’est que l’expression n’était pas très populaire au cours des décennies 1860 et 1870 car c’est là que les jeunes hommes oeuvrant dans le domaine commencèrent à se faire connaître par leurs frasques. Ceux-ci partaient du Texas pour escorter un troupeau en direction des villes à bétail, qui se situaient dans le nord, au Kansas, là où le chemin de fer pouvait ensuite acheminer les animaux vers les abattoirs de l’est. Ces convois duraient souvent quelques semaines; une période durant laquelle les patrons interdisaient l’alcool et où les heures de travail, combinées aux intempéries, n’avaient rien pour agrémenter la randonnée. Après tout ce temps sans avoir pu toucher la peau d’une femme, les cow-boys se laissaient donc aller à leurs envies les plus primaires dès leur arrivée dans les villes à bétail, se créant ainsi une réputation de fêtards, de buveurs, de joueurs et de coureurs de jupons. Bref, l’image parfaite du bad boy!

Vers la fin des années 1870, alors que le mot « cowboy » commençait à peine à se répandre, les Rustlers firent leur apparition en mettant sur pied un réseau de vol de bétail et de chevaux. En peu de temps, le phénomène se déplaça dans le sud de l’Arizona où ces bandits se faisaient eux-mêmes appeler Cowboys, avec un « c » majuscule. En plus de se spécialiser dans ces deux derniers domaines, ils ajoutèrent aussi à leur passe-temps l’attaque de diligence et le meurtre. En 1881, certaines rumeurs estimaient leur nombre jusqu’à 200. Leur existence est prouvée dans les archives et à certains endroits les autorités tentent d’identifier certains des membres de cette organisation criminelle toute américaine, formée bien avant la mafia italienne. Impossible de tous les identifier, mais on se souvient de plusieurs d’entre eux comme les frères Clanton et McLaury, Curly Bill Brocius et Johnny Ringo. Tous sont encore reconnus comme des acteurs importants de la saga historique de Tombstone, en Arizona.

John Selman en aurait également fait partie, traversant avec sa bande le Comté de Lincoln, au Nouveau-Mexique, au cours de l’été de 1878.  Pour leur part, ils ajoutèrent le viol à leur longue liste de méfaits. Difficile de mesurer leur impact criminelle, mais l’existence des Cowboys aurait été si marquante que durant plusieurs années le terme cow-boy fut synonyme de criminalité. Graduellement, l’aspect négatif rattaché au mot s’estompa, en partie grâce aux spectacles de Buffalo Bill Cody, dont l’intention était de montrer aux citadins du monde entier les divers métiers pratiqués dans l’Ouest américain.

Malheureusement, tous ce qui avait fait du cow-boy ce qu’il était s’estompa lui aussi rapidement. L’apparition du barbelé, l’évolution rapide du réseau ferroviaire et de nombreux autres facteurs firent en sorte que les cow-boys redevinrent ce qu’ils étaient : c’est-à-dire des ouvriers agricoles confinés sur des ranchs. Le phénomène dura donc à peine plus d’une génération, se diluant ensuite en divers courants. La différence entre les deux mots est peut-être subtile, mais elle est bien réelle! L’une traduisant une bande de criminels depuis longtemps disparue, tandis que la dernière désigne un métier qui, lui aussi, semble avoir disparu, ou du moins qui se pratique bien loin des méthodes originelles qui l’ont rendu si légendaire.