L’affaire St-Louis: chapitre 13

André Prince4 février 1969

Le procès de Marcel St-Louis se poursuivit en ce 4 février 1969 avec le témoignage d’André Prince, qui avait comparu un peu plus tôt.  Rappelons que St-Louis était accusé du meurtre de Michel Prince, qui l’avait pris en chasse après que St-Louis ait braqué le commerce de la famille Prince.  Graduellement, la défense venait de mettre en lumière que le meurtre de Prince ne semblait pas prémédité, et même qu’il pourrait être le résultat d’un acte de légitime défense.

Qu’est-ce que la Couronne espérait en rappelant le jeune André Prince dans la boîte des témoins?  Était-il encore temps pour Me Maurice Laniel de renverser la vapeur?

  • Monsieur Prince, commença Me Lanielle, procureur de la Couronne, hier dans votre témoignage je crois que vous avez dit qu’à la suite des deux coups tirés par le conducteur du véhicule bleu, vous l’avez vu avancer vers vous?
  • Oui, répondit André Prince.
  • Est-ce que vous pouviez distinguer ce qu’il avait dans les mains à ce moment-là?
  • Je voyais un canon pointé vers moi.
  • Vous voyiez un canon pointé vers vous. Un canon de quoi?
  • De carabine.
  • Est-ce que vous pouviez distinguer suffisamment pour savoir que c’était une carabine?
  • Oui je voyais.
  • Je vous exhibe une arme ici est-ce que vous pourriez nous dire si vous reconnaissez cette arme?
  • Je ne peux pas dire que c’est celle-là qu’il avait mais ça lui ressemblait, le canon en tout cas.
  • À ce que vous voyiez à ce moment-là?
  • Oui.
  • Ça ressemblait. Voulez-vous la produire comme exhibit P-9?
  • Oui.

Lentement, Me Gérald Grégoire s’approcha du témoin pour lui soumettre quelques questions.

  • Monsieur Prince, dans la poursuite, tant dans le rang 7 qu’à l’arrivée du village, est-ce la première occasion que vous avez vu que le chauffeur avait une arme?
  • Pardon?
  • Où est-ce la première fois que vous avez vu le chauffeur qui avait ce qui semble être une carabine?
  • Je l’ai vu seulement sur la 34.
  • Sur la 34, c’est la première fois que vous l’avez vu.
  • Oui.
  • Dans le rang 7, vous n’avez pas vu qu’il avait une arme?
  • Non.

Voilà qui n’aidait en rien  la cause de la Couronne, puisque la défense était en train de démontrer l’intention criminelle n’était pas imputable à l’accusé mais bien à ses poursuivants.  Décidément, l’issue de ce procès risquait de surprendre.  Marcel St-Louis était-il un tueur ou plutôt un braqueur qui avait agis en légitime défense?

 

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L’affaire St-Louis: chapitre 10

03
En pourchassant le braqueur, les membres de la famille Prince ont-ils tenté de tirer dans les pneus de la voiture du suspect?  Au bout du compte, Marcel St-Louis a-t-il agi en légitime défense?  L’avocat de la défense était-il en train de renverser la vapeur?

Aussitôt que Me Laniel eut remercié le témoin, Me Gérald Grégoire s’avança tranquillement vers le jeune homme de 17 ans.  Son travail était de mettre ses propos en perspective.

  • Vous dites que vous êtes parti avec votre père et que vous veniez de l’épicerie?
  • Pas de l’épicerie je venais de la maison qui est à côté de l’épicerie.
  • À ce moment-là est-ce que c’était à votre connaissance que votre frère Michel avait été averti de l’incident qui s’était passé au magasin?
  • Non, je ne savais pas que Michel avait été averti ou non.
  • Alors, par conséquent, vous ne saviez pas qu’il viendrait vous rejoindre?
  • Je l’ai su qu’il viendrait.
  • Avant de partir?
  • Oui.
  • Ah bon. Qui vous a dit ça qu’il viendrait vous rejoindre?
  • Bien j’ai été chercher mon père qui était à son garage puis moi … mon père a dit : dis à Michel qu’il nous suive.
  • Ah c’est ça que vous avez entendu?
  • Oui.
  • Votre père qui a dit ça?
  • Il a dit ça.
  • Il n’a pas ajouté d’autre chose en plus de ça votre père?
  • Il a dit qu’il amène son arme?
  • Il a dit qu’il amène son arme?
  • Oui.
  • Est-ce que c’était à votre connaissance que votre frère avait une arme en sa possession?
  • J’en avais déjà entendu parler que Michel s’était acheté une arme et vu qu’on avait eu plusieurs vols à l’épicerie Michel l’avait dit bien si il vient quelqu’un on pourra le recevoir.
  • Depuis quelle date à votre connaissance avait-il cette arme-là, le savez-vous?
  • Exactement la date je ne peux pas me rappeler.
  • Alors, quand vous avez commencé votre poursuite de l’automobile bleue vous saviez que Michel avait été averti de venir avec son arme?
  • Oui.
  • Par votre père?
  • Oui.
  • Dans le Rang 7 Monsieur Prince vous êtes arrêtés là et vous avez fait un demi-tour et ensuite c’est là que votre père est entré dans l’entrée de chez Monsieur Corriveau avec vous et c’est là qu’il a placé son automobile de travers dans la route?
  • Oui.
  • Dans le rang 7?
  • Oui.
  • À la résidence de Monsieur Corriveau?
  • Oui.
  • Vous êtes débarqué tous les deux de l’automobile?
  • Oui.
  • À ce moment-là aviez-vous remarqué le numéro de la plaque d’enregistrement du véhicule que vous poursuiviez?
  • Oui.
  • Et là vous étiez rendu dans le Rang 7 toujours du côté de la maison de Monsieur Roy?
  • Oui.
  • Le numéro de licence l’avez-vous remarqué avant d’arriver chez Monsieur Roy ou après?
  • Après qu’on a viré chez Monsieur Roy.
  • Avant ça, est-ce que vous aviez pu le remarquer?
  • Avant ça bien j’aurais su peut-être le voir mais je n’étais pas certain.
  • Pour quelle raison que vous n’étiez pas sûr?
  • Bien la distance qui séparait notre automobile de l’Envoy.
  • Arrivés chez Monsieur Corriveau vous dites que vous êtes débarqués vous et votre père, est-ce que vous êtes restés dans le rang là?
  • Non sur le côté de la maison à Monsieur Corriveau.
  • Sur le côté de la maison à Monsieur Corriveau?
  • Oui.
  • Et votre père qu’est-ce qu’il a fait lui?
  • Il s’est dirigé vers la maison de Monsieur Corriveau et il est allé à la porte d’en arrière de la maison de chez Monsieur Corriveau.
  • Est-ce que vous l’avez vu rentrer dans la maison?
  • Non.
  • Et vous êtes revenu au chemin?
  • J’ai vu mon frère qui s’en venait.
  • Alors, vous êtes retourné au chemin?
  • C’est ça.
  • Votre père est arrivé pas longtemps après ça?
  • Non, j’ai pas revu mon père après ça.
  • Vous n’avez pas revu votre père après ça?
  • Non.
  • Dans le rang 7 là vous étiez tous les trois, votre frère Michel et vous?
  • Michel, Louis et moi. Chez Monsieur Corriveau.
  • Est-ce que vous êtes débarqué, est-ce que vous étiez tous les trois en dehors de l’automobile?
  • Oui.
  • Dans l’entré de [cette] cour-là?
  • Dans la cour à Monsieur Corriveau, c’est ça.
  • Et là c’est là que vous avez aperçu la petite automobile bleue?
  • On l’a vue puis elle a passé devant nous autres.
  • Est-ce que Michel avait son arme à ce moment-là?
  • Oui.
  • Il l’avait avec lui à l’extérieur?
  • Oui.
  • Qu’est-ce qui est arrivé après ça, il a tiré un premier coup de feu?
  • Il a tiré un coup de feu en direction des pneus.
  • De quel côté était-il lui Michel, est-ce qu’il s’en venait du côté du chauffeur?
  • Bien du côté… bien il était dans la cour à Monsieur Corriveau.
  • Du côté du chauffeur?
  • Tout le temps.
  • De l’Envoy?
  • C’est ça.
  • Alors il y a eu un coup qui a été tiré là?
  • Oui.
  • Et vous où étiez-vous là?
  • À côté de Michel.
  • À côté de Michel?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce que vous regardiez vous?
  • Quand Michel a tiré un coup?
  • Oui?
  • Je regardais passer l’automobile puis Michel était à côté de moi.
  • Vous dites que vous regardiez l’automobile à ce moment-là?
  • Et puis Michel était à côté de moi.
  • Est-ce que vous regardiez ailleurs ou si vous regardiez les deux en même temps, vous savez que l’automobile elle, elle était en circulation?
  • Mais Michel était en plein à côté de moi c’est-à-dire il était à côté de moi … mais peut-être un pied en avant de moi.
  • N’est-il pas vrai que votre regard a été attiré vers l’automobile?
  • Il a été attiré vers l’automobile et aussi vers Michel parce que Michel a pointé son fusil vers l’automobile.
  • Est-ce que Michel ne pointait pas plutôt son fusil vers le chauffeur, est-ce que vous pensez que pendant que l’automobile circulait Michel était assez bon tireur pour viser les pneus?
  • Moi je dis qu’il pointait son arme vers les pneus.
  • Vous êtes sûr de ça?
  • Oui.
  • Est-ce qu’il faisait noir dans ce rang-là?
  • Il y avait une obscurité.
  • Il faisait noir à bonne heure et ces rangs-là ne sont pas éclairés, c’est seulement les phares des automobiles qui éclairaient ça?
  • C’est ça.
  • Et sous votre serment que vous avez prêté tout à l’heure dites-nous donc que vous n’avez pas regardé dans quelle direction Michel pointait son arme?
  • J’étais à côté de Michel et je l’ai nettement vu. Je l’ai nettement vu qu’il a pointé son fusil vers les pneus.
  • Alors vous ne changez pas la version de votre témoignage?
  • Je l’ai nettement vu.
  • C’était un bon tireur ça Michel?
  • Non.
  • Est-ce que vous pouvez être positif que vous n’avez rien entendu après ce coup de feu, est-ce que vous avez entendu aucun éclat de verre après le coup de feu?
  • Non.
  • Vous n’avez rien entendu?
  • Non.
  • Est-ce qu’il était près du véhicule quand il a tiré son coup?
  • … Il devait être … à peu près cinq, six, sept, huit, de sept à huit pieds de l’automobile.
  • Vous dites cinq, six, sept, huit pieds de l’automobile?
  • Oui.
  • Quand l’automobile a passé à côté de vous autres?
  • Bien oui c’est ça.
  • Puis vous étiez à cinq ou six pieds de lui?
  • C’est ça.
  • Et là vous l’avez perdu, c’est-à-dire qu’il a pu vous échapper?
  • Oui.
  • À une question du Procureur de la Couronne tout à l’heure vous avez dit que vous avez entendu seulement un coup de feu dans le rang 7 n’est-ce pas puis un autre coup de feu – est-ce qu’il n’a pas été tiré?
  • À ma connaissance j’ai entendu rien qu’un coup de feu. Moi j’ai vu rien qu’un coup de feu.
  • Combien Michel avait apporté de cartouches avec lui?
  • Je ne sais pas.
  • Vous ne savez pas combien il en avait?
  • Je sais qu’il m’en a données deux, je ne sais pas où il les a prises.
  • Là, vous ne regardiez pas votre frère à ce moment-là?
  • Bien on était dans l’automobile.
  • Alors ça ne vous a pas impressionné de voir d’où il sortait ses cartouches?
  • Non.
  • Ce qui vous impressionne vous c’est qu’il a tiré sur les pneus?
  • Moi ce qui m’intéressait dans l’automobile, j’ai cherché à récupérer l’autre automobile.
  • Regardez cette photographie-là Monsieur Prince. Messieurs les Jurés je vous demande de prendre les photographies produites en liasse comme exhibit P-7, dans le rond là ici, alors je vous montre Monsieur St-Louis.
  • Celui du côté gauche ou du côté du chauffeur?
  • Oui, c’est ça.
  • C’est pas mal plus haut que les pneus ça ce qu’on voit dans le rond ici là?
  • Je vois quelque chose.
  • C’est pas mal plus haut que les pneus?
  • C’est à la hauteur de la petite vitre du char, de l’Envoy.
  • À peu près à la hauteur d’un chauffeur d’automobile?
  • À la hauteur de la petite vitre du char.
  • Plus haut que les pneus?
  • Il n’y a pas de pneus à cet endroit.
  • Je va prendre une autre photographie Messieurs les Jurés, celle qui montre les trous dans le pare-brise avant du côté droit. Regardez cette photographie là Monsieur Prince, regardez là comme il faut je veux connaître votre opinion sur ça, vous voyez un trou?
  • Oui.
  • Est-ce que c’est là la hauteur des pneus ça?
  • C’est dans un pare-brise d’auto.
  • C’est à peu près à la hauteur d’un conducteur d’automobile ça, c,est pas mal plus haut que les pneus?
  • Oui.
  • Je vous montre une troisième photographie celle-là qui montre le côté droit arrière où la vitre a été brisée, on voit seulement une petite partie de la vitre. Est-ce que là dans ce cercle là c’est encore pas mal plus haut que les pneus ça?
  • C’est assez près des pneus.
  • Vous dites que vous considérez ça près des pneus?
  • Bien près des pneus c’est une vitre, il n’y a pas de pneus-là.
  • Alors vous voyez quand même un pneu là?
  • Oui.
  • Est-ce que vous ne changez pas votre témoignage après ce que je vous montre là?
  • Messieurs les Jurés je vous demande d’apprécier à ce moment-ci le témoignage du témoin. … Vous maintenez encore une fois que votre frère était à cinq, six, sept, ou huit pied du véhicule quand il a tiré sur les pneus?
  • Moi j’étais à cinq ou six pieds puis lui devait … il se trouvait à être à quatre ou cinq pieds de l’auto, Michel.
  • C’était un bon tireur, il connaissait les armes à feu votre frère Michel?
  • Non.
  • Vous dites qu’il ne connaissait pas ça et pourtant il en avait une?
  • Et par la suite de ce coup-là que vous avez entendu, là vous êtes embarqués en automobile avec votre frère?
  • Michel.
  • Et votre autre frère?
  • Louis.
  • Et là la poursuite a commencé?
  • Nous avons voulu suivre l’Envoy.
  • Vous n’avez pas pensé depuis la seconde fois quand vous êtes partis après avec Michel vous n’avez pas pensé de lui dire que vous aviez le numéro de licence de l’automobile?
  • Non.
  • Vous n’avez pas pensé de lui dire ça?
  • Non.
  • Vous n’avez pas pensé non plus de lui dire là sur le bord de la route sur le rang 7?
  • Non.
  • Quand vous êtes partis de chez Monsieur Corriveau pour la seconde poursuite là, vous l’aviez le numéro de licence à ce moment-là?
  • Oui.
  • Et vous n’avez pas dit à Michel, vous n’avez pas pensé après ça d’arrêter et d’aller téléphoner à la police?
  • Parce qu’il l’avait déjà appelée.
  • Qui avait appelé?
  • Bien quelqu’un avait appelé la police.
  • À votre connaissance ça ou bien si vous le savez?
  • Bien là …
  • Étiez-vous là quand il a appelé la police?
  • Non.
  • Alors vous ne savez pas s’il a appelé la police?
  • Je vous demande à votre connaissance vous si vous le savez?
  • J’étais à la maison.
  • Ne vous fiez pas sur ce qui a été dit après. Alors vous avez continué votre route et c’est là … pendant combien de temps avez-vous été à la pourchasse de l’automobile?
  • Jusqu’à St-Célestin.
  • C’est dans le village de St-Célestin que vous l’avez intercepté à ce moment-là?
  • Non non à la sortie du village de St-Célestin.
  • À la sortie du village?
  • Oui.
  • Quelle automobile aviez-vous à ce moment-là?
  • L’automobile à Michel.
  • L’automobile à Michel c’était quelle sorte d’automobile?
  • Une Dodge Polara.
  • Et quand vous avez rejoint l’automobile vous êtes venu à bout de la dépasser c’est ça?
  • Oui, dépasser. C’est là que Michel a dit on va lui couper le chemin.
  • Vous vouliez à tout prix qu’il s’arrête?
  • Oui.
  • Et là c’est vous qui avez l’arme?
  • Oui.
  • Et en passant à la hauteur du véhicule, votre vitre était baissée à ce moment-là?
  • Oui, puis mon bras était sorti de l’automobile.
  • En dépassant?
  • J’avais le fusil pointé vers le bas.
  • Et vous maintenez que votre fusil était pointé vers le bas?
  • Oui.
  • Vous aviez le fusil pointé vers le bas et puis il n’y a pas un pneu qui a éclaté puis rien de ça?
  • Moi, je ne suis pas bon tireur.
  • Est-ce que c’était la première fois que vous aviez une arme entre les mains?
  • Le revolver?
  • Oui.
  • Combien il y avait de balles dans le fusil quand Michel l’avait?
  • C’est un fusil à un coup et il faut le charger à chaque fois.
  • Ça ne peut pas être à deux coups ce fusil-là?
  • Non.
  • Vous êtes sûr?
  • Sûr.
  • L’aviez-vous souvent auparavant cette arme-là?
  • Regardez donc ça et dites-moi si c’est rien qu’un coup ou deux coups?
  • C’est un coup.
  • Vous êtes sûr de ça?
  • Oui.
  • Saviez-vous comment il avait de balles quand vous êtes partis de chez Corriveau?
  • S’il y avait des balles dedans?
  • Oui?
  • Puis Michel a dit : tu le rechargeras le fusil.
  • C’est vous qui l’avez chargé?
  • Oui.
  • Et rendu à la hauteur du véhicule vous avez baissé votre vitre vous vous êtes allongé le bras et vous avez tiré en direction du chauffeur?
  • Mon bras était en dehors comme ça.
  • Et vous avez tiré là en direction du chauffeur?
  • Mon arme pointait vers le bas.
  • Ça ne serait pas plutôt vers le chauffeur que vous pointiez votre arme?
  • Quand Michel a repassé l’automobile lui-même a freiné et puis c’est là que j’ai pointé mon arme.
  • Nous allons prendre les photographies, la première ici celle qui montre le côté gauche avant de l’automobile. Regardez encore cette photographie-là pour la deuxième fois.  Exhibit P-7.
  • Oui.
  • Est-ce que c’est pas mal plus haut que les pneus?
  • C’est au ras une vitre.
  • Vous dites que c’est au ras une vitre.
  • Moi j’ai pointé mon fusil vers le bas.
  • Ça ne serait pas plutôt vers le chauffeur que vous auriez pointé votre fusil?
  • Moi comme j’ai dit j’ai pointé mon fusil vers le bas.
  • Mais ça peut arriver ça quand une automobile en marche, ça doit être sûrement plus difficile d’ajuster un fusil vers le bas, le bras peut être levé mais pour une automobile en marche ça doit prendre un bon tireur pour viser à la même place?
  • Vu que mon bras était sorti de la fenêtre …
  • Oui mais elle était en marche encore cette automobile-là.
  • Oui.
  • Et l’automobile ça allait assez vite?
  • Oui.
  • Elle marchait l’automobile?
  • Oui.
  • Et ça se peut ça que par les secousses ou par la vitesse que votre bras ait relevé un moment donné?
  • Objection, Votre Seigneurie, s’objecta Me Laniel, c’est une question hypothétique…
  • Est-ce que c’est une question hypothétique, fit le juge Crête, c’est le témoin qui le sait. Je ne crois pas que ce soit une hypothèse ça.  Puisque ce sont des faits auxquels le témoin lui-même participait.
  • Je va vous montrer une autre photographie, reprit Me Grégoire, voulez-vous prendre note Messieurs les Jurés, je vous montre la photographie où on voit le trou dans la vitre avant dans le pare-brise. Regardez cela encore et dites-moi si ça peut être quoi que ce soit, encore si ça été tiré dans les pneus, vous voyez là?
  • Oui c’est dans le pare-brise de l’automobile.
  • C’est pas mal plus haut que les pneus ça?
  • C’est dans le pare-brise.
  • C’est à la hauteur de la tête d’un conducteur ça?
  • C’est dans un pare-brise.
  • Je vous montre la troisième photographie là qui montre la vitre fracassée à l’arrière?
  • C’est une vitre d’automobile qu’on
  • Alors par extension est-ce que ce n’est pas encore plus haut que les pneus de l’automobile?
  • C’est dans une vitre d’automobile.
  • Messieurs les Jurés sur ce témoignage je vous demande de regarder les photographies qui en disent pas mal plus long que bien des témoignages dans ces circonstances-là. … Alors, là après que vous avez tiré votre coup de feu vous avez intercepté le véhicule?
  • Michel a passé en avant.
  • Et votre automobile a freiné?
  • Oui.
  • Michel s’est mis de biais en avant?
  • Oui.
  • Alors l’automobile de votre frère Michel était pas mal en avant?
  • Bien pas mal …
  • Je vous demande si elle était pas mal en avant?
  • Bien elle était en avant … de travers puis l’autre a été obligé d’arrêter.
  • À ce moment-là est-ce que vous aviez encore le revolver vous?
  • Quand on était devant l,automobile?
  • Oui?
  • Moi, j’avais tiré mon coup.
  • Vous aviez tiré votre coup?
  • Oui.
  • Quel coup?, demanda le juge Crête.
  • Le coup tiré quand on était en train de le doubler, répondit André.
  • Et là le véhicule s’est immobilisé?, reprit Me Grégoire.
  • Oui.
  • Et votre frère Michel est sorti de l’automobile?
  • De son bord.
  • Avec votre frère?
  • Avec Louis qui le suivait.
  • Et votre frère Louis le suivait.
  • C’est ça.
  • Et le conducteur de l’autre automobile est-ce qu’il a essayé de partir à ce moment-là est-ce qu’il a essayé de s’en aller?
  • Il m’a pas semblé qu’il a fait un mouvement pour partir.
  • Ça ne vous a pas semblé qu’il voulait partir?
  • Non.
  • Il était en bordure du chemin à ce moment-là?
  • Oui.
  • Et il n’y avait pas de place pour passer?
  • Non, pas de l’avant.
  • C’était bloqué complètement?
  • De l’avant.
  • Et c’est comme un rang qui ne débouche pas ça?
  • C’est ça.
  • Et là vous aviez votre vitre baissée et vous aviez votre bras sort n’est-ce pas avec l’arme dans votre main?
  • C’est ça. Mais là je pointais pas vers l’Envoy.
  • Parce qu’il était plus en arrière lui?
  • C’est ça.
  • Votre frère Michel a fait le tour par en avant ou en arrière de l’automobile?
  • Il est sorti de l’automobile sur son bord et il se dirigeait vers l’arrière.
  • Vers l’arrière?
  • Oui.
  • Avec votre frère?
  • Louis qui le suivait.
  • Et l’autre, le conducteur où est-ce qu’il a été à ce moment-là?
  • De quelle automobile, de l’Envoy?
  • Oui?
  • Bien après que mon frère était sorti j’ai regardé l’Envoy puis je voyais que l’Envoy était à côté.
  • Est-ce qu’il était débarqué à ce moment-là?
  • Je pourrais pas dire.
  • Je veux dire le conducteur de l’Envoy?
  • Je pourrais pas dire.
  • Vous ne l’avez pas vu?
  • Non.
  • Est-ce que sa vitre était baissée?
  • Je l’ai pas vue.
  • Sa portière est-ce qu’elle était ouverte, la porte de l’automobile?
  • Je ne peux pas dire.
  • Avez-vous de quoi dans ses mains?
  • J’ai pas vu l’homme.
  • Vous ne l’avez pas vu du tout?
  • Non, monsieur.
  • Est-ce que votre frère pendant ce temps-là s’approchait de l’automobile?
  • Je ne le sais pas, je ne le voyais plus.
  • Vous étiez occupé à pointer votre arme sur le conducteur de la petite automobile bleue?
  • Oui, je pointais mais moi je pointais vers le bas.
  • Est-ce que vous étiez assez près de lui à ce moment-là, la distance?
  • L’automobile ou l’homme?
  • La personne qui était dans l’automobile à ce moment-là, quelle distance pouvait vous séparer à ce moment-là?
  • Une dizaine de pieds à peu près.
  • Une dizaine de pieds?
  • Oui.
  • Et est-ce que c’était éclairé?
  • Oui, il y avait les phares, il y avait les lumières de l’Envoy qui éclairaient.
  • Et c’est à ce moment-là précis que vous avez entendu : tire pas, tire pas?
  • J’ai dit aussi haut les mains avant.
  • C’est vous qui avez dit : haut les mains?
  • Oui.
  • Et puis tout de suite une voix s’est fait entendre en vous suppliant de ne pas tirer?
  • J’ai entendu : tire pas tire pas. Et j’ai répondu : c’est correct, je tirerai pas.
  • Et votre frère lui vous dites que vous ne le voyiez pas du tout à ce moment-là, savez-vous qu’est-ce qu’il faisait?
  • Non.
  • Il est assez grand votre frère?
  • Michel, à peu près de ma grandeur.
  • Puis là qu’est-ce qu’il est arrivé?
  • J’ai dit : tire pas tire pas. Et puis là j’ai entendu deux coups de feu.
  • Vous n’aviez pas encore rechargé votre arme à ce moment-là?
  • Non.
  • Vous en avez retiré d’autres coups de feu par la suite?
  • Oui.
  • Vous l’avez retiré après avoir rechargé votre revolver?
  • Bien quand j’étais dans le fond de l’automobile.
  • Pour la deuxième fois?
  • Oui.
  • En quelle direction avez-vous tiré encore à ce moment-là?
  • Vers les pneus, j’ai sorti de l’automobile et puis j’ai vu Michel étendu à terre là et puis je voyais le derrière de l’automobile, j’ai tiré un coup puis j’ai laissé tomber le fusil et j’ai couru vers mon frère.
  • C’était encore en direction des pneus que vous avez tiré cette fois-là?
  • On pourrait dire à portée.
  • La position des véhicules, lorsque vous avez intercepté le petit véhicule bleu, l’automobile de votre frère Michel était en avant, en coupant sur la route?
  • De biais.
  • Et l’automobile l’Envoy était-elle parallèle?
  • De biais.
  • Quand vous avez passé à la hauteur de l’automobile là est-ce qu’il n’y a pas eu quelque chose de crié au conducteur de l’Envoy par vous ou votre frère, ou que votre frère aurait crié quelque chose?
  • Non.
  • Il n’y en a pas un qui a crié arrête mon tabac?
  • Non.
  • Vous n’avez pas entendu d’autres de vos frères dire ça?
  • Non.
  • Et en aucun moment vous avez pensé d’aller vous rendre au village de St-Célestin pour aller téléphoner à la police?
  • Non.
  • C’est Michel qui conduisait l’automobile et il était anxieux il était intéressé, il voulait l’arrêter absolument?
  • C’est moi qui avait le fusil. Mais seulement que Michel m’a dit : vise pas l’homme, vise les pneus et puis ça il l’a répété cinq ou six fois.
  • Mais jamais ça vous est venu à l’idée d’appeler la police?
  • On voulait arrêter le voleur puis prendre notre bien.
  • Savez-vous qu’il y a des gens spécialement appointés par la province pour arrêter les voleurs, savez-vous ça, vous dites que vous avez 17 ans, à votre âge vous êtes assez vieux pour savoir qu’il y a des gens spécialement chargés de ça, vous n’avez pas pensé à ces choses-là?
  • Moi je n’ai pas l’expérience, je suis peut-être assez vieux mais j’ai pas l’expérience de ça.

Sans doute pour minimiser les contrecoups de ce contre-interrogatoire, Me Laniel s’approcha à nouveau du témoin pour quelques questions supplémentaires.

  • Quand vous tirez un coup avec cette arme-là est-ce que vous pouvez tirer un autre coup après?, interrogea Me Laniel.
  • Non, il faut le recharger.
  • Il faut le recharger?
  • Oui.
  • Qu’est-ce qu’il faut faire pour le recharger?
  • Bien vous ouvrez ça ici et puis il y a la cartouche vide il faut la prendre avec le bout des ongles la sortir et ensuite mettre l’autre balle dedans.
  • Puis là il est correct?
  • Il est correct, il est prêt à tirer.
  • Puis ensuite?
  • Ensuite en pesant sur ça, il part.
  • Est-ce qu’il y avait une autre arme à votre connaissance dans le véhicule à part de l’arme que vous aviez vue?
  • Non.
  • Lorsque Michel est sorti de l’automobile?
  • Non, il n’avait pas d’autre arme.
  • Alors je peux conclure que Michel n’était pas armé à ce moment-là?
  • Michel était pas armé, il m’avait donné son revolver.

Pour la dernière fois, Me Grégoire eut à son tour une dernière question pour André Prince.

  • En tout combien avez-vous tiré de coups de feu?, demanda l’avocat de Marcel St-Louis.
  • Il y en a eu un de tiré dans le rang 7 et moi j’en ai fait deux.
  • Alors ça fait trois coups?
  • Trois coups, oui.

 

 

L’affaire St-Louis: chapitre 9

André Prince
André Prince, 17 ans.

La Couronne appela ensuite André prince, 17 ans.  Celui-ci se décrivit comme un étudiant.  On se souviendra que la victime était son frère aîné.

  • Monsieur Prince, commença Me Maurice Laniel pour le compte de la poursuite, le 22 novembre 1968 à la suite d’un incident qui a eu lieu chez vous êtes-vous parti en automobile avec votre père?
  • Oui.
  • Étiez-vous seul avec votre père?
  • Oui.
  • Et c’est votre père qui conduisait l’automobile?
  • Oui.
  • Vous êtes allé où en partant de chez vous?
  • Nous avons parti et nous avons suivi … nous sommes rendus jusqu’au rang 6 à St-Léonard d’Aston on suivait une automobile.
  • Vous avez vu une automobile et rendu au rang 6 là?
  • Oui.
  • Vous dites que vous avez suivi une automobile.
  • On l’a suivie dans le rang 6.
  • À quelle distance, pourriez-vous examiner l’exhibit P-1 et nous dire si d’abord vous reconnaissez ce plan?
  • Oui.
  • Ensuite nous dire si vous êtes capable de trouver le rang 6?
  • Ça c’est le rang 13 ici. La route 13.
  • Quand vous dites ça la route 13 qu’est-ce que vous voulez dire?
  • Bien c’est ça ici.
  • En partant de chez vous là quelle route avez-vous prise?
  • La route 13.
  • Et vous êtes allé jusqu’au rang 6 là?
  • C’est ça.
  • Qu’est-ce qui s’est produit au rang 6 là?
  • Bien on a …
  • Alors quand vous dites ici le sixième rang là, qu’est-ce que vous indiquez sur le plan?
  • Bien je voudrais dire c’est le rang 7.
  • Alors si je comprends bien est-ce que vous reprenez votre témoignage et au lieu du rang 6 c’est le rang 7?
  • Oui, j’avais fait une erreur c’est le rang 7. Bien et puis mon père ne voyait plus de petite automobile Envoy bleue comme ça fait que mon père a viré dans le rang 7.
  • Vers quel côté, à droite ou à gauche?
  • Ça serait à droite.
  • Sur le rang 7 là vous vous êtes rendus jusqu’à quel endroit?
  • Jusqu’à la maison de Monsieur Roy.
  • Et vous avez suivi une petite automobile Envoy?
  • C’est ça.
  • Rendus chez Roy qu’est-ce qui est arrivé là?
  • Bien la petite automobile Envoy est virée dans la cour de Monsieur Roy dans la première entrée, parce qu’il y a deux entrées là chez Monsieur Roy.
  • Et puis votre père qu’est-ce qu’il a fait?
  • Bien mon père il a pris la deuxième entrée.
  • Après avoir pris la première entrée la petite voiture qu’est-ce qu’elle a fait?
  • Bien là elle a fait demi-tour, on a vu la petite voiture qui reculait pour quitter, pour quitter la propriété de Monsieur Roy et pour se diriger vers la 13.
  • En sens inverse d’où vous étiez venus la première fois?
  • Oui.
  • Qu’est-ce que votre père a fait par la suite?
  • Bien par la suite il a reparti à la poursuite de l’automobile.
  • De l’automobile Envoy?
  • De la même automobile.
  • Et vous vous êtes rendus jusqu’où là?
  • Bien on s’est rendu nous autres jusqu’en face de chez Monsieur Corriveau.
  • Mais là après que la petite automobile est partie, est-ce que vous avez en la poursuivant traversé la route 13?
  • Oui.
  • Et vous avez continué?
  • Oui, le rang 7 qui est le rang de Monsieur Corriveau.
  • Et qu’est-ce que vous avez fait ensuite?
  • Bien comme la petite automobile continuait mon père savait que le rang ne débouchait pas et puis après avoir fait un bout de chemin il a mis son automobile de biais pensant bloquer le chemin et son intention était il a dit : on va lui barrer le chemin.
  • Qu’est-ce qu’il a fait votre père ça après avoir mis son automobile de travers dans le chemin?
  • Il a débarqué de son automobile.
  • Il a débarqué de l’automobile?
  • Oui.
  • Et il s’est rendu où?
  • En arrière de la maison de Monsieur Corriveau.
  • Et vous vous l’avez perdu de vue à ce moment-là?
  • Oui.
  • Alors quand votre père était en arrière de la maison chez Monsieur Corriveau est-ce qu’il est arrivé d’autre chose?
  • Bien mon frère qui est arrivé avec son automobile.
  • Votre frère, lequel de vos frères?
  • Michel qui « runnait » l’automobile.
  • Qui « runnait » son automobile?
  • Oui.
  • Son automobile à lui?
  • Oui.
  • Est-ce qu’il était seul Michel?
  • Il était accompagné de mon autre frère Louis.
  • Et vous dites qu’il est arrivé?
  • Oui.
  • Qu’est-ce qu’ils ont fait en arrivant?
  • Bien moi j’ai fait signer d’arrêter, qu’on avait arrêté le voleur et que le voleur était arrêté dans la cour de chez Monsieur Corriveau.
  • Ensuite qu’est-ce qui s’est produit?
  • Après ça il est sorti de la route. Puis la petite Envoy l’automobile bleue elle, elle s’est dirigée vers la 13.  Puis là il a évité le char de mon père et puis il s’est sauvé.
  • Vous dites qu’il a contourné l’automobile de votre père?
  • Oui.
  • Malgré que le char de votre père était de travers dans le chemin?
  • Oui.
  • Et après avoir détourné l’automobile de votre père qu’est-ce que l’automobile a fait?
  • Bien elle a passé devant nous autres et il s’est dirigé vers la 13.
  • Vous autres qu’est-ce que vous avez fait à ce moment-là?
  • Bien Michel avait sorti son révolver et il l’a pointé vers les pneus et il a tiré. Il a tiré un coup de feu vers l’automobile.
  • Combien de coups a-t-il tirés?
  • Un coup.
  • Qu’est-ce que vous avez fait à la suite de ça?
  • Bien on a tous embarqué dans l’automobile à Michel. Louis moi puis Michel et on a parti à la poursuite du voleur.
  • Est-ce que vous avez vu votre père à ce moment-là?
  • Non.
  • Et vous êtes partis à la poursuite du véhicule Envoy?
  • C’est ça.
  • C’est-à-dire vous êtes aussi partis dans la direction de la route 13?
  • C’est ça.
  • Alors, en partant de chez Corriveau voulez-vous dire à la Cour quel est le chemin que vous avez suivi là?
  • On s’est rendu à la route 13 ici (indiquant sur le plan).
  • Alors là vous montrez l’intersection de la route 13 et du Rang 7?
  • Puis on a passé la 13.
  • De quel côté avez-vous tourné pour prendre la 13?
  • Ça donne à gauche. (le témoin examinant le plan).
  • À gauche?
  • Oui.
  • Et la gauche sur le plan est-ce que c’est vers le haut ou vers le bas?
  • C’est vers le haut.
  • Vers le haut?
  • Oui.
  • Alors vous vous êtes rendus jusqu’où là?
  • On a monté jusqu’au village de St-Célestin.
  • Directement sur la route 13?
  • Oui.
  • Et rendu au village de St-Célestin qu’est-ce que vous avez fait?
  • On a viré à droite vers la route 34 qui passe là.
  • C’est la 34 qui passe là?
  • Oui on a viré au village on a viré à droite sur la route 34.
  • Et après avoir tourné vers la droite sur la route vers la 34 vous êtes allés où?
  • Là, on poursuivait toujours l’Envoy.
  • La route que l’on voit sur le plan?
  • Oui.
  • Et puis la petite automobile?
  • Nous l’avons aperçue à l’entrée du village de St-Célestin.
  • Alors, à l’intersection de la route 13 et du Rang de la route du Rang 7 là vous l’avez perdu de vue?
  • On l’avait vu la direction qu’elle prenait ensuite on savait qu’elle allait vers St-Célestin.
  • Mais vous ne la voyiez pas à ce moment-là?
  • Non.
  • Et vous l’avez vue à l’intersection de la route du village de St-Célestin?
  • Oui.
  • Est-ce que vous saviez de quel côté il se dirigeait?
  • Rendu à St-Célestin on a vu qu’il avait viré sur la 34 à droite.
  • Et c’est pour ça que vous avez viré par la suite pour suivre le véhicule et est-ce que vous l’avez rejoint un moment donné?
  • Sur la route 34 Michel a repassé l’Envoy puis une fois dépassé, il est venu à bout de mettre son automobile de biais devant pour l’arrêter.
  • Et est-ce que la petite automobile s’est arrêtée?
  • Il a freiné.
  • Est-ce qu’il est venu à bout d’être complètement immobilisé?
  • Oui, il a arrêté, il a pas arrêté son moteur, son moteur tournait mais l’automobile était immobilisée.
  • Dans le véhicule de votre frère lorsque vous êtes embarqué vous est=ce que vous êtes embarqué en avant ou en arrière?
  • En avant du côté du passager.
  • En avant du côté du passager?
  • Oui.
  • C’est-à-dire à côté de Michel?
  • C’est ça.
  • Et c’est Michel qui conduisait?
  • Oui.
  • Et où était assis Louis?
  • Il était assis en arrière du côté du chauffeur.
  • Du côté du chauffeur?
  • Oui.
  • Et vous dites que chez Corriveau il a eu un coup de tiré?
  • Oui.
  • Est-ce que vous avez dit qui avait tiré ce coup-là?
  • C’est Michel.
  • Est-ce que vous reconnaissez cette arme?
  • Ça c’est l’arme que Michel avait.
  • L’arme que Michel avait?
  • C’est ça.
  • Voulez-vous la produire comme exhibit P-8?
  • Oui.
  • Et quand vous dites que Michel a tiré un coup est-ce que c’est avec l’arme qui est produite comme exhibit P-8?
  • C’est ça.
  • Est-ce que vous avez besoin de voir l’arme Messieurs les Jurés?, questionna le juge Crête.
  • Non, répondirent les jurés.
  • Est-ce que vous avez pu prendre le numéro d’enregistrement, le numéro de licence du véhicule que vous poursuiviez?
  • Oui, j’ai vu le numéro de licence du char dans le Rang 7.
  • Lorsque vous étiez avec votre père ou avec Michel?
  • J’étais avec mon père.
  • Et vous l’avez pris ce numéro de licence-là?
  • Oui.
  • Est-ce que vous vous en rappelez du numéro de licence du véhicule?
  • Oui, 5N-8696.
  • Je vous exhibe ici deux photographies produites en liasse comme exhibit P-6?
  • Oui.
  • Pouvez-vous dire si vous reconnaissez ces photographies-là ou ce que représentent ces photographies-là?
  • (le témoin examinant les photographies P-6) les deux photographies représentent la petite automobile qu’on a poursuivie.
  • La petite automobile Envoy?
  • Oui.
  • Et alors rendus au village de St-Célestin vous l’avez rejoint vous dites?
  • Oui.
  • Et vous avez barré le chemin et les deux véhicules se sont arrêtés?
  • C’est ça.
  • Qu’est-ce qui s’est produit par la suite?
  • Moi j’avais l’arme, Michel m’avait donné l’arme.
  • Quand Michel vous a-t-il donné l’arme?
  • Quand on a parti de chez Monsieur Corriveau c’est lui qui conduisait et il m’a donné l’arme à moi.
  • Vous l’aviez encore à ce moment-là?
  • Oui.
  • Et qu’est-ce qui s’est produit?
  • Bien là Michel est débarqué de l’automobile par la porte et puis Louis l’a suivi en arrière. C’est-à-dire Louis a débarqué par la porte du même côté que Michel.
  • Il a débarqué du même côté que Michel?
  • C’est ça. Puis moi j’ai regardé de mon bord j’ai baissé la vitre j’ai pris mon arme et puis mon arme qui était vide et je l’ai pointée …
  • Vous dites que votre arme était vide?
  • Puis je l’ai pointée vers les …
  • Vous l’avez pointée vers?
  • L’Envoy.
  • Est-ce qu’il y a eu un échange de paroles à ce moment-là, est-ce que vous avez parlé à quelqu’un?
  • Moi j’ai dit : haut les mains. Puis là j’ai entendu : tire pas, tire pas.  J’ai dit : c’est correct.
  • Alors qu’est-ce qui s’est produit?
  • Bien tout de suite après j’ai entendu deux coups de feu et aussitôt après à la suite de ça je suis venu comme sur un choc.
  • Vous êtes venu comme sur un choc?
  • C’est ça.
  • Est-ce que vous voyiez le conducteur du véhicule Envoy à ce moment-là?
  • J’étais comme plutôt … non je ne le voyais pas.
  • Vous ne le voyiez pas.
  • Est-ce que vous pouviez voir des mouvements dans le véhicule?
  • Mouvements, vous voulez dire…
  • Est-ce que vous avez vu bouger quelqu’un dans le véhicule?
  • Moi, non. J’ai pas remarqué rien.  J,ai eu un choc.
  • Est-ce qu’il y avait quelqu’un dans l’automobile?
  • L’Envoy?
  • Oui?
  • J’ai pas remarqué du tout.
  • Mais à qui parliez-vous à ce moment-là lorsque vous avez dit : haut les mains?
  • Bien je savais qu’il y avait quelqu’un qui conduisait. Comme ça.  J’ai sorti mon arme et j’ai dit : haut les mains.  J’étais sûr que le gars était pas encore sorti.
  • Et est-ce que le conducteur est sorti de fait?
  • Je ne peux pas vous dire, il m’a semblé que la porte était ouverte.
  • Est-ce que ses phares étaient allumés à ce moment-là?
  • Oui.
  • Et par rapport à vous est-ce que les phares vous éclairaient vous?
  • Oui.
  • Est-ce que les phares vous empêchaient de voir?
  • … je pourrais dire que oui. Ils m’éblouissaient.
  • Maintenant vous avez dit : haut les mains. Voulez-vous dire qu’est-ce qui s’est passé après?
  • Bien après que j’ai dit haut les mains bien là j’ai entendu : tire pas, tire pas. J’ai dit : c’est correct.
  • Et quand vous avez entendu : tire pas, tire pas. Ça venait d’où cette voix-là?
  • Ça venait de l’Envoy.
  • Ça venait de l’Envoy?
  • Oui.
  • Et après avoir entendu : tire pas tire pas. Qu’est-ce que vous avez fait?
  • J’ai dit c’est correct, je tirerai pas.
  • Et après ça vous avez entendu deux coups?
  • Deux coups de feu.
  • Lorsque vous avez entendu les deux coups de feu est-ce que vous pouviez voir Louis et Michel?
  • Non.
  • Quand vous dites : non, vous ne pouviez pas les voir pouvez-vous dire où ils étaient?
  • Bien je ne savais pas plutôt où ils étaient rendus.
  • Vous ne saviez pas où ils étaient?
  • Non.
  • Est-ce que vous êtes débarqué de l’automobile par la suite?
  • Quand l’Envoy s’est préparé à partir vers le village de St-Célestin là je suis débarqué de l’automobile.
  • Quand vous dites que l’Envoy s’est préparé à partir qu,est-ce qui vous fait dire ça?
  • Bien quand il s’est préparé à partir, quand je me suis préparé à débarquer…
  • Les deux coups sont partis et qu’est-ce qui s’est produit par la suite?
  • Bien il m’a semblé qu’il y avait un homme qui se dirigeait vers moi puis du bout du char à Michel j’ai vu quelqu’un pointer une carabine vers moi. Je me suis tout de suite caché dans le fond du char à Michel et tout de suite après ça j’ai vu que la carabine était encore plus proche, là je me suis couché encore plus en avant dans le « dash » et je me suis caché du mieux que je pouvais, j’avais l’arme il me restait une balle encore et j’ai chargé le fusil.
  • Vous dites que vous avez chargé le fusil?
  • Oui j’ai chargé le fusil avec la dernière balle que j’avais.
  • Votre revolver à vous?
  • Oui.
  • Et ensuite qu’est-ce qui est arrivé?
  • Puis là j’ai vu des phares puis là je me suis viré de bord et j’ai pensé qu’il y avait des camions qui s’étaient immobilisés.
  • Quand vous voulez dire des camions qui s’étaient immobilisés, voulez-vous dire l’intersection de la 34 et de la route 13?
  • C’est ça.
  • Dans le village de St-Célestin?
  • C’est ça.
  • Alors, qu’est-ce qui est arrivé par la suite?
  • Bien après là j’ai vu les phares et j’ai pensé que c’étaient les camions qui étaient arrêtés et j’ai vu les lumières comme ça et je voyais l’Envoy qui reculait.
  • À ce moment-là vous avez vu que l’Envoy reculait?
  • C’est ça.
  • Et qu’est-ce qui s’est passé par la suite est-ce que vous êtes resté debout, vous, ou qu’est-ce que vous avez fait par la suite?
  • Bien quand j’ai vu ça j’ai sorti du char du côté de Michel, ça du côté du conducteur. Avec le derrière de l’automobile face à moi.  Puis là j’ai vu Michel à terre comme ça.  Puis là moi j’avais le fusil je l’ai pointé le fusil et je l’ai laissé tomber à terre le fusil.
  • Est-ce que vous avez tiré à ce moment-là?
  • Un coup.
  • Un coup.
  • Oui à ce moment-là j’ai débarqué de l’automobile et j’ai vu Michel à terre, j’ai vu le derrière de l’automobile comme ça et j’ai pointé le fusil et j’ai tiré.
  • En quelle direction?
  • Bien là dans la direction de l’automobile.
  • Quand vous dites dans la direction de l’automobile, quelle automobile?
  • L’Envoy.
  • L’Envoy que vous aviez suivi?
  • C’est ça.
  • Vous avez tiré un coup vers cette automobile-là?
  • C’est ça.
  • Et vous dites que vous avez tiré un coup vers l’arrière de l’automobile que vous voyiez?
  • C’est ça.
  • Savez-vous si vous avez atteint quelque chose à ce moment-là?
  • Non.
  • Vous n’avez pas entendu rien à la suite de votre coup?
  • Non.
  • Est-ce que vous avez donné le numéro de licence à quelqu’un?
  • Oui.
  • À qui?
  • Après ça lorsque la police est arrivée et qu’elle a demandé le numéro de licence je lui ai donné.
  • Pendant toute cette période-là est-ce qu’il faisait noir?
  • … il y avait une obscurité.
  • Combien de coups avez-vous tirés avec l’arme de Michel?
  • Deux coups.
  • Vous venez de parler d’un coup que vous avez tiré en débarquant de l’automobile?
  • C’est ça.
  • Après qu’il est parti ou après qu’il est démarré?
  • Quand il est parti là.
  • Quand avez-vous tiré l’autre coup?
  • Bien c’est quand Michel a repassé l’Envoy. Comme on a passé nous autres à côté.  Ma fenêtre était baissée puis là je m’étais adressé moi je voyais les pneus de l’automobile Envoy.  Puis là bien l’Envoy a freiné puis Michel a coupé le chemin de l’Envoy à ce moment-là le coup de feu a parti.
  • Combien de balles Michel vous a données lorsqu’il vous a donné l’arme?
  • Deux balles.