La visiteuse: autre point de vue sur l’affaire Tom Nulty

la-visiteuseAmyot, Linda. La visiteuse. Montréal, Leméac, 2016, 121 p. ISBN 978-2-7609-4728-3

Si d’un côté on a l’impression que les intellectuels, ou du moins ceux qui prétendent l’être, lèvent le nez sur les faits divers, la littérature ne cesse de s’en nourrir.  Cette fois, c’est l’affaire Thomas Nulty qui est au cœur du roman.

Récemment, nous avons fait un léger survol de cette sordide affaire avec un compte rendu du livre de Simon Riopel.  C’est d’ailleurs en grande partie de cet ouvrage que s’inspire Amyot.  La romancière l’admet elle-même dans un petit texte discret apparaissant à la toute fin.  Elle avoue également s’inspirer du livre moins crédible Crimes et châtiments : la petite histoire du crime au Québec, volume 2 (1982), d’Hélène-André Bizier.

L’histoire débute en 1932 lorsque le personnage principal, une infirmière de 30 ans, apprend que sa mère, Élisabeth Leblanc, est mourante.  Précipitée à son chevet, celle-ci lui confie la lecture de lettres écrites entre 1897 et 1908.  Il se trouve que la mourante, dans sa jeunesse, écrivait sur commande pour des villageois qui ne jouissaient pas de son talent.  Parmi ces « clients », on retrouve Thomas Nulty.

Mais dans ce petit roman de 121 pages, qui trouve pourtant le moyen de se payer des longueurs, on n’apprend rien de nouveau.  Même l’arme du crime et les autres détails sont relégués aux oubliettes.  Points de vu nouveau?  Pas vraiment.  Alors, on pourrait se demander à quoi pourrait bien servir cette parution!

Les affaires les plus scabreuses passionnent non seulement le public mais aussi les romanciers.  Il suffit d’y penser pour trouver quelques exemples, comme André Mathieu avec le cas d’Aurore Gagnon, ou Roger Lemelin avec l’affaire de Sault-au-Cochon.  Il faudrait sans doute une étude plus exhaustive sur le sujet, mais c’est aussi vrai dans la littérature anglaise et française.  Le crime passionne.  Il fascine.  Tout le monde tente de le comprendre, de l’apprivoiser à sa façon.  Ce qui est sûr, c’est que le roman n’est pas le meilleur médium pour tirer les choses au clair.  En ce qui concerne les causes judiciaires réelles, il ne sert bien souvent qu’à fausser la mémoire collective.

 

L’impardonnable crime de John Morrison

axe-116677_1280Dans la nuit du 9 juin 1900, vers 0h30, un terrible drame survint dans le village de Welwyn, en Territoire du Nord-Ouest. Nous avons récemment abordé le sujet dans Le massacre de la rue Laurier, mais ces tueries de masse commises avec des armes blanches nous rappellent que les familicides ou autres crimes du genre ne sont pas nouveaux. Et qu’on ne peut non plus les relier uniquement à la dangerosité déjà reconnue des armes à feu. Parfois, ce sont les outils plus communs qui suscitent l’horreur.

Cette nuit-là, donc, John Morrison, un employé agricole de 27 ans, décida de s’en prendre à la famille de son employeur, Alex McArthur. Pendant que tous dormaient, Morrison s’empara d’une hache et se livra à son massacre. De sang-froid, il assassina McArthur, sa femme et trois de leurs sept enfants. À l’étage, il s’en prit d’abord à un garçon de 13 ans avec lequel il avait l’habitude de partager la chambre. Tout indique qu’il avait l’intention d’éliminer toute la famille, puisqu’il blessa aussi trois autres enfants.

Dans le journal The Clinton Morning Age du 12 juin 1900 on annonçait les meurtres d’Alex McArthur, maître de poste, sa femme, Dempsey 12 ans, Charles 8 ans, et Russell 4 ans. Le nom du suspect était publié mais aucun mot sur l’arme. On laissait également entendre que Maggie était la seule survivante de ce drame épouvantable.

Ainsi, on apprit que Morrison aurait réveillé Maggie pour lui dire qu’il venait de tuer tout le monde dans la maison, mais qu’il l’avait épargnée. Devant les yeux de la jeune fille, il aurait agrippé le petit Russell pour le mettre en pièces avec une hache. Peu après, Morrison serait sorti de la maison en disant qu’il allait se suicider. Maggie aurait alors inspecté la maison pour découvrir que quatre autres membres de la famille étaient morts, tandis que trois autres étaient blessés et laissés pour morts.

Les journaux ne parlaient d’aucun mobile. On précisait cependant que Morrison était originaire de Glasgow et qu’il se trouvait au Canada depuis quelques années. L’article se terminait en disant : « la seule théorie logique est l’attaque passagère d’un meurtrier fou. Il récupérera probablement de sa blessure ».

Dans le True Republican du 16 juin, on reprenait sensiblement les mêmes propos déjà publiés dans The Clinton Morning Age.

Alex McArthur s’accrocha à la vie durant des heures avant de rendre l’âme, vers 19h00. Son fils Russell survécut jusqu’à 11h00 au matin du 10 juin. Selon ce qu’écrivit le Winnipeg Tribune le lendemain, les autorités locales retrouvèrent l’assassin dans l’étable, portant une blessure qui prouvait sa tentative de suicide commise peu de temps après la tuerie. Près de lui se trouvaient un revolver dont le barillet contenait trois cartouches, un fusil dont l’un des deux canons était déchargé et finalement une hache ensanglantée. On craignit d’abord pour sa survie, mais des soins appropriés lui permirent de se rétablir afin de faire face à la justice.

Quand on lui demanda pourquoi il avait fait ça, Morrison aurait simplement répondu qu’il n’en savait rien, avant d’insister pour dire qu’il n’était pas fou. Selon le Winnipeg Tribune, cinq victimes sur les neuf membres de la famille étaient mortes. Trois autres, mutilées, avaient cependant peu de chance de survivre.

Pour les crimes horribles, en particulier quand on y retrouve une connotation sexuelle, les journaux de l’époque s’imposaient certains tabous. Mais pour mieux comprendre la criminologie de certains drames, les détails sont nécessaires et il faut alors se tourner vers le dossier judiciaire. C’est donc dans ce dernier, que j’ai consulté à Ottawa en avril 2015, qu’on retrouve une version beaucoup plus complète des événements.

Les journaux racontaient principalement que Maggie, 15 ans, avait réussi à fuir les lieux après avoir été éveillée par les gémissements de l’un de ses frères, ce qui lui avait permis de courir jusque chez le voisin William Jamieson, à un mile et demi plus loin. Selon ce qui reste du dossier judiciaire – les transcriptions sténographiques du procès ont malheureusement été détruites – on apprend que c’est à la suite du prononcé de sa sentence à mort que Morrison accepta de faire des aveux à un inspecteur de la GRC (RCMP) du nom de McGinnis. Dans une lettre du 12 décembre 1900, celui-ci informa le ministère de la Justice à Ottawa de la teneur de cette déclaration.

Ainsi, Morrison ressentait des remords sur le fait que, peu de temps avant le crime, il avait dépensé beaucoup d’argent. Engagé pour couper des buissons sous une température très chaude, il avait commencé à développer une sorte de dégoût vis-à-vis sa piètre situation. Initialement, son intention aurait été de se suicider avant de croire en ses chances de pouvoir prendre la fuite avec la fille qu’il aimait, à savoir la jeune Maggie, qui ne semblait pas au courant de ces sentiments. Ainsi, le père de Maggie devenait un obstacle à son projet.

Le 8 juin 1900, il avait décidé de mettre son plan à exécution. Comme à chaque soir, il ramena la hache à la maison sous prétexte qu’elle avait besoin d’être affilée. Il dira à l’inspecteur s’être mis à détester la nature de son projet lorsque les enfants étaient venus jouer avec lui. Qu’à cela ne tienne, il décida d’aller de l’avant. À son dernier retour au bureau de poste, trempé par la pluie, il découvrit la maisonnée endormie. Il prit aussi son revolver, qui servirait à son suicide. Voulait-il se suicider après avoir tué tout le monde ou alors se sauver avec Maggie?

Pour s’assurer que tous les McArthur dormaient, il souffla la lampe qui brûlait toujours dans la cuisine. Puisque personne ne s’éveilla, il pénétra dans la chambre des parents pour y commencer son massacre. « Madame McArthur s’est évidemment partiellement réveillée par le coup, s’est assise et a dit « oh » », écrivit l’inspecteur McGinnis dans son rapport. Morrison ne se laissa pas attendrir et la frappa violemment à au moins deux reprises.

Quelques enfants s’éveillèrent, mais tous furent frappés par la rage meurtrière de Morrison. En montant à l’étage, il tua Dempsey avant de s’en prendre à une fillette et Charlie, qui dormaient dans une autre pièce. Il aurait ensuite tenté de violer Maggie, mais celle-ci serait parvenu à le raisonner temporairement. Devant elle, il aurait tenté de se tirer une balle dans la tête mais le revolver refusa de fonctionner. Finalement, il sortit pour se rendre à l’étable. Là, il se servit du revolver pour presser les détentes du fusil de chasse mais un seul canon accepta de libérer sa décharge. Gravement blessé, c’est dans cette position que les autorités le retrouvèrent un peu plus tard.

Le coroner A. J. Rutledge ouvrit son enquête le 9 juin à Moosomin. Après que les six jurés[1] eurent inspectés les corps, l’enquête fut immédiatement ajournée avant de se réunir à nouveau les 11 et 12 juin. Maggie McArthur décrira ses jeunes frères et sœurs comme Dempsey, Charlie, Mamie, Henry et « le bébé ».

Le témoignage de Maggie est d’ailleurs un peu plus explicite. Elle dira s’être mis au lit à 22h00. Ses parents, ainsi que Russell, Mamie, Henry et le bébé, dormaient tous dans une chambre située dans la partie nord-ouest de la maison, au rez-de-chaussée, juste au côté de la cuisine. Ils furent les premières victimes dès l’extinction de la lampe. Charlie dormait en haut de l’escalier avec Maggie, tandis que Dempsey dormait lui aussi à l’étage mais dans une autre chambre. C’est lui qui partageait normalement cette pièce avec John Morrison.

« John Morrison n’était pas à la maison quand je suis allée au lit », dit-elle. Maggie précisera que la famille avait pris l’habitude de garder cette lampe allumée durant la nuit depuis la naissance du dernier, il y avait environ deux semaines. « Cette nuit-là la lampe était dans une position qui permettait à n’importe qui entrant dans la cuisine de voir mon père et ma mère ». Le père et Russell dormaient du côté nord-est de la chambre, tandis que la mère, Mamie et le bébé dormaient ensemble du côté sud-ouest. Henry dormait entre les deux.

Maggie dira également ne jamais avoir rien noté d’étrange à propos de Morrison, au point de ne lui connaître aucune dispute avec qui que ce soit. « J’ai été réveillé par l’employé [Morrison] qui prenait mon frère Charlie hors de son lit et qui semblait le tuer en même temps. Charlie criait de toutes ses forces. Je l’ai entendu gargouiller et faire du bruit comme si Charlie s’étranglait. Peu après j’ai entendu les coups de la hache, apparemment contre la tête de Charlie. C’était si sombre que je voyais seulement les visages ».

Après que Charlie se soit effondré sur le plancher, Morrison s’assied au bord du lit pour jouer avec son revolver durant un moment. Se décidant à poser l’arme sur une table de chevet, il commença à retirer ses vêtements. « Je pense qu’il a enlevé ses pantalons avant de se glisser dans le lit, et je pense aussi son manteau », dit-elle. C’est alors qu’il « me dit qu’il m’avait toujours aimé ». Il aurait aussi ajouté qu’elle n’avait pas été très gentille avec lui au cours des derniers jours avant de s’allonger sur son corps pour ensuite relever sa robe de nuit le long de ses jambes. Maggie résista, mais elle expliqua au coroner que Morrison s’est alors battu avec elle durant une quinzaine de minutes.

Morrison lui confia ensuite son projet suicidaire, ajoutant qu’il avait le choix entre la mort ou le pénitencier. Il se rhabilla et quitta la chambre. Mais l’adolescente de 15 ans dira au coroner être demeurée immobile dans son lit jusqu’à ce qu’elle entende un coup de feu en provenance de l’étable. Le tueur venait de tenter de s’annihiler.

C’est à la prison de Regina, en Territoire du Nord-Ouest, que John Morrison fut pendu le 17 janvier 1901.

Matt Colville, le frère de Mme McArthur, reprit le bureau de poste mais, peu de temps après, la petite localité de Welwyn fut déplacée à deux miles plus à l’Ouest. En 1907, Welwyn obtint le statut officiel de village.

Les dépouilles de la famille McArthur furent inhumées dans le cimetière Moosemin North. Parmi les trois enfants blessés, un seul atteignit l’âge adulte. Quant à Maggie, elle finit par s’exiler aux États-Unis.

 

 

[1] F. I. Collyer, Amos Kinsey, W. Wright, W. Purdy, Robert Hislop et W. J. Thompson.

Le massacre de la rue Laurier

351 rue Laurier (2)
La maison habitée par la famille Day en 1929 existe toujours. (photo: EV 2015)

Vers 3h40 au matin du 16 décembre 1929, le policier Alexandre Charest effectuait sa ronde habituelle lorsqu’il tomba sur un homme à l’intersection de la rue Alexandre[i] et Hart, à Trois-Rivières. En ouvrant le col de son manteau, celui-ci dévoila une gorge ensanglantée, tranchée. Croyant que ce citoyen venait d’être victime d’une violente bagarre, Charest le conduisit d’urgence au poste de police.

Là-bas, l’inconnu fit comprendre aux policiers son souhait d’écrire. On lui tendit un crayon et le couvercle d’une boîte de carton sur laquelle il griffonna «  I murdered my family (j’ai tué ma famille) ». Et il ajouta son adresse : 13 rue Laurier.

Tandis que le blessé était conduit à l’hôpital Normand et Cross, rue Laviolette, le chef de police Jules Vachon choisit deux policiers, Ross et Desaulniers, pour se rendre immédiatement sur la rue Laurier. Au rez-de-chaussée de la résidence, les trois hommes découvrirent le cadavre d’un jeune garçon, à moitié étendu sur un sofa. Il leur fallu ensuite enjamber une flaque de sang pour pouvoir grimper l’escalier.

À l’étage, l’horreur s’offrit à leurs yeux. Une femme d’environ 40 ans et six autres jeunes enfants, tous des garçons, gisaient dans différents lits. Malgré des éclaboussures de sang qui hantaient toutes les pièces, Jules Vachon, qui jouissait de son expérience dans affaire Lavallée, survenue trois ans plus tôt, constata que toutes les victimes avaient été tuées de la même façon. Elles portaient d’énormes plaies à la gorge. Pour certains, leur tête ne tenait plus que par quelques lambeaux de chair.

Vachon remarqua également des traces de sang près des interrupteurs électriques de chacune des pièces, comme si l’assassin avait pris le temps d’allumer et d’éteindre les lumières avant et après son passage dans chacune des pièces. La position des cadavres indiquait également que personne ne s’étaient éveillés. On ne nota aucun signe de défense.

Le malheureux à la gorge tranchée fut rapidement identifié comme étant Andrew Day, un ouvrier de 39 ans employé à la St-Lawrence Paper[ii]. Parmi les victimes, on comptait sa femme, Agatha Coughlin Day, et leurs 7 enfants: Jimmy, 13 ans; Billy, 8 ans; Freddy, 7 ans; Andrew, 6 ans; Daniel; Emmett 3 ans; et Peter.

Andrew Day - La Patrie 18 mars 1930
Andrew Day a massacré sa famille en décembre 1929 avant de tenter de s’enlever la vie en se tranchant la gorge. On constate d’ailleurs sur cette photo le pansement qu’il porte autour de sa plaie.

Le Nouvelliste révéla que les murs, les rideaux, et la table de la cuisine étaient maculés de sang. C’est d’ailleurs dans cette pièce que Vachon récupéra de précieuses pièces à conviction : une hache et un rasoir maculés de sang. Après l’octuple meurtre, il semble que Day ait utilisé le rasoir pour tenter de suicider en s’ouvrant la gorge. D’ailleurs, on craignait tellement pour sa vie que l’abbé Antonin Milot, vicaire à la cathédrale, accourut à son chevet pour lui donner l’extrême onction.

Devant un crime aussi violent, on se questionna rapidement sur le mobile. Des voisins parlaient déjà de Day comme d’un homme paisible et attentionné envers ses enfants. Selon le journal montréalais La Patrie cette boucherie pouvait s’expliquer par le fait que « Day avait perdu toutes ses économies à la Bourse et qu’il n’avait plus dormi depuis six ou sept jours. Il était employé par une compagnie de pulpe et de papier et gagnait environ dix dollars par jour »[iii].

L’immeuble de brique à deux étages habité par la famille Day appartenait à Cyriac Dupont, un marchand qui résidait dans la maison voisine, au 15 rue Laurier. En dépit d’un sommeil léger, Dupont dira n’avoir rien entendu la nuit de la tuerie.

Le Dr Adélard Tétreault, qui agissait à titre de coroner, demanda à ce qu’on dresse un périmètre de sécurité pour protéger la scène de crime. Les policiers eurent d’ailleurs du mal à retenir les curieux. Malgré ces précautions, il semble qu’au moins un journaliste ait eu accès à l’intérieur de la maison puisqu’on pouvait lire dans Le Nouvelliste : « on entre sur une salle double, divisée par une porte d’arche. Au fond sur une divanette [sofa] était étendue la première victime. C’est l’aîné des enfants, Jimmy. Il a la jambe gauche à terre et ses couvertures de lit sont repoussées au pied. Sa figure est enveloppée d’un masque de sang coagulé. Le cou est tranché presque complètement : il est presque décapité. Le sang a coulé par terre où il forme une marre épaisse ».

Et pour ajouter à l’incroyable tristesse du drame, les cadeaux de Noël destinés aux enfants gisaient toujours sous le sapin.

Après que le vicaire de la paroisse St-Philippe, l’abbé Charles-Édouard Bourgeois, eut administré les derniers sacrements aux huit victimes, le Dr Rosario Fontaine arriva sur place en compagnie des détectives Louis Jargaille, Hector Dorais et Édouard Lorrain de la Sûreté provinciale. Ceux-ci procédèrent à des expertises, tandis que Fontaine pratiquait les autopsies sur place. On photographia les lieux avant de déplacer les corps et de relever les empreintes digitales.

Le soir même, à 23h15, l’enquête du coroner Tétreault débuta. Déjà, Day était représenté par Me Jean-Marie Bureau[iv]. Devant le refus de Cyriac Dupont d’aller identifier les corps, la police demanda à Donat Duchesneau, un machiniste de la St-Lawrence Paper qui habitait juste en face. Celui-ci entra sur la scène de crime et identifia les victimes, une à une.

Devant le coroner, le Dr Fontaine « expliqua que dans la plupart des cas la mort avait dû être à peu près instantanée, il y eut presque chez chacune des victimes, fracture de la colonne vertébrale. L’instrument qui servit au crime était à la fois coupante et écrasante. Ce ne pouvait être un rasoir »[v]. Le médecin légiste se montra d’une précision quasi insupportable lorsqu’il détailla l’état du corps du jeune Billy, 8 ans, qui portait « une plaie à la joue droite et à la bouche, avec fracture de la mâchoire inférieure. Une blessure transversale au cou, faite avec deux coups de hache; section incomplète de la colonne vertébrale et section complète de la trachée »[vi].

Le 17 décembre, alors que les médecins annonçaient que Day survivrait à ses blessures, la police apprenait que le frère du présumé assassin, Thomas Day[vii], venait de quitter Milltown au Nouveau-Brunswick en compagnie de Frank Coughlin, frère d’Agatha. Les deux hommes auraient la pénible tâche de prendre les dispositions nécessaires pour les funérailles. Quant à elles, les rumeurs concernant les troubles mentaux de Day circulaient déjà.

C’est en compagnie du chef Vachon que Jargaille et Dorais rencontrèrent le suspect qui dira, après leur départ : « ils m’ont questionné, mais je ne suis pas obligé de parler, ils me l’ont dit eux-mêmes. Leur ouvrage est de chercher, ils sont payés pour ça. Qu’ils cherchent! »[viii].

Les funérailles d’Agatha Coughlin Day et de ses sept fils se déroulèrent le 18 décembre à l’église St-Philippe. Les huit dépouilles reposaient dans six cercueils. Dans l’assistance, on reconnut Me Jean-Marie Bureau, les détectives Jargaille et Dorais, ainsi que Cyriac Dupont, le propriétaire de la maison maudite, accompagné de son fils Hervé. L’abbé Charles-Édouard Bourgeois chanta la levée du corps avant que le curé de la paroisse St-Patrice, l’abbé Hervé Trudel[ix], ne célèbre l’office.

Charles-Édouard Bouregois 2
L’abbé Charles-Édouard Bourgeois.

À la fin de la cérémonie, lorsqu’on ouvrit les grandes portes de l’église, un vent violent s’engouffra à l’intérieur. Ce fut ensuite en pleine tempête de neige que le cortège se transporta jusqu’au cimetière St-Louis. La température se montra si exécrable qu’il « fallut faire ouvrir le chemin, par un des gros chasse-neige de la cité qui précédait les corbillards. Les cercueils furent placés sur un traîneau tiré par un cheval puis le cortège se rendit à travers une bourrasque d’une violence extraordinaire, au lieu de la sépulture, située [sic] à une certaine distance de la route »[x].

À la reprise de l’enquête du coroner, le 27 décembre, on apprit que Day aurait confié au Dr C. E. Cross « why they don’t hang me? » (pourquoi ne me pendent-ils pas?). Sur les conseils de son avocat, Day garda le silence devant le coroner. Il refusa même de prêter serment. La seule chose qu’il accepta de dévoiler fut son âge : 39 ans.

Le 10 janvier 1930, on déposa officiellement contre lui des accusations pour le meurtre de sa femme, de ses sept enfants, mais aussi pour celui qu’on retrouve dans le dossier judiciaire sous le nom de « Anonyme » Day, le bébé à naître dont Mme Day était enceinte. L’autopsie du Dr Fontaine avait permis de découvrir ce détail important qui, d’une certaine façon, portait le nombre des victimes à neuf.

L’enquête préliminaire s’ouvrit devant le juge François-Xavier Lacoursière. Me Maurice Fortier fut assermenté comme interprète, alors qu’à la poursuite on retrouvait Me Philippe Bigué. Ce dernier avait de l’expérience puisqu’il avait fait son apprentissage en 1906 au cours de l’affaire Sclater et avait réussi à faire pendre le vieil Alexandre Lavallée en 1927.

Les transcriptions de cette enquête préliminaire représentent aujourd’hui à peu près tout ce qui reste du dossier judiciaire. Après qu’on eut déposé en preuve sous la cote P-3 le carton sur lequel Day avait confessé son crime par écrit, on entendit le sergent Roméo Ross, 40 ans, qui avait découvert la scène en compagnie de son chef. Mais c’est sans doute le constable Ernest Jacob[xi], 36 ans, qui eut l’explication la plus imagée :

  • Qu’avez-vous vu?, l’interrogea Me Philippe Bigué.
  • J’ai rentré par la porte d’en arrière. J’ai rencontré en avant le petit garçon couché, la gorge tranchée. J’ai monté l’escalier et j’ai vu des gorges tranchées.

Le procès, dont les notes ont malheureusement disparues, s’ouvrit le 13 mars 1930 au palais de justice de Trois-Rivières devant le juge Aimé Marchand. Quant aux avocats, il s’agissait des mêmes, Me Bigué pour la Couronne et Me Bureau pour la défense. Ceux-ci s’entendirent sur un jury francophone[xii]. L’accusé apparut les yeux cernés, visiblement épuisé, peut-être même dépressif. Le Nouvelliste rapporta qu’une foule composée de « plusieurs centaines de curieux » s’assembla entre la prison et le palais de justice pour tenter d’apercevoir l’accusé, qui portait pour l’occasion un complet bleu à fine rayure pâle. La cicatrice à sa gorge étant toujours visible, il demeura debout tout au long de la matinée. Mais en début d’après-midi son avocat demanda la permission au juge pour que son client puisse s’asseoir. En dépit de la gravité inouïe de son crime, ce dernier n’était pas complètement abandonné par sa famille puisque son frère Thomas Day prenait place au côté de Me Bureau.

La preuve de la Couronne fut percutante. Puis vint celle de la défense, qui appela d’abord Sévère Rivard, un marchand d’instruments de musique de 52 ans qui dira que Day lui avait acheté comptant un piano pour sa femme. On démontra également ses pertes financières par ses relevés de compte. Afin de plaider la folie, Me Bureau appela plusieurs collègues et anciens collègues de l’accusé. Il en ressortit principalement que dans les usines à papier où il avait travaillé, Andrew Day entretenait un comportement étrange. Un jour, sans raison apparente, il frappa un collègue au visage. Il se serait aussi adonné à des gestes obscènes qui ne furent malheureusement pas décrit en détails par les journaux.

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En décembre 2014 s’entama la démolition de l’église St-Philippe, où s’étaient déroulées les funérailles des huit victimes du massacre de 1929. (photo: EV 2014)

D’autre part, il apparut également que Day était tellement attentionné envers ses enfants qu’il ne pouvait pratiquement rien leur refuser, sans oublier qu’on le voyait s’occuper beaucoup du ménage à la maison. Bref, les jurés eurent certainement l’impression que l’homme avait deux personnalités.

Au grand désarroi du procureur de la Couronne, Me Bureau réussit un tour de force remarquable en convainquant les jurés de déclarer son client aliéné mental avant même la fin du procès. Devant les explications peu détaillés des quotidiens, il nous est malheureusement impossible de comprendre ce verdict en détail. On ignore même si la plus récente grossesse d’Agatha avait pu être l’élément déclencheur de cette folie meurtrière. La disparition ou la destruction du dossier représente une perte pour notre patrimoine judiciaire. Peut-être aurions-nous pu nous permettre une meilleure incursion dans la tête de celui qui demeure l’auteur du pire familicide au Canada.

Après cette décision, Andrew Day prit le chemin des asiles québécois, un milieu considéré privé. Au moment d’écrire ces lignes, son dossier demeure confidentiel. On ne saura donc jamais ce qu’il est advenu par la suite.

La démolition de l’église St-Philippe débuta le 1er décembre 2014. Le 16 décembre, le jour même du 85ème anniversaire de la triste tuerie, j’accordais une entrevue télévisée au journaliste Pierre Marceau de Radio-Canada devant l’église[1]. Ce jour-là, on était à retirer les clochers. En mars 2015, il n’en restait pratiquement plus aucune trace.

En janvier 2015, grâce à une recherche en deux étapes – je tairai cependant mes démarches – j’arrivais à identifier la maison que les Day habitaient au moment du drame. Elle existe toujours mais ne porte plus le numéro civique de 1929. Selon une employée de la ville, ces chiffres auraient été modifiés en 1933 pour une raison inconnue.

En 1955, Arthur Koestler écrivait à propos du système pénal britannique que « dans les cinquante premières années de notre siècle, près de 20,000 personnes furent jugées pour des délits de tous ordres autres que le meurtre. Parmi elles, 29 en tout furent jugées « coupables mais démentes », c’est-à-dire 0,15%. Pendant le même demi-siècle, 4,077 personnes furent jugées pour meurtre. Parmi elles, 1,013 furent relaxées ou acquittées. Des 3,064 accusés de meurtre qui restent, 1,241 furent jugés « coupables mais déments », soit au cours de l’instruction, soit devant le tribunal, ce qui fait un total d’environ 40% ».

Notre échantillonnage mauricien n’est évidemment pas suffisant pour se comparer à cette statistique susceptible d’éveiller certaines idées philosophiques, mais ces chiffres faisaient dire à Koestler que la démence représentait un moyen de défense beaucoup plus courant dans les causes de meurtres. Est-ce à dire que la folie se manifeste seulement chez les assassins?

On pourrait être tenté de croire que le niveau de violence d’un crime est représentatif de la folie de celui ou de celle qui le commet. C’est un réflexe naturel que nous avons devant des crimes aussi odieux, mais est-ce que la folie explique tout?

Le massacre commis sur la rue Laurier reste, encore aujourd’hui, le pire familicide survenu de l’histoire criminelle du Canada. Nous avons bien connu quelques cas, comme celui de Nathaniel Dubois en 1890 qui, dans le comté de Portneuf, a tué sa femme, sa belle-mère et ses deux enfants à coups de hache. Le juge de l’époque a refusé d’accorder la moindre importance à la théorie de l’aliénation mentale, et Dubois fut pendu à la prison de Québec.

En novembre 1897, c’est aussi avec une hache que Thomas Nulty éliminait sauvagement son frère et ses trois sœurs. Mais rien de tout cela n’est comparable au familicide commis sur la rue Laurier. En fait, il faut se tourner vers nos voisins américains pour retrouver un cas impliquant autant de victimes face à une même arme. Autre similitude : les victimes furent toutes assassinées durant leur sommeil.

Le dimanche 9 juin 1912, J. B. Moore, sa femme Sarah Montgomery Moore et leurs quatre enfants – Herman, 11 ans; Katherine, 9 ans; Boyde, 7 ans; et Paul, 5 ans – se rendirent à l’église presbytérienne de Villisca, en Iowa. Katherine y rencontra ses amies Lena et Ina Stillinger. Ces deux sœurs, respectivement âgées de 11 et 8 ans, décidèrent la nuit chez les Moore. Vers 19h00, J. B. Moore téléphona aux parents Stillinger pour leur demander si les filles pouvaient dormir chez lui. C’est une autre sœur Stillinger qui répondit au bout de la ligne. Les parents étant absents, J. B. Moore expliqua que, puisque les lumières électriques ne fonctionnaient pas très bien dans le village, il serait plus prudent que Lena et Ina ne rentrent pas seules chez leur grand-mère.

Après les festivités, les sœurs Stillinger rentrèrent donc avec les Moore, vers 22h00. Les lumières s’éteignirent et puis, … plus rien.

La voisine immédiate des Moore, Mary Peckham, se leva comme à l’habitude vers 4h00 le lendemain. C’est seulement après avoir terminé son lavage vers 7h00 qu’elle s’inquiéta de la tranquillité inhabituelle de ses voisins. Mary alla d’abord frapper à leurs portes, mais celles-ci étaient verrouillées de l’intérieur et les rideaux fermés. Ed Selley, un employé de Moore qui attendait son patron à la boutique du village, arriva à son tour, s’occupant de traire les vaches avant de retourner au magasin. À son arrivée, Ross Moore, le frère de J. B., inséra sa tête par une fenêtre ouverte mais sans rien distinguer, ni entendre quoi que ce soit. Il trouva cependant dans son trousseau un double des clés de la maison et ouvrit. La vision d’horreur qui s’offrit alors à lui s’avéra cauchemardesque. Les six membres de la famille Moore et leurs deux jeunes invitées avaient été sauvagement tuées pendant leur sommeil.

Le coroner conclut en l’absence de toute agression sexuelle, bien que les sous-vêtements de Lena Stillinger aient été soulevés et que son corps fut retrouvé dans une position suggestive. L’auteur Troy Taylor affirme que, parmi les huit victimes, c’est J. B. Moore qui aurait subi les blessures les plus violentes. Mais il s’agit là d’une conclusion risquée puisqu’il n’y eut jamais de photos judiciaires pour immortaliser la scène, les documents officiels sont généralement manquants et les lieux furent contaminés par plusieurs curieux.

Un premier livre consacré à cette tragédie fut publié en 2003 sous le simple titre Villisca. Son auteur, Roy Marshall, présenta le dossier de manière objective. En dépit d’un ouvrage sérieux, Marshall se permettait de conclure dans son épilogue en disant qu’à l’approche du centenaire de la tragédie de Villisca (2012) aucun événement comparable ne s’était jamais produit. Visiblement, il n’a jamais été informé du massacre de la rue Laurier.

En 2012, Troy Taylor reprenait l’affaire dans Murdered in their beds, the history of hauntings of the Villisca ax muders. Mais Taylor, qui se dit auteur de plus de 80 livres, a un penchant pour les histoires de fantômes et autres crimes qu’il associe au paranormal. Bref!

Le fait de s’arrêter un moment sur la tuerie de Villisca nous permet de comparer le traitement que les Américains peuvent réserver à un tel fait judiciaire contrairement à nous. Pour être bref, disons que Villisca est aujourd’hui devenu un site touristique associé à l’horreur, alors que bien peu de Québécois savent où se trouve la maison qui fut autrefois un lieu de massacre. J’oserais même dire que la plupart d’entre eux ignoraient les circonstances de ce crime puisqu’on en fait mention dans pratiquement aucun livre ni article web.

Traitons-nous différemment ce genre de crimes par fausse pudeur ou parce que l’histoire et son dossier judiciaire se sont effacées avec le temps?

Sur les 1533 causes de meurtre qui ont menées à des condamnations à mort au Canada entre 1867 et 1976, on retrouve l’utilisation d’une hache dans plus de 60 cas. Dans trois d’entre eux, l’assassin était une femme.

Quant aux familicides, ils ne sont pas nouveaux. En 1873, Timothy Topping tuait sa femme et ses quatre enfants avant de tenter de s’enlever la vie à West Oxford, en Ontario. D’abord condamné à la peine capitale, sa sentence fut commuée en emprisonnement à vie. On croit cependant qu’il serait mort dans un asile de London.

En mars 1889, William Harvey tuait sa femme et ses deux enfants à Guelph, en Ontario. Il fut pendu le 29 novembre suivant.

Simeon Czubej utilisait lui aussi une hache et une arme à feu pour assassiner une personne du nom de Bojecko et ses quatre enfants à Winnipeg en octobre 1898. L’assassin fut pendu l’année suivante.

À mon avis, la tuerie qui se rapproche le plus de celle commise à Trois-Rivières, s’est produite en juin 1900 dans les Territoires du Nord-Ouest. Le 9 juin 1900, dans le village de Welwyn, John Morrison, 27 ans, utilisait une hache pour s’attaquer à son employeur Alex McArthur et les membres de sa famille. Au moment de l’attaque, tous dormaient. Il tua les parents et trois de leurs sept enfants, en plus d’en blesser gravement trois autres. Maggie, 15 ans, fut la seule épargnée. Elle courut se réfugier chez le voisin William Jamieson, à un mile et demi de là.

Selon le Winnipeg Tribune du 11 juin 1900, l’assassin était originaire d’Écosse et était installé dans la région depuis 6 ou 8 ans. Les autorités locales le retrouvèrent dans l’étable. Morrison portait une blessure prouvant qu’il avait tenté de s’enlever la vie. Des soins adéquats lui permirent de faire ensuite face à la justice. Il aurait avoué n’avoir aucun mobile avant d’ajouter qu’il n’était pas fou.

Jugé à Moosomin North, Morrison fut reconnu coupable et pendu à la prison de Regina, T.-N.-O., le 17 janvier 1901. En avril 2015, j’ai consulté le dossier de Morrison préservé aux archives nationales du Canada à Ottawa, mais il est assez mince. Les transcriptions de son procès sont absentes.


[1] Pour voir le reportage : http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/12/17/001-andrew-day-meutre-enfants-femme-eglise-saint-philippe.shtml

[i] René Verrette, Les rues de Trois-Rivières leur origine et leur histoire, 1984, p. 58. En 1941, la rue Alexandre, qui existait depuis 1822, céda son nom à la rue Radisson. À l’origine, on l’avait nommé en l’honneur du riche négociant Alexandre Hart. « En 1967 le tronçon situé entre la rue Royale et la rue Hart a été fermé lors de la construction du Centre culturel et du nouvel Hôtel de ville, la nouvelle place étant réservée aux piétons ».

[ii] Maintenant l’usine Kruger.

[iii] La Patrie, 16 décembre 1929.

[iv] Les jurés assermentés pour cette enquête étaient Willie Lamy, Maurice Fortin (26 rue Bonaventure), George Shore (96 St-Olivier), Antoine Dussault (118a St-Georges), J. Armand Laperrière (47 St-Roch), et Joseph Panneton (16 Plaisante).

[v] La Patrie, 17 décembre 1929.

[vi] Le Nouvelliste, 17 décembre 1929.

[vii] Selon le recensement de 1921, on retrouve un Thomas Day, 35 ans, habitant sur Water Street à Milltown au Nouveau-Brunswick et résidant avec sa femme Annie, également âgée de 35 ans. Selon ce document, Thomas serait né vers 1886 aux États-Unis et aurait immigré seulement en 1906. On le disait d’origine irlandaise. Thomas et Annie avaient alors six enfants : Elmer, 12 ans; Catherine, 10 ans; Thomas, 7 ans; Leo, 4 ans; Ambrose , 2 ans; et Mary, 7 mois. La profession de Thomas était alors négociant de meubles. En 1935, le couple habitait toujours Milltown, mais ensuite on perd leur trace.

[viii] La Patrie, 18 décembre 1929. Le revenu familial était alors estimé à 2,000$ par année.

[ix] Joseph-Adolphe « Hervé » Trudel est né à St-Stanislas le 24 février 1882. Il a fait ses études au Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières et à l’Université Laval. Il a été ordonné prêtre par Monseigneur F.-X. Cloutier le 29 juin 1907. Avant de célébrer les funérailles des membres de la famille Day, il avait été vicaire à St-Maurice, aumônier à l’hôpital St-Joseph. En 1931, il se retrouvera curé de Batiscan et sera ensuite fondateur de la Congrégation St-Patrice à Shawinigan et se fera aussi l’auteur de livres sur l’histoire de Batiscan et Shawinigan.

[x] La Patrie, 18 décembre 1929.

[xi] Lors du recensement de 1935, on retrouve un Ernest Jacob, listé comme « capitaine » et habitant au 375 rue Volontaire à Trois-Rivières avec sa femme et un fils étudiant prénommé André. Il s’agit probablement de notre homme puisqu’à la même adresse vivait alors le chef de police Alide Bellemare et sa femme. Alide Bellemare avait succédé au chef Vachon en 1934 après que ce dernier ait été tué en service lors d’une poursuite automobile. Je consacre d’ailleurs un chapitre à cet épisode unique dans l’histoire de la police trifluvienne.

[xii] Selon le procès-verbal, les jurés retenus pour ce procès furent Ovila Lamy, Origène St-Onge, Georges Loranger, Stanislas Poirier, Gédéon Blais, Napoléon Boulanger, J. Narcisse Lord, Erclès Gélinas, Joseph Bécotte, Wilfrid Beauchesne, Orphir Ferron, et Omer Beaumier.