Tuerie de masse en face de Québec

1921 - Le Canadian Recruit
Le « Canadian Recruit » vers 1921.

 

Le 18 août 1921, vers 22h30, une collision navale se produisit à la hauteur de la traverse St-Roch, sur le fleuve St-Laurent. Un épais brouillard serait à l’origine du violent accrochage. Les dommages subit par le charbonnier Canadian Recruit furent si importants qu’il coula rapidement. « Le Canadian Recruit fut tellement avarié que l’on tenta de le jeter sur la rive et la tentative réussit à demi, car on rapporte qu’il a coulé, mais qu’il n’est pas entièrement submergé. L’équipage du Canadian Recruit fut recueilli par le Maskinongé[1], qui a subi de légers dommages. Ce dernier reviendra à Québec pour subir des réparations. Il est attendu ici vers midi », pouvait-on lire dans L’Action Catholique.

 

Le Maskinongé poursuivit son chemin pour venir s’installer en rade juste en face de la Ville de Québec, où il arriva à 13h00. Le lendemain, le quotidien déjà cité annonçait qu’on procéderait au renflouement du Canadian Recruit.

Au petit matin du 27 août 1921, vers 5h00, des signaux de détresse furent envoyés depuis le Maskinongé. Le chaloupier Jeffrey fut le premier à s’approcher suffisamment pour permettre au capitaine de lui lancer quelques mots. En fait, celui-ci lui demanda d’alerter la police le plus rapidement possible afin de procéder à l’arrestation d’au moins un homme.

En revenant à terre, Jeffrey transmit la requête au sergent Ludger Couture du poste no. 5, rue Champlain. À son tour, il prévint la Police provinciale puisque c’est à elle que revenait la responsabilité d’intervenir sur les navires. Les policiers provinciaux Laliberté, Hunter et Boucher, accompagnés de Couture, se rendirent sur le navire. Rapidement, on procéda à l’appel des membres de l’équipage. L’exercice permit de constater que six Chinois manquaient à l’appel. Une fouille complète permit ensuite de découvrir les cadavres de quatre hommes dans une cabine, alors que dans une autre se trouvaient deux Chinois gravement blessés. Tous semblaient avoir été atteints par des projectiles d’arme à feu. On les transporta d’urgence sur la terre ferme, plus précisément à l’Hôtel-Dieu, tandis qu’un fourgon de la morgue emmena les cadavres chez l’entrepreneur en pompes funèbre Ulric Moisan.

À l’Hôtel-Dieu, le Dr Gagnon, qui fit les pansements aux deux blessés, dira à un journaliste que l’un d’eux, nommé Youk Hong, n’était pas gravement atteint. Selon L’Action Catholique, cette tragédie créa un grand émoi ce matin-là dans la basse ville de Québec car les résidents furent réveillés par les signaux de détresse, ce qui fit d’abord penser à un autre désastre maritime.

L’enquête permit d’établir que les victimes avaient été atteintes par projectiles d’arme à feu et que le tireur était un Chinois de 23 ans répondant au nom de Choo Tong (ou Chow Tong). Il sera formellement accusé d’avoir tué cinq de ses collègues matelots. Quelques transcriptions sténographiques relatives à l’enquête préliminaire nous permettent d’apprendre que le 16 septembre 1921, Me Lucien Cannon interrogea le policier provincial Robert Hunter pour lui demander de raconter comment le suspect, qui ne comprenait rien au français ni à l’anglais, s’était décidé à sortir de sa cachette avec le sourire aux lèvres.

Le procès de Choo Tong se déroula les 14 et 15 octobre 1921 à Québec devant le juge Lemieux. Me Lucien Cannon occupait pour la Couronne tandis que l’accusé était défendu par Me Alleyn Taschereau. Le Dr Albert Marois vint raconter les résultats de l’autopsie qu’il avait pratiqué sur l’une des victimes, un dénommé To Quin, atteinte de deux balles, l’une à la tête côté droit avec une trajectoire allant de haut en bas et une plaie de sortie à la joue. D’autres blessures lui laissaient croire que la victime avait été violemment frappée à la tête avec un autre instrument.

Le capitaine du Maskinongé, un dénommé B. R. Griffith, présenta la liste de ses 42 membres d’équipage, dont 29 Chinois et 13 Blancs. L’accusé en faisait partie depuis environ deux mois, avant quoi il avait travaillé à bord du Kamouraska, qu’il avait quitté à Sydney. Depuis le jour de son embarquement, Choo Tong était quartier-maître. « Les quartiers-maîtres étaient To Quin, Choo Tong, Ah Dee, Ling Ah Shee, et tous quatre occupaient une chambre à l’avant du navire; Choo Tong ayant son lit au-dessous de celui de To Quin qui était à bord du navire depuis au moins quinze mois »[2].

Au matin du 27 août, vers 4h30, le premier officier Stuits vint trouver le capitaine pour l’avertir qu’une bagarre venait d’éclater. Après s’être habillé, le capitaine s’était précipité. À son arrivée, il avait vu Loo Sing sortir des quartiers, supporté par un ami. Déjà on racontait que l’assassin s’était caché. « En entrant dans la cabine des quartiers-maîtres il vit To Quin couché sur le plancher et baignant dans son sang. Ah Dee, dans l’autre chambre, était mort dans son lit et dans une position comme si la mort l’avait surpris dans son sommeil ».

Selon le capitaine, l’accusé n’avait pas l’habitude de consommer de l’opium et la veille du drame son comportement était parfaitement normal. Qu’à cela ne tienne, ce tueur de masse fut reconnu coupable et sa date d’exécution fixée au 16 décembre 1921. Cette sentence fut cependant commuée en emprisonnement à vie au pénitencier St-Vincent-de-Paul.

Il semble que le mobile de son crime n’ait jamais été connu.

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Sur ce document de la mise en accusation de Choo Tong, peut lire les noms de ses victimes.

 

[1] Le charbonnier Maskinongé appartenait à la compagnie Dominion Coal Coy, propriété de Robertson et fils de Liverpool. C’était un navire de 2,671 tonnes long de 375 pieds pouvant transporter un équipage de 45 personnes. Il pouvait atteindre la vitesse de 11 à 12 nœuds.

[2] L’Action Catholique, 15 octobre 1921.

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Histoire du crime organisé à Montréal, de 1900 à 1980

gr_9782761940269DE CHAMPLAIN, Pierre. Histoire du crime organisé à Montréal, de 1900 à 1980. Les Éditions de l’Homme, Montréal, 2014, 502 p. ISBN : 978-2-7619-4026-9

Mon dernier compte rendu de livre remonte à loin déjà. C’est à la lecture du dernier ouvrage de Pierre De Champlain que cet intérêt a soudainement refait surface. Je profite d’ailleurs de l’occasion pour préciser que mes comptes rendus ne sont pas des critiques littéraires mais plutôt des révisions sommaires destinées à informer le lectorat de la pertinence que celui-ci pourrait développer envers une publication.

Pour certains, Pierre De Champlain se passerait de présentation, alors que pour d’autres son nom reste à découvrir. Cet ancien analyste à la Direction des renseignements criminels de la GRC n’en est pas à sa première publication, sans compter qu’il a laissé sa marque par une excellente préface dans Mafia Inc., d’André Cédilot et André Noël, en 2010.

Ce qu’il y a de fascinant, contrairement à d’autres publications, c’est que l’auteur nous fait remonter le temps jusqu’aux origines du crime organisé dans la région de Montréal. On se retrouve ainsi au début du 20ème siècle avec un personnage comme Antonio Cordasco et une organisation encore peu structurée, la Main Noire. Ce n’est qu’au fil des décennies que le crime organisé deviendra ce qu’il est aujourd’hui, bénéficiant entre autres de l’incontournable période de la prohibition.

Certes, les noms propres font légion, mais on nous explique les transitions et surtout l’évolution du crime organisé. D’autant plus que « les histoires de mafia » survivent souvent par le ouï-dire ou la passion que certains entretiennent pour le cinéma de gangsters, le livre de De Champlain va plus loin que ça. Remarquablement bien documenté et d’une plume qui traduit sa rigueur, l’auteur nous amène dans un énorme survol du 20ème siècle qui nous fait comprendre l’évolution du crime depuis les entourloupettes d’un Cordasco jusqu’à la corruption policière, et en passant par le milieu du trafic de drogue.

On nage donc à travers des commissions d’enquête, partant de celle du juge Cannon en 1909 jusqu’à la célèbre CECO des années 1970, en passant par celle du juge Caron au cours des années 1950, et j’en passe.

On assiste également aux changements de garde avec la montée en puissance des Cotroni, jusqu’à la transition des siciliens, les Rizzuto. Entre temps, des sous-chapitres détaillent des personnages comme Lucien Rivard, Harry Davis, Pax Plante, Jean Drapeau, les frères Dubois, Richard Blass, et plusieurs autres.

En fait, l’œuvre est si bien documenté que mon résumé ne peut lui rendre justice. J’oserais même ajouter que pour le néophyte en matière de Mafia, Histoire du crime organisé à Montréal mérite qu’on y jette un œil, ne serait-ce que pour être témoin de l’évolution de cette face cachée de notre société et ainsi comprendre un peu ce qui peut se produire en dehors de notre quotidien.

Pour les amateurs de faits divers et de causes judiciaires, c’est assurément un livre à ajouter à sa bibliothèque personnelle.

Une stratégie pour sauver la tête d’Alexandre Lavallée?

Alexandre Lavallée
Alexandre Lavallée

Dans un article du 8 mars dernier (voir L’affaire Alexandre Lavallée), j’ai résumé cette affaire de meurtre qui a marqué la région de la Mauricie au milieu des années 1920. Ce drame évoque l’histoire d’un cultivateur septuagénaire pendu en 1927 pour le meurtre de sa propre fille survenu à St-Étienne-des-Grès. En effet, Rose-Anna Lavallée de Vaudreuil, dont le mari travaillait sur des chantiers en Ontario, a été retrouvée morte dans des circonstances sanglantes en août 1926.

Ma récente escapade aux Archives nationales du Canada à Ottawa m’a permis non seulement de découvrir le visage de ce vieux criminel (voir photo ci-contre), mais aussi de comprendre que le véritable mobile du crime, selon l’avis du Dr Rosario Fontaine, expert en science judiciaire et alors jeune protégé du célèbre Dr Wilfrid Derome, fut l’agression sexuelle. Au procès, le Dr Fontaine fut d’ailleurs incapable d’établir si le viol avait eu lieu avant ou après le décès. Or, le dossier de première instance préservé aux Archives nationales de Trois-Rivières, ainsi que celui de la Cour d’appel à Québec, ne me permettaient pas de confirmer quoi que ce soit à propos du mobile du crime.

Puis on découvre également que le 21 juillet 1927, à moins d’un mois de la date prévue pour l’exécution, le sénateur Jacques Bureau, qui avait lui-même été solliciteur général quelques années auparavant, adressa une lettre à l’honorable Lucien Cannon, le solliciteur-général d’Ottawa. Bureau lui souligna que « j’ai ici deux de mes amis, Jean-Marie Bureau[1] et Léopold Pinsonneault, qui ont défendu un vieux vaurien du nom de Lavallée qui ne vaut pas la corde pour le pendre. Je te dis cela sérieusement et c’est pour cela que je te demande à commuer sa sentence parce que ce serait une dépense inutile que d’acheter une corde pour débarrasser l’univers d’un pareil individu. […] Il est âgé de 73 ans et Léopold Pinsonneault et Jean-Marie Bureau m’affirment que le bonhomme est absolument dégénéré. Je ne crois pas qu’il y ait de mal à incarcérer le bonhomme jusqu’à la fin de ses jours et il n’y aurait pas de révolution dans le diocèse si sa sentence était commuée. Je crois même, d’après certaines conversations que j’ai entendus, que tous les membres du clergé verraient ça d’un œil favorable ».

Difficile à croire, mais Lavallée trouvait quelques supporters sensibles à sa cause, ou du moins à la préservation de ses vertèbres cervicales puisque le 28 juillet une pétition signée par quelques dizaines de trifluviens fut adressée à Lucien Cannon. On y prétextait qu’aucune preuve directe n’avait été apportée contre lui lors du procès et qu’il n’y avait pas eu d’exécution dans le district « depuis 75 ans », ce qui nous reporte alors à 1852. C’était faux, bien sûr, puisque c’était là oublier l’exécution de William Brainard en 1860.

Le Dr Napoléon Lambert de Trois-Rivières se mit également de la partie en écrivant que, selon lui, Lavallée « ne jouit pas de ses facultés mentales. Maladie : érotisme ». Peut-être qu’aujourd’hui on parlerait plutôt de perversion sexuelle, qui sait!?

Le document le plus étonnant apparut le 29 juillet 1927. La déclaration de Georges alias Alphonse Boucher, un homme de 28 ans alors incarcéré pour viol à la prison de Bordeaux, eut des choses intéressantes à dire. Dans cette déclaration faite devant le gouverneur Séguin de la même prison, il s’incriminait avec un complice de nom de Tony, affirmant que le 10 août 1926 ils avaient tous deux quitté Montréal pour la région de Trois-Rivières. Voici un extrait de cette déclaration :

Aux Trois-Rivières, nous avons dîné au Café du Platon. Après le dîner nous sommes allés à l’hôtel Martin. Tony connaissait le père Lavallée. Il l’a rencontré là et m’a dit lui avoir donné une dose d’héroïne.

De l’hôtel Martin, nous sommes partis pour St-Étienne. Nous avons laissé notre voiture dans le bois à la station de Marchand. De là nous nous sommes rendus chez Lavallée à pieds.

C’était la quatrième ou la cinquième fois que j’allais chez Lavallée.

La première fois j’y étais allé au mois de mai 1926. À cette date-là, je passais dans le 4ème rang, et étais arrêté du magasin de Milot pour y prendre un verre de liqueur. Le sucre de la liqueur m’était resté dans la gorge et je suis arrêté chez Lavallée pour demander un verre d’eau. Madame de Vaudreuil [la victime] m’a donné une tasse de lait. J’ai causé avec elle.

Je suis retourné deux ou trois fois par la suite chez Lavallée pour rencontrer Madame de Vaudreuil. […]

À mon deuxième voyage j’avais eu des relations charnelles avec Madame de Vaudreuil. De même aussi pour le troisième et le quatrième voyage.

Le jour du meurtre je me suis d’abord rendu seul chez Lavallée. J’ai causé avec Madame de Vaudreuil. À un moment je suis sorti et suis allé dans un hangar au côté de la maison. Durant ce temps des gens sont passés et ont parlé à Madame de Vaudreuil. Je ne sais pas ce dont il a été question entre eux.

En rentrant dans la maison j’ai demandé à Madame de Vaudreuil si elle avait dit à ces gens que j’étais là.

Tony est ensuite arrivé. Nous avons voulu avoir des relations avec Madame de Vaudreuil en lui disant que nous l’amènerions avec nous à Montréal et qu’elle demeurerait au numéro 247 rue Sherbrooke.

Elle a refusé en disant qu’elle était honnête et avait assez de misère avec son mari qui était une brute pour ne pas venir à Montréal. J’ai voulu la prendre de force et elle m’a donné un coup de couteau à pain. Vous voyez la marque ici.

Quand elle m’a donné un coup de couteau, je l’ai frappée sur la jambe et ensuite dans le bas du corps.

Elle est tombée par terre. Je l’ai transportée sur son lit et là je l’ai frappé avec un « crowbar », un petit crowbar, un[e] pince-monseigneur. Je l’ai aussi frappée avec un « post » de cordonnier que Tony avait emporté.

Nous l’avons ensuite violé. […]

Avec le peu que nous sachions sur cette affaire, puisque les transcriptions du procès demeurent manquantes, cette déclaration peut aujourd’hui paraître tout à fait plausible. Est-ce que la justice s’est trompée? A-t-on pendu un innocent à Trois-Rivières?

Me Jean-Marie Bureau, qui avait son cabinet d’avocat dans l’édifice de la Banque Canadienne de Commerce à Trois-Rivières, écrivit une lettre le 1er août 1927 à l’honorable Lucien Cannon, alors ministre intérimaire de la Justice à Ottawa. Dans cette lettre de 11 pages, Bureau voulut attirer son attention sur cette confession de Boucher. Probablement au courant que l’enquête déclenchée par la Couronne à la suite de cette déclaration en venait à la conclusion d’un énorme mensonge, Me Bureau insista en affirmant que les affirmations du patron de Boucher, dont le témoignage permettait d’établir qu’il était impossible pour ce violeur de se trouver à St-Étienne-des-Grès au moment du meurtre de Rose-Anna, n’étaient pas dignes de foi. Le criminaliste trifluvien ira même jusqu’à prétendre que cet employeur, un dénommé Morris, était un ami de Boucher et qu’il couchait avec sa femme.

Il ajoutait à propos du complice présumé de Boucher que « Tony aurait été arrêté dernièrement par la police de Montréal, au cours d’une partie de cartes, précisément avec le patron de Boucher, un juif du nom de Morris ».

Me Bureau écrivit que « dans les circonstances, monsieur le ministre, je me demande s’il serait raisonnable de procéder le 12 du mois courant à l’exécution du vieillard Lavallée, contre lequel, il faut le dire, on n’a apporté que des preuves de circonstances, des preuves de nature telles que le juge Rivard de la Cour d’Appel nous disait que s’il avait été juré il n’aurait pas condamné Lavallée. […] Il me paraît que dans les circonstances le plus sage serait de conserver la vie à Lavallée afin que l’irréparable ne se soit pas produit si un jour la Justice devenait convaincue de la culpabilité de celui qui fait aujourd’hui une confession aussi extraordinaire ».

Malheureusement pour l’avocat et son client, ni la Couronne ni le ministère de la Justice ne prit cette confession au sérieux. Mais alors, comment Boucher aurait-il pu décrire l’intérieur de la maison de Lavallée et donner des détails aussi impressionnants? De plus, la pince-monseigneur mentionnée par Alphonse Boucher pouvait correspondre à l’arme du crime, quoi que celle-ci ne fut jamais retrouvée. Est-ce que Bureau voulait sauver la tête de son client à tout prix au point d’élaborer une entente avec un détenu de la trempe de Boucher?

Le 3 août 1927, Arthur Bettez, maire de Trois-Rivières, mentionna à son tour que « le cas de Lavallée me paraît un de ceux qui autorisent une commutation tant à cause de l’âge du condamné que de l’absence de preuves directes au procès ». Le 4 août, Bettez écrivait cette fois au premier ministre William Lyon Mackenzie King pour tenter de le convaincre d’intervenir en faveur d’une commutation de peine. Bettez soulignait entre autres que « la Couronne n’a pas amené de preuves directes de sa culpabilité. Il a été condamné simplement sur les preuves de circonstances ».

L'Action Catholique, édition du 12 août 1927.
L’Action Catholique, édition du 12 août 1927.

Toutefois, comme certaines autres affaires criminelles ont pu le démontrer, la preuve de circonstance peut parfois s’avérer plus solide qu’une preuve directe.

La déclaration de Boucher fut étudiée et enquêtée par le procureur Ernest Bertrand et certains détectives de la Police provinciale agissant sous les ordres du chef Lorrain. Selon Bertrand, il était impossible que Boucher se soit retrouvé à St-Étienne-des-Grès le jour du meurtre. En haut lieu, on croyait donc que Lavallée était un « maniaque » et que la justice devait donc suivre son cours.

Alexandre Lavallée était donc responsable de l’horrible assassinat de sa fille Rose-Anne. Et selon les lois en vigueur à l’époque, il en paya de sa vie dans l’enceinte de la prison de Trois-Rivières le 12 août 1927.

[1] Il ne m’a pas été possible d’établir s’il y avait un lien de parenté entre Jacques et Jean-Marie Bureau.