Louis-Georges Dupont: l’enquête de coroner

L’enquête de coroner sur la mort du policier Dupont, telle qu’on la retrouve encore de nos jours dans les archives de BAnQ.

Il y a 49 ans cet automne se déroulait l’enquête du coroner sur la mort tragique du policier Louis-Georges Dupont. Son corps, transpercé d’un projectile d’arme à feu, a été retrouvé dans sa voiture de service le 10 novembre 1969, à Trois-Rivières. Depuis cette date, on a eu droit à de nombreuses rumeurs, dont la plupart penchaient en faveur de la théorie du complot et de l’assassinat. Soulignons cependant que le verdict officiel, confirmé en 1996 par une commission d’enquête publique, reste le suicide.

Le 2 décembre 1969, c’est d’ailleurs ce verdict qu’établissait le coroner Marcel Chartier d’après les preuves présentées devant lui. Dans un article publié en 2014, Historiquement Logique revenait sur la question de l’aliénation mentale, dont faisait mention Chartier[1].

Depuis plusieurs années, Historiquement Logique redonne la parole aux archives judiciaires. Est-il encore possible d’apprendre des choses sur cette affaire en revisitant simplement les documents légaux?

Tout d’abord, l’enquête originale du coroner Chartier sur cette affaire se trouve toujours dans les contenants préservés dans la voûte de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Voyons maintenant de plus près certaines affirmations qui ont fait leur apparition au cours des années et qui, pour la plupart, tendaient à appuyer la version selon laquelle Dupont aurait été assassiné.

Les notes sténographiques : absentes ou jamais produites?

Parmi les questions soulevées, on a mentionné l’absence des transcriptions sténographiques, alors que des témoins se sont exprimés devant le coroner Chartier. Cette absence est-elle étrange ou non?

En fait, quand on effectue une recherche dans la boîte contenant les dossiers du coroner Chartier pour l’année 1969, on constate, par exemple, la présence de 49 pages de notes sténographiques dans une affaire concernant la mort de Mme Wilfrid Moreau. Celle-ci avait été tuée durant un accident de la route survenu à Batiscan le 8 février 1969.

Dans l’enquête concernant la mort de Manon Bordeleau, une fillette de 4 ans décédée alors qu’on l’avait laissé sans surveillance près d’une voie ferrée, on retrouve 36 pages de notes sténographiques. Le verdict du coroner : mort accidentelle.

Comme troisième exemple, Léo Arvisais est décédé lui aussi accidentellement le 5 décembre 1969. Encore aujourd’hui, on retrouve 49 pages de transcriptions à propos de l’enquête menée par le coroner sur les circonstances de son décès.

La question est de savoir s’il est normal ou non que la partie du dossier du coroner Chartier sur la mort de Dupont ne contiennent aucune note sténographique? D’abord, la question demeure, y a-t-il seulement eu un sténographe ce soir-là pour prendre en note les quelques témoignages entendus?

Comment expliquer cette absence de transcriptions? Parce que la mort de Dupont ne soulevait alors aucun soupçon? Que ses collègues se doutaient déjà, en raison de son comportement au cours de la dernière année, que Dupont était dépressif et que le suicide ne surprenait personne?

En effet, il semble plutôt rare qu’on retrouve des transcriptions sténographiques dans des enquêtes qui se sont soldées par des suicides. Il n’y aurait donc pas lieu de s’alarmer.

L’absence de ces notes est difficilement interprétable en faveur d’un quelconque complot puisque d’autres cas, qui n’ont suscité aucune controverse, ne contiennent plus aucune transcription. À titre d’exemple, il suffit de penser à l’incendie de 1966 qui a causé la mort de Mme Robert Alarie et de ses sept enfants[2]. Or, bien que Le Nouvelliste mentionnait à l’époque qu’il y avait bel et bien eu une enquête de coroner avec des témoignages (des photos de Roland Lemire du Le Nouvelliste en témoignent), et cela devant Marcel Chartier, le dossier ne contient aujourd’hui aucune transcription. On peut seulement y lire un verdict.

Comment doit-on interpréter ce constat?

En fait, faut-il interpréter les absences de documents par une hypothèse qui ne peut s’appuyer sur aucune preuve tangible ou argument solide? Évidemment, ce ne serait pas professionnel.

Avant la Loi sur les archives, apparue en 1983, la conservation des documents des organismes publics reste pratiquement impossible à interpréter. S’y risquer, c’est aussi s’y casser les dents. Par conséquent, l’absence des transcriptions dans le dossier Dupont ne prouve strictement rien.

L’absence de numéro de dossier

Chez les défenseurs de la thèse de l’assassinat, on a accusé le coroner Marcel Chartier d’incompétence parce qu’il n’avait pas rempli un espace situé dans le coin supérieur droit de son procès-verbal. Encore une fois, comment interpréter ce vide? Et, surtout, faut-il se risquer à l’interpréter?

Or, il suffit de repasser rapidement les autres enquêtes signées par Chartier contenues dans la boîte préservée à BAnQ pour constater qu’il n’a rempli cet espace que par un numéro séquentiel, de sorte que les documents se suivent dans un ordre croissant, suivant, semble-t-il, un agencement chronologique. De plus, on constate que cette habitude était aussi celle des coroners Cossette et Grégoire.

Pour être encore plus précis, on ignore qui a ajouté ce numéro séquentiel. Il est le résultat d’un crayon couleur qui ne correspond pas avec l’encre utilisé par Chartier pour signer le document. Ce numéro a donc pu être ajouté beaucoup plus tard.

Les délais entre l’incident et le rapport du coroner

La page couverture des transcriptions de l’enquête de coroner menée sur les circonstances entourant le décès d’André Ayotte prouve qu’il y a bien eu deux enquêtes le soir du 2 décembre 1969.

Est-il étrange de constater que l’enquête du coroner Chartier dans l’affaire Dupont ait été entendue le 2 décembre 1969, près d’un mois après la découverte du corps.

Encore une fois, il suffit de consulter d’autres enquêtes de l’époque pour constater la présence régulière d’un délai entre l’incident tragique et la tenue de l’enquête ou le dépôt du rapport. Par exemple, Mme John Asselin, 67 ans, est décédée d’une crise cardiaque le 11 septembre 1969. Or, le document d’enquête de Chartier a été signé le 10 octobre 1969.

Les exemples du genre pullulent.

Enquête sur la mort d’André Ayotte

Un dernier point controversé, celui de la possibilité qu’il y ait eu deux enquêtes de coroner au soir du 2 décembre 1969, l’une à la suite de l’autre. On a même parlé du fait que la personne décédée se nommait André Ayotte.

Lors de la Commission d’enquête publique accordée à la famille Dupont en 1996, le remorqueur Majoric Binette est venu témoigner à l’effet qu’au soir du 2 décembre 1969 il avait témoigné dans deux enquêtes, au point de dire qu’il avait passé « une bonne partie de la veillée » sur place. Or, les fils de Dupont prétendaient, jusque-là, ne jamais avoir vu Binette sur place. Ils niaient également la présence de deux enquêtes tenues le même soir. Bref, ils affirmaient avoir assisté à une seule enquête, celle de leur père.

Ce que les archives nous apprennent, c’est que Binette avait probablement raison. En effet, l’enquête de coroner sur la mort d’André Ayotte existe toujours et elle sommeille dans les boîtes du fonds des enquêtes de coroner préservé à BAnQ. On y retrouve d’ailleurs le témoignage de Binette enregistré en notes sténographiques. De plus, soulignons que les documents contenus dans cette boîte ont été versés à BAnQ en 1983.

Conclusion :

Quoiqu’on en dise, les archives judiciaires permettent de rectifier des faits ou de diminuer l’effet de certaines affirmations, même si celles-ci peuvent être répétées durant plusieurs années. En fait, plutôt que de reprocher au défunt coroner Chartier d’avoir été incompétent, on pourrait même affirmer qu’il présentait des rapports plus raffinés pour son époque. Contrairement à l’un de ses collègues comme le coroner Michel Lupien, qui a rempli sa part de documents à la main, ceux de Chartier sont tous écrit à la machine.

Il est toujours préférable de bien étudier les archives – évidemment lorsqu’elles sont disponibles – avant de se prononcer sur un cas particulier. En effet, ces documents ont encore une valeur légale de preuve.


[1] https://historiquementlogique.com/2014/10/25/laffaire-dupont-la-question-de-lalienation-mentale/

[2] https://historiquementlogique.com/2012/07/20/laffaire-alarie-et-le-coroner-marcel-chartier/

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Gérard Hubert, le voyou derrière le tueur à gages

DSCF7012         Dans le livre Gallant, confessions d’un tueur à gages, de Félix Séguin et Eric Thibault, on apprend que Gérard Hubert, un criminel habitant à Trois-Rivières, a aidé le désormais célèbre Gérald Gallant à commettre huit meurtres. Or, il s’avère qu’un heureux hasard m’a récemment fait découvrir un dossier de vol impliquant Hubert en 1962. Comme quoi la carrière de ce récidiviste dangereux ne date pas d’hier.

Le vol s’est produit le 31 mars 1962 chez Jacques St-Louis, un habitant du Cap-de-la-Madeleine. L’acte d’accusation parle de « trois appareils de radio transitors [sic], deux radios de table électriques, deux tourne-disques et une machine à coudre, le tout d’une valeur d’environ quatre cent quarante ($440.00) », écrivait le greffier. Ces objets avaient été retrouvés le 11 avril 1962 dans le grenier de l’appartement d’Hubert, situé au 7A rue Rousseau, au Cap-de-la-Madeleine.

Né le 4 juin 1939, Hubert était alors âgé de 22 ans et traînait depuis 1958 des antécédents pour tentative de vol d’essence, vol et effraction, voies de faits, vitesse, vagabondage, et conduite avec facultés affaiblies.

Le 3 décembre 1962, c’est avec son avocat Me Marcel Chartier[1] qu’Hubert comparaissait devant le juge Léon Girard[2]. L’accusé fit option d’être jugé devant juge seul. Le procès eut lieu le 23 janvier 1963 au palais de justice de Trois-Rivières devant le juge Maurice Langlois. Le voyou était toujours défendu par Me Chartier, tandis que Me Jules Biron occupait pour la Couronne. La défense fit entendre deux témoins, dont l’accusé. Une fois les témoignages entendus, le juge annonçait qu’il rendrait son verdict le mois suivant.

Le 20 février 1963, le juge Langlois fit lecture de son jugement (ici reproduit intégralement) :

  Gérard Hubert est inculpé d’avoir, le ou vers le onzième jour d’avril 1962, au Cap-de-la-Madeleine, été trouvé ou eu en sa possession divers objets dont trois appareils de radio transitors [sic], deux radios de table électriques, deux tourne-disques et une machine à coudre, le tout d’une valeur d’environ quatre cent quarante ($440.00), sachant que les dits objets avaient été obtenus par le vol, et ce, contrairement à l’article 296 du code criminel du Canada.

  Au soutien de l’accusation la Couronne invoque la théorie de la possession récente et sa preuve a consisté à établir que des marchandises volées chez Jacques St-Louis, le 31 mars 1962, ont été retrouvées dans le grenier du logement occupé par l’accusé le 11 avril suivant.

  En défense l’accusé a prétendu qu’il n’avait jamais vu les objets en question avant que les agents de la Sûreté Provinciale en fassent la découverte dans son logement. Pour expliquer leur présence à cet endroit l’accusé a offert le témoignage de Wilfrid Legue qui demeurait chez lui à cette époque. Ce dernier a déclaré que les objets volés avaient été apportés chez Hubert par un ami connu à la prison de Bordeaux et rencontré au mois d’avril à la Taverne Des Sports sur la rue Des Forges à Trois-Rivières. Cet ami lui aurait demandé de garder la marchandise pendant un certain temps et il l’aurait lui-même placée dans le grenier, le tout hors de la connaissance de Gérard Hubert qui était alors absent de la maison.

  La Couronne avait à prouver trois éléments essentiels : (1) le vol des objets mentionnés dans la plainte; (2) la possession de ces objets par l’accusé; et (3) la connaissance par celui-ci que ces objets avaient été volés.

  Une fois établis les deux premiers éléments la Couronne, comme il a été dit plus haut, a invoqué la présomption qui naît de la possession d’objets récemment volés pour prouver le troisième élément. Suivant une doctrine et une jurisprudence bien établie, cette présomption, si elle n’est pas repoussée peut suffire à justifier un jugement de culpabilité. L’effet de cette présomption a été clairement expliqué par le juge Pratte dans une cause de Kushner vs The King rapportée à 14 C.R. page 30.

Si l’on veut bien saisir l’effet de la présomption que fait naître la possession d’objets volés, il faut se rappeler : (1) que cette possession ne crée qu’une présomption de fait; (2) que cette présomption ne fait pas disparaître le fardeau qui pèse toujours sur la Couronne de prouver son accusation; et (3) qu’une accusation n’est point prouvée si la preuve apportée pour l’établir laisse subsister, dans l’esprit du juge ou des jurés, suivant le cas, un doute raisonnable sur la culpabilité de l’accusé.

D’où il suit que, dans un cas de recel, l’accusé ne doit pas être tenu, pour faire céder la présomption résultant de sa possession des objets volés, de prouver hors de tout doute raisonnable que sa possession n’a pas été entachée de la connaissance que ces objets avaient été volés; il n’est pas obligé de convaincre les jurés ou le juge que ce qu’il dit pour établir qu’il a possédé de bonne foi est vrai; on ne peut exiger de lui, pour que tombe la présomption, qu’il fasse naître chez le juge ou les jurés, la certitude qu’il ne savait pas que les objets possédés par lui avaient été volés. La présomption est un moyen de preuve dont l’effet disparaît devant une autre preuve qui vient faire douter sérieusement que cette présomption soit suffisante pour établir le fait à prouver, et la présomption sera repoussée si l’accusé présente une explication suffisante pour faire naître un doute raisonnable sur le point de savoir s’il connaissait que les objets avaient été volés. Exiger davantage de l’accusé équivaudrait à l’obliger à prouver son innocence, ce qui serait contraire à un principe fondamental de notre droit.

Si donc un accusé trouvé en possession d’objets récemment volés donne de sa possession une explication dont le juge et les jurés ne sont pas certains qu’elle est vraie, mais qui suffit cependant à faire naître chez eux un doute raisonnable sur sa connaissance, cela suffit pour détruire la présomption qui découle de la possession, et il faudra chercher ailleurs la preuve de la connaissance.

Si l’accusé ne tente pas de justifier sa possession, ou s’il donne de celle-ci une explication qui est trouvée fausse, la présomption continuera de jouer contre lui, et pourra suffire pour entraîner sa condamnation, parce que, alors, il sera raisonnable de présumer que l’accusé n’a pas possédé honnêtement.

Une affirmation peut bien paraître fausse à l’un, vraie à un deuxième, et douteuse à un tiers, mais il n’est pas possible qu’elle apparaisse à une même personne comme fausse et douteuse à la fois : la certitude de la fausseté exclut la possibilité de la vérité. D’où il suit que si l’explication donnée par l’accusé est trouvée fausse par le juge, il n’y a pas lieu pour ce dernier de se demander s’il ne serait pas raisonnable de croire à cette explication.

Il faut donc se demander si l’explication fournie par l’accusé est suffisante pour faire naître un doute raisonnable sur sa culpabilité.

Après avoir relu la version du témoin Legue j’en viens à la conclusion qu’elle renferme trop de contradictions et de fantaisie pour mériter d’être crue. Ainsi, tout au début de son témoignage Legue parle de l’individu qui aurait apporté chez Hubert la marchandise volée comme un de ses amis. Comment croire alors qu’il ignore ou qu’il a oublié son nom? Comment croire aussi que Legue ne s’est pas aperçu qu’il s’agissait de marchandise volée? Ce dernier a plus d’une fois été condamné pour vol et il accepte sans aucun soupçon les marchandises qui lui sont remises par un repris de justice qui ne fournit aucune explication sur la provenance des effets et ne donne aucune raison valable pour demander leur entreposage. On ne peut raisonnablement croire à une telle naïveté, pas plus que l’on peut raisonnablement croire que Legue a tout simplement oublié de mentionner à Hubert que des objets avaient été remisés dans son grenier. Il est d’ailleurs plus raisonnable de croire que les objets ont été placés dans le grenier pour les cacher car, d’après l’agent Rivard, la seule ouverture qui donne accès au grenier était dissimulée par une armoire.

Dans les circonstances la conclusion s’impose que l’explication que l’accusé fournit par l’entremise de Legue est fausse et ne peut servir à repousser la présomption créée par la possession d’objets récemment volés.

La Couronne a établi les trois éléments essentiels de l’infraction reprochée à Gérard Hubert qui est déclaré coupable.

Le 6 mars 1963, jour du prononcé de la sentence, Gérard Hubert se présenta seul, sans avocat. Y avait-il eu un conflit avec Me Chartier?

Quoi qu’il en soit, le juge le condamna à 12 mois de prison. Il collectionnera d’autres condamnations, dont la plus récente en 2014 dans le cadre du projet Baladeur. Selon les auteurs de Gallant, confessions d’un tueur à gages, Hubert retrouvera sa liberté en 2019, l’année de ses 80 ans.

[1] Dans la deuxième moitié des années 1960, Chartier agira aussi comme coroner dans le district de Trois-Rivières et il conduira l’enquête sur le décès du détective L.-G. Dupont en 1969, concluant au suicide. Il fut appelé comme témoin lors de la Commission d’enquête publique en 1996 parce que la famille Dupont l’a vainement accusé de corruption et d’avoir caché un assassinat. Or, le verdict officiel, confirmé à plusieurs reprises, demeure le suicide.

[2] Le 11 mai 1965, le juge Léon Girard présidait aussi l’enquête du coroner sur les meurtres de Laurette Beaudoin et de Denise Therrien à Shawinigan, toutes deux assassinées par le tueur en série Marcel Bernier.

L’affaire Dupont: la question de l’aliénation mentale

Marcel Chartier
Me Marcel Chartier était coroner à Trois-Rivières en 1969.

Dans mon livre L’affaire Dupont, on a vu qu’il fut question à un certain moment que l’enquête conduite par le coroner Me Marcel Chartier au soir du 2 décembre 1969 aurait pu laisser entendre que Louis-Georges Dupont souffrait « d’aliénation mentale ». Est-il juste de penser qu’on ait tenté de le faire passer pour un fou?

En fait, il s’agit de savoir si le terme fut utilisé uniquement dans ce cas bien précis, ou alors le réservait-on pour d’autres cas de suicide?

Revenons-en d’abord au verdict du coroner Chartier, qui se lisait en partie comme suit : « Je conclus que Louis-Georges Dupont s’est donné la mort sans avoir le « mens rea » [état d’esprit] nécessaire à un acte criminel de telle nature : il n’y a donc pas eu cet élément nécessaire à un crime. En conséquence, il n’y a pas eu suicide au sens du Code criminel : il s’est donné la mort dans un état d’aliénation mentale ».[1]

Dans les archives nationales, on découvre des formules préfabriquées comportant une phrase imprimée à l’avance prévue pour les cas de décès qui ne cheminent pas vers des causes criminelles. Par exemple, dans le cas du suicide d’André Marchand, survenu le 25 avril 1965, on peut lire que « les recherches faites établissent que la mort était due à [un] suicide [et] qu’elle n’était imputable à [un] crime à qui que ce soit, ni à la négligence de personne; qu’aucun crime ne l’avait accompagné ou précédée et qu’il n’y avait pas lieu de tenir une enquête régulière ».

Par cette formule, on comprend un peu mieux pourquoi il n’y avait pas eu d’enquête régulière, c’est-à-dire avec la comparution de témoins et la présence d’un sténographe officiel. Après tout, puisque dans l’affaire Dupont les autorités concluaient déjà à un suicide, il n’y avait donc pas eu matière à approfondir le dossier, qui fut finalement traité comme un simple cas de recherche. D’ailleurs, il est à noter que dans les caisses d’archives concernant les coroners on dénombre beaucoup plus de cas de recherche (qui se résument pour la plupart en une seule page) que d’enquêtes publiques (qui son accompagnées des transcriptions sténographiques et parfois même de quelques pièces à conviction ou autres documents).

Quant à la mention « aliénation mentale », les archives ne permettent pas d’appuyer le fait que cette mention ait été péjorative. Au contraire, il semble plutôt que ce soit un terme juridique utilisé pour une certaine part des suicides survenus à cette époque.

En ce sens, les archives démontrent quelques exemples intéressants. Dans le cas du suicide de Louis Morinville, dont le corps a été retrouvé à l’Île Val d’Or à Champlain en juillet 1965, le coroner Bellemare écrivait comme verdict : « suicide (noyade) dans un moment d’aliénation mentale ».

Il en alla de même dans le cas de Lionel Poulin, qui s’était jeté d’une fenêtre de l’hôpital sanatorium Cooke, toujours en juillet 1965. Encore une fois, le verdict du coroner Bellemare était : « suicide dans un moment d’aliénation mentale ».

Ce terme juridique, également utilisé dans le cas du décès d’Augustin Paquin survenu en février 1965, n’était donc pas exclusif à Me Marcel Chartier.

[1] Eric Veillette, L’affaire Dupont : une saga judiciaire, (2014), p. 61.

L’Affaire Alarie et le coroner Marcel Chartier

La famille Alarie quelques mois avant le drame. Seul le benjamin, Réjean, n’apparaît pas sur cette photo. (photo: Le Nouvelliste, 1966)

En 2010, au hasard de mes recherches, je feuilletais les enquêtes de coroner afin de mieux connaître l’une des facettes cachées de l’histoire de la ville de Trois-Rivières.  On n’a pas idée de tout ce qu’on peut trouver dans ces archives.

Dans le dossier du coroner Marcel Chartier mon attention fut rapidement retenue par un document étrange si on le compare aux autres.  Si toutes ces enquêtes ont été dûment remplies sur du papier officiel à en-tête, celle-ci tient seulement en quelques lignes dactylographiées sur une simple feuille de cartable lignée.

Le premier paragraphe comprend les âneries habituelles de ces documents officiels, à savoir la mention du district et le règne de la Reine Elizabeth II.  On y précise toutefois que l’enquête du coroner s’est déroulée le 10 mai 1967.  Ensuite, on peut lire que « en vue du cadavre de madame Robert Alarie et de ses sept enfants morts dans la municipalité de Trois-Rivières, dans le comté de Trois-Rivières, le ou vers le dix-huitième jour de janvier mil neuf cent soixante-sept.  […] la dite madame Robert Alarie et ses sept enfants sont morts, déclarant sous serment : que la dite madame Robert Alarie et ses sept enfants sont décédés à la suite d’asphyxie ».

Le document ne contient aucune autre explication.  En effet, l’asphyxie est un terme large pour décrire la mort tragique d’une femme et de ses sept enfants.  À Trois-Rivières, des drames aussi importants n’ont pas été nombreux et on aurait dû, en principe, laisser une documentation beaucoup plus généreuse.  De fait, puisqu’il y avait eu enquête du coroner, on aurait aussi dû retrouver dans cette boîte les transcriptions sténographiques.  Or, il n’y a rien de tout cela.  Seule cette misérable feuille lignée.

Les huit victimes ont-elles été asphyxiées dans un incendie?  Au monoxyde de carbone?  S’agissait-il alors d’un drame familial?  D’un bête accident dû à la défectuosité d’un appareil?  Et le père dans toute cette histoire?

Le dossier ne nous permet pas de répondre à ces questions.  Pourtant, dans les autres dossiers de Chartier on retrouve beaucoup plus de détails concernant des causes de décès drôlement plus banales.

Plusieurs mois plus tard, j’appris l’implication de Marcel Chartier dans l’Affaire Dupont, au sein de laquelle il a mené un banal cas de recherche plutôt étrange, dissimulant assez mal cette hâte de conclure à un verdict de suicide.

Devant cette pauvre documentation, je devais me tourner vers une autre source.  Dans Le Nouvelliste du 17 janvier 1967 on obtient quelques réponses.  D’abord, on y apprend qu’il s’agissait d’un incendie.  Le quotidien de Trois-Rivières parlait d’ailleurs de « l’un des drames les plus tragiques que l’histoire du « Cœur du Québec » a connus, après l’hécatombe qui a fait douze victime, le 7 septembre 1965, sur les chantiers du pont de Trois-Rivières »[1].

Mme Robert Alarie, 34 ans, habitait au second étage du 958 de la rue St-Roch à Trois-Rivières avec son mari et leurs 7 enfants.  Ces enfants étaient Michel, 11 ans; Sylvie, 8 ans; Jeannine, 7 ans; Réal, 5 ans; René, 3 ans; Robert, 2 ans; et Réjean, 18 mois.  L’incendie se serait déclaré un peu avant 9h00 au matin du 16 janvier 1967.  Des passants ont constaté une explosion vers 8h55 qui « aurait secoué la demeure des Alarie »[2].  On ne peut cependant l’expliquer.

Selon cette première version, Robert Alarie, 33 ans, aurait été réveillé par son fils Réal mais il expliqua plus tard avoir seulement eu le temps de sortir par la fenêtre.  Il se précipita au rez-de-chaussée, où habitaient sa mère, la veuve Henri-Paul Alarie, ainsi que ses deux autres fils Marcel et Roger, et l’épouse de ce dernier.  Robert Alarie n’était alors vêtu que de sous-vêtements et se déplaçait pieds-nus.

« Après s’être temporairement vêtu chez sa mère, M. Alarie a tenté de retourner dans son loyer, où était sa famille, en empruntant le seul escalier qui y conduisait, sur le côté droit de l’habitation […] ».  Il n’a malheureusement pu franchir le seuil de la porte en raison de l’intensité des flammes.  Lors de cette tentative, il a subit des « brûlures superficielles au dos »[3].

Les pompiers de Trois-Rivières sortant l’un des huit cadavres du brasier au matin du 16 janvier 1967. (photo: R. Lemire, BANQ TR)

Marcel Alarie et le voisin Clément Hubert ont grimpé au balcon pour enfoncer une fenêtre, mais c’était peine perdue.

Une vingtaine de pompiers des trois casernes de la ville se rendirent sur les lieux.  Selon Le Nouvelliste, ils demeurèrent sur place durant environ trois heures et « une dizaine d’entre eux s’appliquaient à sortir du brasier les cadavres calcinés et pétrifiés des huit victimes ».

C’est vers 11h00 qu’on aurait retiré le dernier corps, celui du benjamin, Réjean.  Il aurait été retrouvé sous son lit.

Si les flammes ne s’étaient pas propagées au rez-de-chaussée, on parlait tout de même d’une perte totale pour le duplex de la rue St-Roch.  Vers midi, les pompiers étaient repartis.  La maison fut cependant gardée durant toute la nuit suivante par des policiers afin de protéger les lieux en vu de l’enquête.

Étonnamment, en dépit du fait qu’il venait de perdre sa femme et ses sept enfants, Robert Alarie accorda le jour même une entrevue sur les ondes du poste radiophoniques CHLN.

Dans son édition du lendemain, 17 janvier, Le Nouvelliste apprenait à ses lecteurs que le Commissariat des Incendies de la province allait démarrer une enquête sur les circonstances de ce drame.  Ce jour-là, l’enquêteur Victor Dubé de ce même Commissariat débarquait à Trois-Rivières pour débuter son inspection.  On ajoutait aussi que « de façon officielle, on ignore encore l’origine exacte de l’incendie, bien que le seul survivant de la famille qui habitait au deuxième étage, M. Robert Alarie, 33 ans, et sa mère, Mme veuve Henri-Paul Alarie, nous aient affirmé que le feu avait pris naissance dans le système électrique »[4].

Comment pouvaient-ils prétendre connaître la source de l’incendie alors que le feu était déjà très intense à leur réveil?

Le 18 janvier, Le Nouvelliste annonçait que « le ministère de la Justice autorise Me Pierre Garceau à ouvrir l’enquête du coroner pour fins d’identification ».  Ce sera cependant Me Marcel Chartier, nouvellement assermenté coroner du district de Trois-Rivières par le juge Roger Deshaies, qui allait s’occuper de l’affaire.  Chartier, qui remplaçait Me Garceau, se retrouvait donc avec une affaire peu habituelle sur les bras dès son début de mandat.

Le jour même, les funérailles des huit victimes se déroulèrent à l’église Ste-Marguerite en après-midi.  Plus de mille personnes y assistèrent.

C’est à la morgue Julien Philibert que débuta l’enquête du coroner Me Marcel Chartier le 10 mai 1967, vers 19h20.  Le Nouvelliste du 10 mai 1967 mentionnait que « quelque 30 témoins ont été assignés dans le but de faire la lumière sur cette affaire », alors que le lendemain on parla d’une vingtaine de témoins, peut-être 25.

L’enquête dura environ 5 heures.  Le procureur de la couronne au dossier était Me Pierre Trudel.  Il y avait également cinq jurés[5].  Comme je l’ai déjà mentionné, il n’existe aucune transcription sténographique de cette enquête dans les archives et le peu qu’on puisse en tirer repose sur les articles de Jean Naud et de Georges Lamon publiés dans Le Nouvelliste au lendemain de cette longue soirée.

Me Marcel Chartier fit d’abord lecture au jury du rapport du Dr Jean-Paul Valcourt, le médecin pathologiste s’étant chargé de l’autopsie des huit corps.  Selon le Dr Valcourt, « les huit victimes sont mortes asphyxiées par l’oxyde de carbone et l’une d’entre elles, soit le jeune Michel âgé de dix ans portait de plus, des traces de carbonisation.  Il précise entre autres que Mme Alarie n’était pas enceinte »[6].

Quant au chimiste André Galarneau, il précisa que le sang des victimes contenait « au-delà de 50 pour cent d’oxyde de carbone »[7].

L’enquêteur du Commissariat des Incendies, Victor Dubé, expliqua au jury « la marche croissante du brasier, soulignant qu’il était impossible que les flammes se soient propagées sans laisser de traces sur leur passage »[8].  Dubé aurait aussi précisé que la maison datait de 1884 et qu’un « permis de rénovation au montant de $200 avait été émis il y a environ 30 ans ».  Aussi bien dire que le bâtiment était mal entretenu!

Il déclara également « que les flammes avaient pris naissance derrière le poêle, dans une pile de journaux »[9], mais « il a de plus souligné qu’il avait découvert d’autres endroits aussi calcinées que derrière le poêle ».  Le plus étonnant, c’est que Dubé précisa que « l’incendie aurait eu plusieurs foyers d’origine »[10].

Quant au seul survivant du brasier, Robert Alarie, « ses déclarations n’ont rien apporté de concluant si ce n’est qu’elles contredisaient quelque peu les témoignages précédents qui, jusqu’alors, s’étaient corroborés »[11].  Malheureusement, sans les transcriptions, on ne connaîtra jamais ces points précis de contradictions.  Le père était-il sous le choc au point de livrer un témoignage confus, lui qui avait pourtant accordé une entrevue à la radio le jour même du drame?  Ou alors savait-il certaines choses qui pouvaient être crédibles?

Avec aussi peu de détails, impossible, malheureusement, d’élaborer davantage ni même de soulever des questions risquant d’éveiller des soupçons mal fondés.

Lors de l’enquête du coroner à la morgue Julien Philibert le 10 mai 1967. De gauche à droite: Me Marcel Chartier, Me Pierre Trudel, et les détectives Lawrence Buckley et Fernand Gendron. (photo: R. Lemire, BANQ TR)

Quant à la grand-mère des enfants, Mme Henri-Paul Alarie, elle « fut pour le moins précise dans ses réponses »[12].  Elle raconta avoir identifié les corps, après quoi elle revint sur le drame lui-même en expliquant que son fils Robert « est descendu en combinaison et nu-pieds en disant « Maman!  Venez m’aider.  M’man, le feu est pris chez nous? ».  La veuve serait sortie en jupon.  Elle revint évidemment sur les vaines tentatives d’entrer dans le loyer.

Normand Rouette, que l’on décrit comme « archiviste de la Sûreté municipale et photographe », est venu témoigner à l’effet qu’il avait pris 44 photos à l’intérieur et à l’extérieur de l’appartement[13].

Selon le sergent Roger Lefebvre, le feu était sous contrôle 1h45 après son arrivée sur les lieux.  C’est le sergent Patrick Massicotte qui aurait finalement trouvé Mme Robert Alarie.  « Il l’a trouvée couchée sur le côté, vêtue d’une jaquette, les couvertures rabattues sur elle »[14].  Le sergent Gilles Pothier et l’agent Carol Pothier ont également témoigné, de même que le Dr Roger Caron qui a constaté le décès des victimes.

Un fait intéressant survint avec le témoignage de Gilles Boudreau, « inspecteur électricien qui prétend qu’il avait remarqué qu’un fusible avait sauté, ce qui à son avis ne pouvait être accidentel »[15].  Devant cette contradiction évidente du verdict officiel, l’article n’élabore pas davantage à propos de ces détails électriques.

Étrangement, le journaliste Georges Lamon termine son article en disant que « ce qui surprend quelque peu dans cette enquête c’est sûrement la manière particulière dont elle fut menée par le représentant du ministère public, Me Pierre Trudel qui semblait trop souvent se suppléer à son rôle »[16].

On n’en saura malheureusement pas plus sans les transcriptions.

Malgré tout, en dépit du fait qu’il y aurait eu plusieurs foyers d’incendie, les contradictions de Robert Alarie, des conclusions de l’électricien et de la conduite soi-disant étrange du procureur au dossier, le verdict tomba : mort accidentelle.

Un peu plus de deux ans plus tard, Me Marcel Chartier poursuivit dans ses agissements irréguliers en tenant un simple cas de recherche dans l’affaire du sergent-détective Louis-Georges Dupont retrouvé mort dans sa voiture de service en novembre 1969.  Malgré les circonstances très étranges de l’affaire, le verdict fut rapidement rendu : suicide.

Le 4 juillet 1996, lors de la Commission d’enquête sur les circonstances entourant la disparition et la mort du sergent-détective Louis-Georges Dupont qui se tenait à Trois-Rivières, Me Marcel Chartier, qui fut coroner de 1967 à 1970, fut appelé à témoigner.

–          De votre nomination jusqu’en 1970, lui demanda Me François Daviault de la Commission, combien d’enquête avez-vous présidé?  Je sais que c’est peut-être pas exact, mais approximativement?

–          … Une douzaine par année je pense bien, répondit Me Chartier.

–          Une douzaine par année?

–          Même pas.

Or, j’ai découvert moi-même dans les archives que pour seulement les trois premiers mois de l’année 1967, soit de janvier à mars, Chartier avait fait une quinzaine d’enquêtes concernant des décès nébuleux, incluant l’Affaire Alarie.  Comme je l’ai expliqué plus haut, l’unique feuille de cartable est un document qui laisse à désirer par son manque de formalisme et suscite même de sérieuses questions.

Plus loin, Chartier expliqua devant la Commission qu’il rencontrait régulièrement le détective Jean-Marie Hubert dans un café situé juste en face du Palais de Justice, sur la rue Laviolette.  Ce que Chartier omettait de préciser, c’est que ce soi-disant café était en réalité le Manoir Laviolette, un bordel connu de l’époque où on retrouvait cinq prostituées en permanence[17].

Et n’oublions pas que Hubert tirait profit de la prostitution. Il fut d’ailleurs congédié avec un autre collègue dès janvier 1970.  C’est alors que Normand Rouette passa de simple photographe judiciaire à « capitaine-détective ».  Décidément, les promotions policières à Trois-Rivières étaient distribuées dans les boîtes de céréales!?

Si par manque de documentation on ne peut avancer quoi que ce soit, et c’était peut-être là le but recherché des personnes impliquées en détruisant cette paperasse, il y a tout de même lieu de se questionner quant à savoir le véritable historique de la partie judiciaire d’une municipalité.

Version PDF de cet article: L’Affaire Alarie et le coroner Marcel Chartier (PDF)


[1] Gilles Normand, « Une mère et ses sept enfants trouvent une mort affreuse dans l’incendie d’une maison », Le Nouvelliste, 17 janvier 1967.

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Parmi ces cinq jurés, j’ai pu en identifier quatre : Yvon St-Pierre, Pierre Bellemare, René Tétreault et Antoine Beaudry.

[6] Georges Lamon, « Témoignage pathétique de Mme Henri-Paul Alarie à l’enquête du coroner », Le Nouvelliste, 11 mai 1967.

[7] Ibid.

[8] Jean Naud, « L’enquête sur l’incendie de la rue Saint-Roch, verdict de mort accidentelle », Le Nouvelliste, 11 mai 1967.

[9] Ibid.

[10] Georges Lamon, loc. cit.

[11] Ibid.

[12] Ibid.

[13] Normand Rouette a été chargé de photographier la scène de crime en novembre 1969 quand on a retrouvé le corps du sergent-détective Louis-Georges Dupont.  Étrangement, en janvier 1970 il passa de simple photographe judiciaire à « capitaine-détective » en remplacement de l’incompétent Georges Gagnon.  La famille Dupont croit sérieusement qu’il s’est mérité cette incroyable promotion pour avoir garder le silence sur ce qui s’est réellement produit.  Interrogé par deux journalistes qui enquêtaient sur le phénomène de la prostitution au Québec au cours des années 1970, Rouette passa pour un idiot en essayant de dissimuler le phénomène à Trois-Rivières.  En 1982, suite à une autre enquête de la Commission de police (CPQ), Rouette était rétrogradé.  En dépit de l’importance qu’il avait dans l’Affaire Dupont, car il se trouvait sur la scène, il ne fut jamais appelé comme témoin lors de la Commission Lacerte-Lamontagne en 1996 qui avait justement pour mandat de faire la lumière sur la mystérieuse mort de Dupont.

[14] Ibid.

[15] Ibid.

[16] Ibid.

[17] Selon Nancy Massicotte, « Un portrait peu flatteur de Trois-Rivières », Le Nouvelliste, mercredi 21 août 1996.