Billy the Kid: la fabrication d’une légende

Couverture du livre de Pat Garrett, paru en 1882.
Couverture du livre de Pat Garrett, paru en 1882.

Le 15 juillet 1881, depuis les lointaines contrés du Nouveau-Mexique, une nouvelle se répandit jusqu’à l’autre bout du pays : le Shérif Patrick Floyd Jarvis « Pat » Garrett venait de tuer un jeune hors-la-loi que la presse surnommait depuis peu Billy the Kid.  Contrairement à ce qu’on pourrait encore croire aujourd’hui, cette nouvelle, bien que reprise dans le New York Times, ne créa pas autant de vagues qu’en fit la mort du célèbre braqueur Jesse James l’année suivante.  En fait, la popularité de Billy the Kid grandirait au fil des années à venir, en particulier grâce à la littérature.

L’évolution de son historiographie à travers la littérature américaine, que ce soit par le roman ou ces tentatives d’essais, qui se souciaient d’ailleurs assez peu de l’objectivité historique, est primordial dans le processus de compréhension de sa personnalité.  En fait, en partie grâce aux livres et au cinéma, sa célébrité est maintenant comparable à celle de Jesse James.

Depuis que je me suis remis sur un manuscrit encyclopédique sur les hors-la-loi du Far West, je me suis replongé dans ce que j’appelle « mes vieilles amours ».  Dès 1990, Bill the Kid a été le premier à susciter mon intérêt pour l’Histoire en général.  J’étais alors âgé de 18 ans, c’est-à-dire l’âge approximatif que le Kid avait au moment de laisser ses premières véritables traces dans le folklore.  Rapidement, je me suis rendu compte que l’évolution littéraire de son historiographie a considérablement contribué à fausser de nombreux détails à son sujet.  Cette tangente perverse, si fortement ancrée dans l’opinion publique, contribua d’ailleurs à rejeter la fascinante version d’un vieil homme qui, à partir de 1949, affirmait être Billy the Kid.

En excluant les articles de journaux, la première œuvre parut en kiosque en 1882 sous le titre The Authentic Life of Billy the Kid.  Sur la couverture, le nom de Pat Garrett faisait figure d’auteur.  On avait donc droit à une histoire « authentique » écrite par un représentant de la loi qui s’intéressait à la biographie de sa victime!  Bonjour l’objectivité!

À cette époque, la soif de la population vis-à-vis de tels ouvrages reléguait aux oubliettes le souhait de connaître la vérité.  Au contraire!  On cherchait plutôt à entendre une histoire qui « collait » à l’image que les citadins de l’est du pays se faisaient des légendes lointaines de l’Ouest.  Par conséquent, on y vit que du feu.  Le simple fait que ce livre était rédigé par un homme personnellement impliqué dans l’affaire rendait le texte crédible.

Les hors-la-loi qui sont devenus célèbres de leur vivant – John Wesley Hardin, Emmett Dalton et Cole Younger – ont d’ailleurs écrit leur propre autobiographie, ce qui répondait à un certain besoin social.  Toutefois, le temps nous a démontré que ces livres sont loin d’être des œuvres de références étant donné leur manque flagrant d’objectivité.  Ces auteurs, personnellement impliqués dans les affaires dont ils traitent, avaient tous des intérêts non avoués à publier leur version des faits.  Les vantardises y font d’ailleurs légion.  Le fils même de Jesse James avouera librement avoir écrit son livre de 1899 afin de subvenir à ses besoins[1].

Malheureusement, Garrett implanta dans la mémoire collective de nombreuses erreurs ainsi que des incidents tout à fait fictifs.  S’il a véritablement connu le Kid vers 1879 ou 1880, rien ne prouve qu’il ait été son ami, comme plusieurs l’ont affirmé.  Ignorant pratiquement tout sur la vie du Kid avant son implication dans la guerre du comté de Lincoln, le shérif recyclé en auteur inventa certaines scènes afin de combler les manques qui, sans cela, n’auraient pas été satisfaisant pour les lecteurs, qui préfèrent évidemment acheter une biographie complète.  D’ailleurs, Garrett prouva sa méconnaissance des lieux et de certains personnages en commettant plusieurs erreurs d’orthographe.

On pourrait également se questionner sur les raisons qui l’ont poussé à publier un livre aussi rapidement, sans avoir fait de recherches sérieuses.  En fait, Garrett était devenu célèbre en une seule nuit pour avoir débarrassé le Nouveau-Mexique de son hors-la-loi le plus nuisible de l’époque et peut-être cherchait-il à surfer encore un peu plus loin sur cette vague de popularité, entre autres pour en tirer quelque profit.  Après tout, il n’a jamais touché les 500$ offert pour la récompense, faute de preuve sur l’identité de sa victime.

En dépit du fait que son livre ne connut pas le succès escompté, il demeure un document important pour étudier les origines de la légende car il a influencé la hiérarchie littéraire qui en a découlé.

Cette publication précipitée pourrait-elle, d’autre part, s’expliquer par un désir pressant de mettre une fin définitive à cette affaire?  Il me faudrait assurément un autre article pour justifier cette question, et surtout y répondre, car une rumeur persistante veut qu’au cours de la nuit du 14 au 15 juillet 1881 il n’ait pas abattu la bonne personne.  Si cela devait effectivement être le cas, Garrett aurait pu faire face à une accusation d’homicide.  La publication de sa version des faits effaçait-elle tout soupçon?  Ou du moins l’espérait-il?

Ash Upson.  C'est ce journaliste dépravé qui serait en réalité l'auteur du livre attribué à Garrett.
Ash Upson. C’est ce journaliste dépravé qui serait en réalité l’auteur du livre attribué à Garrett.

Tout le monde s’entend maintenant pour dire que Garrett ne maniait pas la plume suffisamment bien pour être le véritable auteur de ce livre et qu’en réalité l’homme derrière ces pages s’appelait Marshall Ashmun « Ash » Upson.  Upson demeure un personnage étrange qui n’a pas laissé une trace très importante dans l’Histoire.  On sait cependant qu’il a continué de hanter l’ombre de Garrett durant quelques années en errant en sa compagnie.  La théorie la plus intéressante pour expliquer cette fausse date de naissance attribuée à Billy (23 novembre 1859) s’inspirerait en fait de la sienne.  En effet, Upson était né un 23 novembre, mais d’une année antérieure.  Il s’est finalement éteint au Texas le 6 octobre 1894.

Ce livre de 1882 aurait évidemment dû s’en tenir aux faits, mais ce n’était pas le style de l’époque.  Par conséquent, c’est à cause de cette publication que les gens allaient croire longtemps que Billy the Kid avait vu le jour à New York le 23 novembre 1859, qu’il avait refroidi sa première victime à l’âge de 12 ans et qu’il avait finalement tué 21 hommes au cours de sa funeste carrière, c’est-à-dire un pour chaque année de sa propre vie.  Or, il n’y a pas la moindre parcelle de vérité dans ces trois affirmations.

Malheureusement pour Garrett, ou heureusement pour les fans du Kid, l’ancien shérif du Lincoln County ne connut pas une carrière très glorieuse par la suite.  Père absent et mari infidèle, il sera assassiné en 1908 dans des circonstances qui, plus d’un siècle plus tard, demeurent nébuleuses.

En 1926, le livre The Saga of Billy the Kid, signé par un certain Walter Noble Burns, apparaissait en kiosque.  Contrairement au flop de Garrett, survenu près de 45 ans plus tôt, l’ouvrage de Burns connut un énorme succès.

Comme de raison, on avait eu droit à quelques petites allusions dans des livres sans importance publiés entre 1882 et 1926.  En dépit d’un succès médiocre, ils ont pourtant contribué à amplifier la légende, qui se voyait également alimenté par le ouï-dire.

Pour sa part, Burns a pris la peine de visiter les régions du Nouveau-Mexique marquées par le passage de Billy the Kid, où il a rencontré des personnes qui avaient côtoyé le jeune hors-la-loi, telles que Paulita Maxwell, Susan McSween, Frank Coe, Sally Chisum et Yginio Salazar[2].  Malgré ces efforts apparents pour atteindre une rigueur historique, son livre reprenait les grandes lignes établies par Garrett.  Bref, au lieu de rédiger un document sérieux, il alimenta la légende sans aucun souci de l’impartialité.  Pourtant, il lui aurait suffit de quelques visites aux archives pour remettre en question certains faits apparemment établis.

Mais voilà!  Burns avouera lui-même que son livre n’était pas fidèle à la vérité.

Avec un tel succès littéraire, Burns s’intéressa ensuite à la saga entourant l’affaire de Tombstone, en Arizona, et il ira jusqu’à rencontrer le célèbre représentant de la loi Wyatt Earp pour lui promettre d’écrire un livre en hommage à son ami Doc Holliday.  Plutôt que de tenir sa promesse, il sortira un bouquin assez peu fiable à propos de l’ancien dentiste tuberculeux.

Grâce au nom du Kid, Burns put s’emplir les poches car il vendit les droits de son livre à la MGM, qui allait s’en servir pout réaliser plusieurs films, dont l’un des premiers mit en vedette Johnny Mack Brown dans le rôle de Billy.  Burns ne put cependant profiter très longtemps de ce succès.  Il s’éteignit en 1932, laissant à son tour une légende solide qui aurait besoin d’auteurs chevronnés pour la démaquiller, pour ne pas dire la démasquer.

Walter. N. Burns.  On croit que cette photo a été prise sur les lieux de la célèbre fusillade de O.K. Corral à Tombstone, Arizona.
Walter. N. Burns. On croit que cette photo a été prise sur les lieux de la célèbre fusillade de O.K. Corral à Tombstone, Arizona.

Malgré ses erreurs, le livre de Burns demeure un grand classique lorsqu’on souhaite étudier de plus près l’évolution de la légende.  En fait, les idées préconçues que certains entretiennent encore à propos du Kid prennent la plupart du temps leurs origines dans l’ouvrage de Burns.

Peut-être que la vie de Billy the Kid était vouée à la controverse dès le départ, en particulier lorsqu’on pense aux nombreuses histoires tordues entourant les plus grandes célébrités du Far West.  À les entendre, il faudrait croire que Calamity Jane a été l’épouse de Wild Bill Hickok; que tous les hors-la-loi étaient de gentils garçons; que Jesse James n’est pas mort en 1882; et quoi encore?

En 1934, Eugene Cunningham[3] publiait Triggernometry, un autre succès littéraire.  La préface de son livre était signée par le cow-boy et auteur Eugene Manlove Rhodes, dont la vie aurait été sauvée par le célèbre hors-la-loi Bill Doolin lors d’un concours de dressage de chevaux sauvages.  Cunningham lui-même s’était lié d’amitié avec William « Billy » Breakenridge, ancien adjoint du shérif corrompu John Behan de Tombstone, Arizona.  Ce volume était consacré aux gunfighters[4] ou, si vous préférez, aux as du revolver.  En fait, le titre même de son œuvre était un jeu de mots astucieux désignant l’art de manipuler le six-coups.  Chaque chapitre était consacré à une célébrité de l’Ouest tels que Bill Longley, John Wesley Hardin, Ben Thompson, Dallas Stoudenmire, Jim Gillet, Sam Bass, Butch Cassidy et quelques autres.  L’un de ces chapitres était justement consacré à Billy the Kid.

Sans avoir poussé ses recherches, puisqu’il s’intéressait d’abord aux talents de tireur des personnages sélectionnés pour son livre, Cunningham s’est questionné de façon honnête sur certaines aberrances qui, normalement, auraient dû sauter aux yeux des auteurs précédents.  Par exemple, il indiqua son refus de croire que le Kid avait tué 21 hommes.  Il semble d’ailleurs avoir été le premier à remettre ce détail en question.

En 1960, Ramon F. Adams[5] démontra une grande maturité d’auteur en publiant A Fitting Death for Billy the Kid, qui était une étude sur les principaux ouvrages publiés sur le sujet depuis 1881.  Ainsi, il fit ressortir des preuves et des témoignages parfois accablants qui démolirent certaines parties de la légende populaire, rendant par le fait même à la vérité historique ses lettres de noblesse.  Ce que l’historien ne peut prouver, il ne doit pas non plus l’inventer pour simplement répondre à un fantasme personnel ou public.  Cette objectivité avait été pratiquement inexistante depuis la sortie du livre de Garrett.  D’ailleurs, Adams nous étonne par sa découverte d’un nombre impressionnant de livres publiés par des inconnus qui ont prétendus avoir connu le Kid, et qui par conséquent ont été à l’origine d’innombrables invraisemblances.

Malgré cette quête de la vérité, Adams commit lui-même quelques petites erreurs, en plus de conclure trop hâtivement en classant un livre publié en 1955 sous la bannière des mensonges.  Ce livre, résultat du travail de l’avocat William V. Morrison et de l’historien C. L. Sonnichsen, a permis d’immortaliser les mémoires de William H. « Brushy Bill » Roberts, un vieil homme de 89 ans que Morrison rencontra pour la première fois en juin 1949.  Roberts lui avoua finalement être le véritable Billy the Kid.

Était-ce possible?  Le Kid avait-il échappé à sa propre mort?  Garrett avait-il menti ou s’était-il trompé?  L’Histoire pouvait-elle se tromper à ce point?

L'acteur Johnny Mack Brown a été l'un des premier à incarner le rôle de Billy the Kid au cinéma.
L’acteur Johnny Mack Brown a été l’un des premiers à incarner le rôle de Billy the Kid au cinéma.

Le livre de ces deux auteurs, intitulé Alias Billy the Kid, démontre pourtant une étonnante objectivité pour son époque.  On y présente les faits en lien avec les dires de Roberts, sans que ceux-ci ne soient jamais pris en défaut.  De tels propos auraient dû susciter un intérêt pour les historiens qui se disent objectifs, mais il semble qu’il y ait encore aujourd’hui un travail énorme à faire en ce sens.

Au cours des années 1990, alors que j’étais au summum de mes recherches initiales sur le Kid, j’ai été en contact avec des auteurs comme le juge Bobby E. Hefner et le Dr Jannay P. Valdez, qui sont tous deux à l’origine des livres Billy the Kid : killed in New Mexico died in Texas et aussi The Trial of Billy the Kid.  Dans ce dernier, Hefner relate le procès fictif qu’aurait pu subir Brushy Bill Roberts s’il ne s’était pas éteint d’une crise cardiaque le 27 décembre 1950.  Quant à celui de l’essayiste Valdez, quoique plus sérieux, ne connut pratiquement aucun succès, mais je suis probablement privilégié de posséder aujourd’hui un exemple autographié de leur ouvrage respectif.  À une certaine époque, Valdez s’est aussi occupé du musée consacré à Roberts situé à Hico, Texas.  Dans son livre, il a suscité des questions brillantes mais s’est montré parfois agressif face à certains autres auteurs lorsqu’il m’inondait de pamphlets (par courrier régulier à l’époque) au sujet du lancement de son livre.

À la même époque, deux autres livres qui garnissent maintenant ma collection personnelle faisaient aussi leur apparition.  Le premier, intitulé The return of the outlaw Billy the Kid, était le résultat du travail de W. C. Jameson, un autre auteur qui défendait la théorie de Brushy Bill Roberts.  Son enquête n’avait cependant pas été au fond des choses et il se passa bien d’utiliser une preuve que je lui avais transmise par la suite et qui corroborait l’une des affirmations de Roberts.

Le 6 juillet 1950, Brushy Bill Roberts posait devant ce qui devait être sa pierre tombale depuis 1881, à Fort Sumner, Nouveau-Mexique.
Le 6 juillet 1950, Brushy Bill Roberts posait devant ce qui devait être sa pierre tombale depuis 1881, à Fort Sumner, Nouveau-Mexique.

Le second, que je me suis procuré lors de mon passage dans le comté de Lincoln, Nouveau-Mexique, en août 1999 est celui de Frederick Nolan, The West of Billy the Kid.  Nolan a réalisé un travail rationnel et remarquable de reconstitution de toute la vie du Kid à partir d’archives qui, jusque-là, avaient été peu exploités par les auteurs.  Sa description des faits entourant la Guerre du Comté de Lincoln (Lincoln County War) est également fascinante.  Nolan n’a qu’un seul défaut : il refuse d’accorder la moindre importance à la version de Roberts.  Étrangement, sans trop le savoir, il apporte certains détails appuyant les affirmations du vieil homme.

Chaque année, il se publie encore quelques ouvrages sur le Kid, qui continue d’inspirer un je-ne-sais-trop-quoi aux nouvelles générations.  Il suffit d’un bon flair et d’une connaissance des ouvrages sérieux pour en écarter la plupart, à moins de vouloir s’abreuver de romans.  Toutefois, une chose est certaine : la controverse se poursuit.  Brushy Bill Roberts était-il véritablement celui qu’il prétendait être?

L’évolution littéraire accomplie depuis le navet de Garrett-Upson en 1882 a permis d’atteindre un meilleur respect de l’objectivité, ou du moins de classer les ouvrages mensongers sous la rubrique « romans ».  Cette objectivité n’est pas toujours parfaite.  Il ne faudrait pas oublier la motivation de certains auteurs qui commencent à noircir leurs premières pages blanches avec une idée déjà préconçue, sans compter cette part de responsabilité que détient le lecteur face à l’objectivité.

De nos jours, on peut dire que la légende a été grandement démystifiée, mais il reste encore du travail à faire.  Pour ne fournir qu’un dernier exemple, les historiens qui prétendent aujourd’hui que le véritable nom du Kid était McCarty auraient intérêt à revoir leurs règles d’éthique.  En 2010, je revenais d’ailleurs sur cette mauvaise interprétation des documents d’archives pour en arriver à ce nom dans l’article Les origines de Billy the Kid.

En août 1999, Eric Veillette posait devant la prétendue pierre tombale de Billy the Kid à Fort Sumner, N.-M., là où se tenait Brushy Bill Roberts 49 ans plus tôt.
En août 1999, Eric Veillette posait devant la prétendue pierre tombale de Billy the Kid à Fort Sumner, N.-M., là où se tenait Brushy Bill Roberts 49 ans plus tôt.

On comprend maintenant pourquoi, en 1950, Roberts n’avait pratiquement aucune chance de se faire entendre honnêtement, même si ses arguments étaient inébranlables.  On ne peut que s’étonner et même sourire devant l’ironie de la possibilité que le véritable Billy the Kid se démasquait lui-même devant un public qui refusa de le croire, tout cela parce qu’on croyait tout savoir.  Le mythe avait atteint une telle force que la vérité historique avait été mise de côté.  Bref, on ne voulait pas l’entendre.

En 2014, un auteur comme W. C. Jameson est l’un des rares contemporains aux États-Unis à laisser une place honnête aux propos de Roberts.  Et du côté nord de la frontière, je suis probablement le seul.  Reste à savoir ce qu’en penseront les lecteurs.


[2] Parfois son prénom a été épelé « Higinio ».

[3] Eugene Cunningham est né à Helena, Arkansas, le 29 novembre 1896.  De 1914 à 1919 il a servi dans la Navy sur les mers de l’Asie, du Pacifique et de l’Atlantique.  Il a commencé à écrire en 1914 dans des publications militaires et après sa sortie de l’armée en 1919 il a passé deux ans comme correspondant pour le Wide World Magazine en Amérique Centrale.  En 1921, il épousait Mary Caroline Emilstein.  Jusqu’en 1936 il fut chroniqueur littéraire pour le El Paso Times et ensuite pour le New Mexico Magazine de 1936 à 1942.  Il a publié son premier roman western, The Trail to Apacaz, en 1924.  Au cours des années 1930, il était considéré parmi les meilleurs écrivains de style western, jouant surtout sur la carte du bien et du mal.  L’un de ses romans les plus violents fut Riders of the Night en 1932, et Buckaroo en 1933.  Son livre qui a connu le plus de succès demeure Triggernometry, qui fut nommé en 1986 l’un des 36 meilleurs livres d’histoire de tous les temps par les écrivains western.  Cunningham s’est éteint à San Francisco le 18 octobre 1957.

[4] Malheureusement, le terme de gunfighter ne possède pas d’équivalent en français.  Il désigne des hommes qui se sont fait connaître par leurs faits d’armes, en particulier avec des revolvers.  Le terme de duelliste n’est pas assez large pour le traduire, d’autant plus qu’on ne classe pas uniquement les participants aux duels sous la bannière de gunfighter; on y retrouve également des hors-la-loi et certains représentants de l’ordre.

[5] Ramon Frederick Adams est né à Moscow, Texas, le 3 octobre 1889.  Il a commencé à enseigner le violon lorsqu’il était encore aux études.    C’est en Arkansas qu’il a épousé Allie Jarman avant de déménager à Chicago.  Quelques années plus tard il est retourné au Texas pour diriger le département de violon au Wichita Falls College of Music et dirigeait l’orchestre au Majestic Theater, après quoi il s’est installé dans le secteur de Dallas – Fort Worth.  Sa carrière musicale s’est brusquement terminée lorsqu’il s’est brisé un poignet en voulant démarrer une automobile Fort Model T.  En 1929, il a ouvert une petite boutique de friandises à Dallas avec son épouse et leur commerce a connu tellement de succès qu’il s’est transformé en centre commerciale qui a duré jusqu’en 1955.  Adams s’intéressait depuis longtemps au folklore western.  Il a imprimé son premier livre à tirage privé en 1919 sous le titre de « Poems of the Canadian West ».  Il a vendu sa première histoire au Western Story Magazine en 1923 et a publié « Cowboy Lingo » en 1936.  Ensuite, c’est une inondation de publications qui a suivi, essayant de respecter le langage utilisé sur la frontière et sa littérature.  En 1948, il a aussi écris la biographie du cow-boy artiste peintre Charles M. Russell.  Pour ses recherches, il a interrogé des old-timers, a consulté des collections publiques et privées, et a bâti sa propre bibliothèque d’ouvrages concernant l’Ouest.  Il est devenu un bibliographe expert et a développé une passion pour séparer le mythe de la réalité, ce qui ne l’a cependant pas empêché de commettre certaines erreurs et de tirer des conclusions trop hâtives.  Adams s’est éteint à l’âge de 86 ans à Dallas, Texas, le 29 avril 1976. (source : Edward Hake Phillips)

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Les géants: quand on veut se moquer de l’Histoire

Pour l’esprit rationnel, les invraisemblances mythologiques et religieuses sont nombreuses.  En fait, la mythologie n’a pas besoin de logique, nous dit Jean Bottéro[1], assyriologue et historien des religions.

Toutefois, il ne faudrait pas se laisser emporter par un sentiment personnel et aborder plutôt le sujet de la mythologie comme l’intangibilité des mentalités humaines qui nous ont précédées.

Une personne de la communauté musulmane a tenté de me faire avaler l’histoire selon laquelle il y avait eu des géants sur la Terre et qu’on en avait maintenant des preuves concrètes, voir archéologiques.  L’idée ne semble pas isolée puisque, bien sûr, le Coran atteste cette « vérité ».

Même si je devine chez certains d’entre vous l’esquisse d’un sourire devant une telle évocation, il faudrait garder à l’esprit que cette histoire circule toujours et qu’on tente de s’en servir pour corrompre les esprits naïfs.

À la question, ou plutôt à cette tentative de fausser l’histoire de l’humanité, je répondis par l’affirmative, en disant que « oui, effectivement, il y a déjà eu des géants sur Terre.  On leur a donné le nom de dinosaures ».

Comme de raison, ma réponse toute rationnelle ne fut guère appréciée.

D’abord, l’invention des géants n’est pas du Coran, dont la rédaction remonte au 7ème siècle de notre ère, car on les retrouve aussi dans la Bible.  Et oui!  Comme quoi les livres sacrés ne sont pas aussi inventifs que certains aimeraient le croire.  Tout comme dans le domaine culturel, on s’inspire majoritairement de ce qui nous a précédés.

Dans la Genèse, datant du 5ème siècle avant notre ère, on peut lire ceci au début du chapitre concernant le Déluge : « En ces jours, les géants étaient sur la terre et ils y étaient encore lorsque les fils de Dieu vinrent trouver des filles d’homme et eurent d’elles des enfants.  Ce sont les héros d’autrefois, ces hommes de renom » (GN 6, 4).

On les retrouve également à l’époque de Moïse : « Et ils se mirent à décrier devant les fils d’Israël le pays qu’ils avaient exploré : « Le pays que nous avons parcouru pour l’explorer, disaient-ils, est un pays qui dévore ses habitants et tous les gens que nous y avons vus étaient des hommes de grande taille.  Et nous y avons vu ces géants, les fils de Anaq, de la race des géants; nous nous voyions comme des sauterelles et c’est bien ainsi qu’eux-mêmes nous voyaient ». (NB 13, 32-33)

Et encore dans le Deutéronome : « Les Emites y habitaient auparavant, un peuple grand, nombreux et de haute taille comme les Anaqites; ils étaient considérés aussi comme des Refaïtes, à la manière des Anaqites, mais les Moabites les appelaient Emites » (DT 2, 10-11).

Précisons ici que le terme Refaïtes désignait l’ancienne population du pays de Canaan, ce qui correspond aujourd’hui à peu près à la Palestine.

Dans le livre Siracide on les mentionne en ces termes : « Il n’a pas pardonné aux antiques géants, qui s’étaient révoltés à cause de leur force » (SI 16, 7).

En hébreu le mot géant signifiait prince, ce qui pourrait bien nous amener à voir le mot comme un adjectif, en l’utilisant au deuxième degré donc.  Car là se situe souvent une bonne part du problème : nombre de fanatiques religieux ne voient que le premier degré.

La dernière mention biblique des géants apparaît dans le livre de Baruch : « C’est là que furent engendrés les fameux géants, ceux du commencement, de haute stature et versé dans l’art de la guerre.  Ce n’est pas eux que Dieu a choisis, ni à eux qu’il a indiqué le chemin de la science; et ils périrent, car ils n’avaient pas de discernement; ils périrent à cause de leur irréflexion » (BA 3, 26-28).

Si le terme symbolise réellement les princes, on comprend déjà mieux que ces versets pourraient peut-être les dénoncer pour leur arrogance, leur richesse et autres défauts étroitement liés aux puissants.  Or, un simple adjectif de la sorte aurait-il pu être seulement interprété au premier degré par Mahomet, plusieurs siècles plus tard?

D’un point de vu historique, on sait que chaque nouvelle religion n’est qu’une absorption ou une réinterprétation des précédentes.  Pour attirer à lui un plus grand nombre d’adeptes, Mahomet intégra certains éléments des deux groupes religieux les plus puissants de l’époque : les juifs et les chrétiens.  Et ainsi les géants ne sont qu’une idée parmi tant d’autres.

De plus, les amateurs de mythologie grecque auront déjà compris qu’on pourrait remonter plus loin dans le temps afin de retrouver les origines de ces fameux géants, où on les connaissait sous le nom de Titans, eux qui avaient précédés les Dieux de l’Olympe.  Ils furent cependant vaincus par Zeus et enchaînés dans les profondeurs de la Terre (prélude à l’enfer?).  Ainsi, des dieux venaient d’être déclassés par d’autres.  Évolution de l’homme égale évolution de la divinité.

Et on peut remonter encore plus loin, car l’idée circulait déjà en Mésopotamie.  En effet, la déesse Tiamat aurait engendré des géants.  « Les Mésopotamiens semblent avoir eu de la propension à construire de tels monstres, terrifiants et composites […] », explique Jean Bottéro[2].

Puisque c’est en Mésopotamie qu’on retrouve les plus anciens écrits de l’histoire humaine, impossible donc de savoir précisément jusqu’où pouvait remonter le mythe des géants dans la tradition orale.

Certains prétendent que dans le Coran on les désigne comme le peuple d’Aad.  Si Mahomet avait entendu parler d’eux selon le terme de géants, et nom par le mot hébreu qui désigne des princes, cela pourrait bien expliquer pourquoi il aurait reprit cette erreur, que ses fidèles amplifieraient avec le temps, jusqu’à aboutir à cette histoire récente de la prétendue découverte d’un squelette de géant.

Dans le monde réel, on connait l’histoire des Mycéniens, qui ont construis des forteresses vers 1600 ans avant notre ère.  « Ces gens avaient le goût du colossal, à coup sûr : les Grecs crurent voir l’œuvre de géants dans ces amoncellements de blocs de deux mètres de long et d’un mètre d’épaisseur qui s’élevaient jusqu’à vingt mètres », nous rappelle Gérald Messadié[3].  Or, si les constructions et les portes sont gigantesques, cela ne prouve évidemment pas qu’il y ait eu des géants.  Pour cela, il aurait fallu découvrir de la poterie ou autres objets d’usage quotidien à la démesure de ces soi-disant gigantesques personnages.

Or, il n’en fut rien.

Il ne faudrait donc pas prendre ses rêves pour des réalités, comme les mystiques en ont l’habitude.  Car celle-là, c’est une réalité : une trop grande proportion de gens veut croire en ce qui n’existe pas, au point où ils arrivent véritablement à se croire eux-mêmes.  Phénomène que pourrait peut-être expliquer la psychologie, mais ici n’est pas le but.  La croyance est une chose personnelle, alors il serait triste de la voir prendre l’Histoire pour une science naïve.

Voyons tout de même ces fameuses « preuves ».

Mon premier contact avec cette histoire fut une vidéo sur le site Youtube[4]; vidéo qui, faut le dire, est composée uniquement d’un défilement de photos.  En effet, on y voit le squelette d’un géant au sol déterré par de prétendus archéologues.

Seconde puce à l’oreille : la vidéo se termine par l’annonce « paranormal.biz ».  Non, mais laissez-moi rire!  J’ai nettement eu l’impression qu’on me prenait pour un imbécile, donc qu’on me manquait de respect.

En fait, la rumeur prend ses racines dans un poisson d’avril lancé en 2006 sur un blog Internet[5].

Voilà donc un exemple de polémique que peut entraîner un simple truquage photographique.  Comme on l’a vu en 2010 dans le scandale entourant la pétrolière BP suite au déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, le fantastique logiciel Photoshop peut être utilisé à différentes fins, autant à de bonnes qu’à de mauvaises.  Le problème, c’est que le mysticisme de certains musulmans, aveuglés par leur foi, ont répliqués sur le blog ci-haut mentionné, transformant un banal poisson d’avril en véritable débat religieux.  Ironiquement, sur certains sites coraniques on retrouve d’autres interprètes qui alimentent ce mythe et pour y parvenir ils se servent aussi de citations bibliques.  Décidément, on se sert du livre sacré du voisin lorsque cela fait bien son affaire.

Plusieurs musulmans prétendent d’ailleurs que Stonehenge est l’œuvre des géants, tout comme les pyramides d’Égypte.

Et pour la pyramide de l’empire de Teotihuacan, en Amérique centrale?  On en fait quoi?

Laissons seulement le mot de la fin à Jean Bottéro : « Les mythes représentent une forme inférieure et naïve de l’explication : dans un domaine où l’on n’avait pas de moyens scientifiques et assurés d’enquête à propos des grands mystères du monde et de notre destin, renonçant (inconsciemment, ça va de soi) à atteindre le vrai, on recherchait seulement le vraisemblable, en recourant à l’imagination »[6].


[1] Jean Bottéro, Babylone et la Bible, 1994, p. 138.

[2] Jean Bottéro, Babylone et la Bible, 1994, p. 155.

[3] Gérald Messadié, Histoire générale de Dieu, …

[6] Bottéro, op. cit., p. 137.

La symbolique du chiffre 7

Chiffre 7Même pour ceux qui n’ont que brièvement entendu quelques frasques bibliques ou coraniques, on sait que le chiffre 7 ne passe pas inaperçu.  À titre d’exemple, il apparaît dans la Bible dès le début de la Création.

Et dans l’Apocalypse il revient à la charge avec les 7 églises, les 7 trompettes, les 7 sceaux et tout le bataclan.  Cette symbolique numérique a été reprise d’innombrables fois à travers le temps, conscient que cela avait représenté une certaine importance dans les livres sacrés.  Et les musulmans l’ont aussi repris en effectuant 7 fois le tour de la Ka’bat à La Mecque.

Évidemment, il s’agit d’une symbolique.  Le symbolisme ne sert-il pas à simplifier les choses?  À étiqueter?

Justement, quelle est cette symbolique?  Est-il possible d’y jeter un regard historique?

De nos jours, des idées quelque peu idiotes entretiennent ce symbolisme, comme les fameuses 7 années comptées pour chaque année de la vie animale.  On connaît aussi cette superstition des 7 années de malheur après le bris d’un miroir, accidentellement soit dit en passant.  Comme si on devait mériter un quelconque châtiment pour un accident!  Si des assassins échappent à la justice, alors pourquoi se sentir coupable de briser un miroir?

Puisque le 7 paraissait si important dans l’Apocalypse, dont la rédaction remonte environ à l’an 90 ou 95 de notre ère, j’ai d’abord envisagé la possibilité qu’il puisse représenter les 7 collines de Rome, ce qui aurait été un symbole de l’oppression romaine envers les premiers chrétiens.  Mais cette idée se révéla immédiatement faible, du moins pour expliquer l’origine de son utilisation.  Les livres du Pentateuque, qui approuvent déjà le 7, ont été rassemblés vers le 5ème siècle avant notre ère.  Donc, le chiffre n’est même pas chrétien.

Quand bien même que les 7 de l’Apocalypse puissent symboliser ce pouvoir romain, il est clair que la fascination du 7 remonte à une époque plus lointaine dans l’histoire.

Dans son livre « La Bible et l’Histoire », John Romer explique que : « Les auteurs classiques avaient toujours vu dans le chiffre 7 un symbole de l’harmonie cosmique; il y avait, en effet, 7 planètes, 7 notes dans la gamme, 7 couleurs dans l’arc-en-ciel, etc.  Les chrétiens reprennent le symbole à leur compte en distinguant 7 vertus et 7 péchés et en comptant 7 âges dans la vie de l’homme.  La Genèse, déjà, avait utilisé ce nombre, car Yahvé avait créé le monde en 7 jours.  Aussi décida-t-on de célébrer dans les cathédrales 7 offices quotidiens à la gloire de Son Saint Nom.  Mais les théologiens renchérissaient encore : 7 était la somme de 3 et 4, ce qui permettait d’additionner la Sainte-Trinité et les quatre évangélistes, et d’unir les mystères de la foi et les hommes qui les avaient exprimés dans leurs écrits.  Cette arithmétique divine allait toujours plus loin : en multipliant les trois facettes de l’âme par les quatre éléments de l’univers – et en sollicitant un peu les théories d’Aristote – on obtenait le chiffre 12, soit exactement le nombre des apôtres fondateurs de l’Église universelle.  Cette symbolique des nombres, on la retrouve aussi bien dans la théologie que dans l’architecture gothique; elle est reprise à l’infini comme les paillettes de lumière d’un kaléidoscope; elle se fonde toujours sur un passage de la Bible. »

À titre d’exemple, le Coran reprend le chiffre au verset 261 de la sourate 2 : « Ceux qui prodiguent leurs biens dans le sentier d’Allah sont à l’exemple d’un grain qui fait germer sept épis, chaque épi portant cent grains.  Allah multiplie, au bénéfice de qui Il décide, Allah immense, savant. »

L’épi, mot utilisé dans le domaine floral, peut sans doute être considéré ici comme un épi de maïs, ou du moins une plante nutritionnelle.  Mahomet était-il en train de célébrer le maïs et promettre à son peuple l’abondance?

Ce serait alors reprendre des croyances tribales, donc polythéistes, qui célébraient la fertilité du sol.  N’oublions pas que les amérindiens cultivaient eux aussi le maïs, comme il apparaît en 1642 dans la Relation des Jésuites sous l’appellation « bleds d’Inde[1] ».

Pour certaines tribus, d’ailleurs, le maïs représentait le pouvoir surnaturel habitant la terre, à qui on donnait le nom d’Atira, la mère qui donne la vie.  Remarquez ici qu’on adore une divinité féminine, ce qui ne ferait sans doute pas plaisir à Allah.

Mais il y a mieux que ça.  Dans la Genèse, rédigée un millénaire environ avant le Coran, on retrouve l’histoire du Pharaon qui, après avoir rêvé de sept vaches laides qui en dévoraient sept autres, « il se rendormit et rêva une seconde fois.  Voici que sept épis montaient d’une seule tige, gras et appétissants.  Puis sept épis grêles et brûlés par le vent d’est germèrent après eux, et les épis grêles absorbèrent les sept épis gras et gonflés.  Alors le Pharaon s’éveilla : c’était un rêve. » (Gn, 41 : 5-7)

Peut-on en déduire que Mahomet, ayant compris que le chiffre sept captivait les chrétiens, l’ait repris à sa manière?

Ayant entendu l’histoire oralement, probable qu’il n’ait pu la retenir dans ses moindres détails.  Car on sait qu’il y avait des chrétiens à Médine et à La Mecque à son époque, de même que des juifs.  Selon certains historiens et auteurs, il aurait donc entendu les récits bibliques et compris aussi que pour former un empire il lui fallait rassembler ses compatriotes sous un dieu unique.

André Chouraqui, traducteur émérite du Coran, explique que « les sept ciels sont connus de la cosmologie babylonienne, le nombre sept étant le symbole de la totalité du réel. »  Ou de l’équilibre cosmique, comme dit Romer.

Le mithraïsme, religion à laquelle les chrétiens empruntèrent de nombreuses influences, comportait aussi sa symbolique du chiffre avec 7 stades d’initiation.  En Grèce et à Rome il semble qu’on pratiquait le sacrifice humain, appelant 7 vierges et 7 adolescents en Crète, à tous les 9 ans.

Donc, le Coran, le plus récent de ces livres sacrés, n’a rien inventé, pas plus que la Bible d’ailleurs.  Car les nouvelles croyances ont toujours eu cette tendance d’absorber celles des autres.  Rien de nouveau, donc!

Le plus probable, c’est que la symbolique du chiffre 7 a été ramenée de Babylone par les juifs suite à leur libération au 6ème siècle avant notre ère par Cyrus le Grand.  À leur tour, les chrétiens, eux-mêmes des juifs à l’origine, ont absorbé l’idée, et le résultat en fut le Pentateuque.

Et l’effet boule de neige s’est poursuivit.

Depuis Babylone, le chiffre 7 s’est retrouvé en d’innombrables lieux et époques.  En répertorier toutes les légendes et fabulations qui s’y rattachent représenterait un travail laborieux et interminable.

Si toutefois vous détenez vos propres exemples, n’hésitez pas à les partager ci-dessous.


[1] Blé d’Inde.  Au Québec, on a coutume de le manger bouilli, directement sur l’épi, vers la fin de l’été.