Blanche DeBlois Landry, de sage-femme à meurtrière

Le sacristain Armand Colbert. C’est lui qui a découvert le corps du bébé sans nom dans l’église des Sept-Allégresses à Trois-Rivières, en décembre 1926.

Au Cap-de-la-Madeleine, en décembre 1926, Blanche DeBlois Landry a aidé sa fille, Marie-Rose Landry, à accoucher d’un petit garçon. Ce n’était pas la première fois qu’elle procédait ainsi. Que ce soit par crainte de son conjoint, comme nous le verrons d’après les preuves contenues dans le dossier judiciaire, ou la pression sociale exercée envers les femmes qui accouchaient hors mariage, il demeure que Blanche a tué cet enfant. Selon les documents légaux conservés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Trois-Rivières, elle aurait « étouffé » le poupon avant de le placer dans une valise et de le faire disparaître.

Les années passèrent sans que Blanche soit inquiétée par la justice puisque personne, apparemment, ne connaissait la courte existence qu’avait eue cet enfant. En fait, le sacristain de l’église des Sept-Allégresse, Armand Colbert, en avait eu connaissance puisque c’est lui qui avait trouvé le petit cadavre. Toutefois, comme celui-ci n’avait jamais été identifié, personne ne pouvait remonter la piste jusqu’à Blanche Landry.

Puis le 18 avril 1931, Blanche rendit visite à sa voisine Angélina Bellemare, épouse de William Côté. Cet après-midi-là, Marie-Anne Massicotte, 33 ans, prit également part à l’étonnante conversation qui allait suivre. Blanche, maintenant âgée de 42 ans, sentit soudainement le besoin de vider son sac. Elle se plaignit d’abord du fait que sa fille ne lui donnait plus aucune nouvelle. Frustrée par cette situation, elle décida de parler de cet accouchement clandestin auquel elle avait participé il y avait presque 5 ans.

Angélina mettra cependant quelques mois à réfléchir à tout cela. En septembre, elle se décida à se rendre jusqu’au palais de justice de Trois-Rivières pour révéler la teneur de cette conversation au greffier Vigneau.

Le 18 septembre 1931, Blanche DeBlois Landry était arrêtée et conduite à la prison de Trois-Rivières. D’après le dossier, on apprend qu’elle était la mère de trois enfants. Elle était d’origine française mais habitait au Cap-de-la-Madeleine depuis 12 ans. Son dossier stipule également qu’elle avait été traduite en justice à deux reprises, mais sans qu’on précise pourquoi.

Le 2 octobre 1931, elle comparaissait devant le juge François-Xavier Lacoursière. Les deux avocats les plus férus de la région étaient à leur poste. Du côté de la Couronne on retrouvait Me Philippe Bigué, et à la défense Me Jean-Marie Bureau. Ces deux-là s’étaient affrontés à plus d’une reprise. Par exemple, Bigué avait fait condamner Alexandre Lavallée à la pendaison en 1927, alors que dans un autre duel juridique survenu en mars 1930 c’était au tour de Me Bureau de remporter la partie en obtenant que son client Andrew Day, responsable d’un octuple meurtre commis à la hache, soit envoyé en institution psychiatrique plutôt que sur l’échafaud.

Marie-Anne Massicotte, épouse d’Arthur Marcotte, fut le premier témoin entendu. Elle connaissait l’accusée depuis deux ou trois ans. En lui demandant de rassembler ses souvenirs de la rencontre du 18 avril 1931, Me Philippe Bigué lui demanda de donner les détails de cette étrange conversation.

  • Qu’est-ce qui s’est passé au cours de cette entrevue?, questionna Me Bigué.
  • Elle s’est mise à nous parler de sa fille Marie-Louise. Elle a dit : « ma fille, c’est une sans cœur. Depuis qu’elle est partie, elle ne m’a pas écrit. Je l’ai toujours cachée à venir jusqu’aujourd’hui, à présent je vais la déclarer. Elle a eu un bébé avec Wellie Germain, c’est une petite fille. Rendu au soir je l’ai prise et j’ai été la porter à l’hôpital Saint-Joseph. Elle a été une secousse et elle a eu un autre enfant, ça appartenait à Henri Beaudry. Cet enfant-là lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, à son père. C’est moi-même qui l’ai mis au monde, tous les deux ». Pour le mettre au monde, elle a dit qu’elle n’avait pas d’huile dans sa lampe pour s’éclairer et qu’elle s’éclairait avec des allumettes. Elle a dit qu’elle avait eu bien de la misère. Après ça il a voulu brailler, elle l’a pris, elle l’a mis dans la valise.

Blanche aurait également dit vouloir éviter que son « chum », Armand Piché, entende les pleurs de l’enfant. C’est ainsi qu’elle aurait mis le poupon dans une valise. Une fois le bébé mort, elle l’a enveloppé dans un linge blanc, l’a déposé dans une boîte qu’elle inséra dans une valise. Pour finir, elle avait verrouillé la valise.

Marie-Anne Massicotte ajouta que l’accusée « a attendu qu’il fasse bien sombre pour aller le porter à l’église des pères sur la rue St-Maurice ».

  • Elle a pris une voiture pour se faire conduire et elle a dit qu’après avoir été embarquée elle a pris la boîte et elle l’a mise sous sa mante en laine rouge. Rendue à l’église des pères elle a dit aux gens de la voiture d’arrêter qu’il fallait qu’elle aille payer un siège. Elle a débarqué, elle a entré dans l’église où il faisait bien sombre. Elle a dit : « quand j’ai vu ça j’ai monté en haut [sic], ça été juste pour monter, c’était bien sombre, j’ai été déposé [sic] la boîte tout près de l’orgue ».
  • Avez-vous dit, madame, si Blanche Landry, l’accusée, vous avait déclaré dans quelle année c’était?
  • Oui, dans l’année 1926.
  • Vous a-t-elle dit dans quelle saison?
  • Dans l’automne tard, en arrivant aux fêtes.
L’acte d’accusation au dossier de Blanche DeBlois Landry.

La Cour entendit ensuite le témoin Angélina Bellemare, 42 ans, épouse de William Côté. Celle-ci corrobora principalement le témoignage de Marie-Anne. Blanche leur avait avoué avoir mis au monde le bébé de sa fille pour éviter que tout le monde le sache. D’une certaine façon, cette cause met en lumière l’existence d’accouchements clandestins résultant de relations hors mariage. Quant au petit garçon, que Blanche avait tué, il était le fils d’Henri Beaudry.

Le seul détail supplémentaire qu’on apprend par cette comparution est que Blanche Landry serait restée chez elle de 14h00 à 16h00 environ lors de cette fameuse conversation du 18 avril 1931. En d’autres mots, si Blanche Landry n’avait jamais parlé ce jour-là elle n’aurait probablement jamais été accusée devant la justice.

Toutefois, Angélina fut contre-interrogée par Me Jean-Marie Bureau, qui lui fit remarquer que depuis cette conversation elle avait mis du temps à révéler ce qu’elle savait. En août ou en septembre 1931, elle était venue en parler au greffier Vigneau, au palais de justice.

  • C’est la première fois que vous avez pensé d’en parler?, questionna Me Bureau.
  • Oui, je n’avais pas d’affaires à en parler avant.
  • Pourquoi aviez-vous plus d’affaires il y a deux mois?
  • Ça m’est venu dans l’idée d’en parler, j’en ai parlé, je ne peux pas dire autrement.
  • Vous n’aviez pas plus d’affaires à ce moment-là?
  • C’est parce que je voulais le dire.
  • Vous n’aviez pas de raisons spéciales?
  • Je crois que je n’avais pas de raison d’en parler pour rien.
  • Croyez-vous avoir parlé pour rien?
  • Non, je calculais que c’était bien utile, elle en avait déjà bien fait.

Il ressortit de ce témoignage que Blanche Landry se rendait chez elle deux ou trois fois par jour, tandis qu’Angélina n’avait pas mis les pieds chez celle-ci depuis 15 ans. Ce dernier détail contredit cependant les informations contenues dans le dossier judiciaire puisqu’on y indique que Blanche DeBlois Landry habitait au Cap-de-la-Madeleine depuis 12 ans.

Angélina jura également ne jamais s’être disputé avec Blanche. Ce fut donc sans succès que l’avocat de la défense tenta de lui faire dire qu’il y avait un quelconque motif de vengeance derrière cette dénonciation.

C’est alors que la Couronne appela le témoin Armand Colbert, un sacristain de 38 ans. C’est lui qui avait trouvé le corps du poupon déposé dans l’église.

  • Le soir, entre 19h00 et 20h00, j’ai trouvé une boîte dans l’église, dans la tour tout près de l’orgue et j’ai descendu cette boîte en bas, je l’ai ouverte pensant pouvoir trouver le possesseur et j’ai trouvé un corps d’enfant dans la boîte. Je l’ai transportée au bureau de la cure pour la montrer au curé. Le Père curé a ouvert la boîte et il a regardé l’enfant et il l’a envoyée porter à la station de police.
  • Vous l’avez vu vous-même?, demanda Me Bigué.
  • Oui.
  • Était-ce un garçon ou une fille?
  • Je ne peux pas dire.
  • Vous êtes allé la porter?
  • À la station, au capitaine Cossette.
  • À qui l’avez-vous remise?
  • Au capitaine Cossette lui-même.

La Couronne appela ensuite le capitaine Wilbrod Cossette, 53 ans, de la police de Trois-Rivières. Il se souvenait parfaitement de la visite du sacristain Colbert en décembre 1926. C’est ce qui mit fin aux audiences. La Couronne en avait assez pour obtenir la condamnation de Blanche DeBlois Landry, ou alors pour négocier avec elle un plaidoyer de culpabilité pour une accusation réduite, comme ça semble avoir été le cas par la suite.

Capitaine Wilbrod Cossette de la police de Trois-Rivières.

Le 17 novembre 1931, Blanche DeBlois Landry comparut devant le juge Aimé Marchand au palais de justice de Trois-Rivières pour recevoir sa sentence. Selon ses propres aveux, elle avait été reconnue coupable de l’accusation de « suppression de part ».

Le lendemain, elle signait un document stipulant qu’elle renonçait à son droit d’aller en appel et que, par conséquent, elle acceptait le jugement rendu contre elle par le juge Marchand. Le même jour, elle était condamnée à deux ans de prison au pénitencier de Kingston. Elle irait donc rejoindre Marie-Anne Houde, la célèbre marâtre, qui purgeait sa peine d’emprisonnement à vie à Kingston depuis 1921 pour le meurtre d’Aurore Gagnon.

Le fait de plaider à cette accusation réduite lui imposait une peine moins imposante que celle prévue pour meurtre. Mais la question demeure : Blanche Landry aurait-elle accepté un marché pour éviter la peine de mort?

Selon Le Nouvelliste, le juge Marchand aurait fait la morale à deux condamnés ce jour-là, dont la meurtrière du bébé inconnu : « Ces sentences, dit-il, acceptez-les avec toute la contrition de votre cœur. Vous avez été trouvés coupables par un jury honnête, intelligent et consciencieux. Vous pouvez encore être des sujets utiles si vous vous soumettez. Si, au contraire, vous vous révoltez, c’est la guerre contre la société et c’est la société qui vous vaincra, car vous ne vaincrez pas la société ».

On ignore ce qu’est devenue Blanche DeBlois Landry après ses démêlés avec la justice. En revanche, on sait qu’Angélina Bellemare est morte à Trois-Rivières le 23 août 1962.

Le sacristain Armand Colbert, né en 1893, s’est éteint à Trois-Rivières le 14 juillet 1965. Pour souligner sa mort, Le Nouvelliste publia un article rappelant ses 50 ans de services comme sacristain à l’église des Sept Allégresses. Il aurait confié à un ami que « j’aimerais être sacristain jusqu’à mon dernier soupir ». À l’arrivée du Père Vidal, qui se préparait à célébrer la première messe de 6h45, il avait trouvé Colbert étendu par terre et sans vie.

En 1936, le capitaine Wilbrod Cossette sauva la vie à une femme lors d’un incendie. Il est décédé quatre ans plus tard, le 27 février 1940, des suites du diabète. Il comptait plus de 26 ans de services au sein du corps policier de la ville de Trois-Rivières. Entré dans la police en 1913, il devenait capitaine en 1916 et sous-chef en 1934, sous les ordres d’Alide Bellemare qui avait succédé à Jules Vachon. Cossette était originaire de Ste-Geneviève-de-Batiscan, né le 3 juin 1878.

 

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Meurtre non résolu à Yamachiche: l’affaire Boulanger

Alide Bellemare
Le Chef Alide Bellemare de la police de Trois-Rivières fut l’un des premiers à arriver sur la scène de crime.

Arthur Boulanger, 51 ans, habitait dans un logement au-dessus de son propre restaurant situé en face de la gare de Yamachiche. Le mercredi 18 septembre 1935, son corps y était découvert par un jeune garçon du nom de Robert Lacerte. Boulanger avait été sauvagement battu à coups de barre de fer sans avoir eu l’occasion de se défendre.

Le chef Alide Bellemare de la police de Trois-Rivières et le Dr Adélard Tétreault, celui-là même qui avait conduit l’enquête de coroner dans la triste affaire Andrew Day cinq ans plus tôt, débarquèrent sur les lieux pour les premières constatations. Dès le début, le journal La Patrie croyait détenir le mobile du crime « car la dernière fois que l’on vit la victime, elle avait une somme de près de 300$ dans ses goussets ». Selon la même source, Boulanger était étendu sur le plancher de sa cuisine alors qu’il n’y avait aucune trace de lutte dans l’appartement. Le Dr Rosario Fontaine, médecin légiste de l’Institut médico-légal de Montréal, dira plus tard que la victime aurait d’abord reçu trois coups violents au crâne alors qu’il se trouvait encore sur ses jambes avant d’en recevoir deux autres à la nuque après s’être retrouvé à l’horizontale.

À l’époque de sa mort, Boulanger vivait séparément de sa femme depuis une quinzaine d’années, cette dernière habitant à Montréal. Depuis, Boulanger vivait seul. En somme, on comprit que la thèse du crime passionnel fut écartée dès le départ. Selon certains témoins rencontrés dès les premières heures, Boulanger se souciait assez peu des affaires concernant son restaurant. Puisque ses poches semblaient avoir été retournées, la police s’orienta rapidement vers la piste du vol.

La reconstitution des dernières heures de la vie de la victime permit d’apprendre qu’au cours de l’après-midi du lundi 16 septembre, Boulanger se serait rendu à Trois-Rivières afin d’assister à la convention du parti Libéral alors qu’il avait une somme de 300$ dans ses poches. D’ailleurs, il aurait montré ces billets à plusieurs amis au cours de la journée en disant qu’il souhaitait s’acheter un cheval. Le même soir, on l’aurait vu rentrer chez lui en compagnie de deux hommes qui ne furent jamais identifiés. Selon La Patrie, ceux-ci auraient toutefois été interrogés par les policiers, qui apprirent que les deux hommes auraient simplement pris quelques verres en compagnie de Boulanger avant de quitter. Au moment de partir, les deux inconnus décrivirent la victime comme étant de bonne humeur, si bien que Boulanger leur aurait de nouveau montré sa liasse d’argent.

Sans qu’on puisse connaître tous les détails de l’enquête, puisque le dossier judiciaire aux archives nationales aurait été détruit, la police orienta rapidement ses soupçons vers un dénommé Freddy Pellerin. Le costume qu’il aurait porté au soir du 16 septembre fut confisqué par la police et confié au Dr Fontaine, qui y décela de fines gouttelettes de sang.

Le procès de Freddy Pellerin s’ouvrit devant le juge H.-A. Fortier au palais de justice de Trois-Rivières le 29 octobre 1935. La défense de l’accusé était assurée par Me Gustave Poisson et son jeune protégé Me Heaton, qui venait à peine de s’installer dans la capitale mauricienne. Quant à la Couronne, elle fut représentée par Me Philippe Bigué, un vieil habitué des grandes causes de meurtres en Mauricie depuis le début du siècle.

Bien qu’aujourd’hui cette affaire semble avoir été oubliée, le quotidien Le Nouvelliste soulignait que « cette cause soulève un intérêt considérable dans notre ville et la salle d’audience est trop petite pour contenir tous les curieux qui voudraient suivre cette cause. Un grand nombre de personnes ont guetté, hier, son arrivée au Palais de Justice ou son départ au commencement et à la fin de chacune des séances »[i].

Le procès se concentra d’abord à la description de la scène de crime, incluant les résultats de l’autopsie. Ensuite, on comprit que l’habit ayant été soumise aux analyses avait été confisquée dans un placard, ce qui n’excluait donc pas le fait que quelqu’un d’autre que l’accusé ait pu le porter le soir du meurtre. D’après les comptes rendus des journaux de l’époque, le seul autre élément à charge contre Pellerin résidait dans le fait que les gouttelettes retrouvées sur ses pantalons avaient le même aspect que les éclaboussures retrouvées dans l’appartement de la victime. À cette époque, évidemment, on était encore loin de l’avancée technologique de l’ADN et de l’étude des projections de sang.

Finalement, le procès permit aussi de mettre en lumière le fait que Boulanger s’adonnait à la vente d’alcool de contrebande, mais on ne découvrit apparemment aucun autre indice pour développer cette piste, si ce n’est qu’il aurait refusé d’en vendre à Pellerin quelques semaines auparavant.

Dans sa plaidoirie du 2 novembre, Me Poisson fit valoir que selon l’alibi de son client celui-ci n’avait pu avoir commis le crime.

Suite aux directives du juge, les jurés ne délibérèrent qu’une trentaine de minutes pour revenir avec un verdict d’acquittement. Dès lors, Pellerin se rendit aussitôt serrer la main de ses avocats. Me Poisson et Me Heaton jubilèrent, tous deux conscients qu’ils venaient d’épargner la potence à leur client.

On ignore ce que Freddy Pellerin est devenu par la suite. Avait-il réussi à échapper à la justice? Boulanger aurait-il été assassiné par ces deux hommes non identifiés qui avaient pris quelques verres en sa compagnie dans la soirée du 16 septembre? Ou alors peut-on envisager la possibilité d’un assassin opportuniste?

Quoi qu’il en soit, 80 ans plus tard son meurtre demeure un mystère complet.


[i] Le Nouvelliste, 30 octobre 1935.

L’affaire Andrew Day ranime de vieux souvenirs

16 décembre 2014 - reportage de Pierre Marceau         Suite à mon dernier article concernant le lien entre la démolition actuelle de l’église de la paroisse St-Philippe à Trois-Rivières et l’affaire Andrew Day, le journaliste Pierre Marceau de Radio-Canada m’a invité à participer à un reportage qui fut présenté au bulletin du Téléjournal Mauricie le 16 décembre dernier. C’était l’occasion de souligner ce triste anniversaire puisque le même jour il y avait 85 ans qu’Andrew Day, un employé de la St-Lawrence Paper, tuait sa femme et ses sept enfants à coups de hache avant de tenter de s’enlever la vie en se tranchant la gorge.

Il s’agit d’un cas assez unique dans les annales judiciaires québécoises.

Toutefois, le reportage fut l’occasion de réveiller certains souvenirs. Au cours des derniers jours, il m’a été possible de discuter avec deux anciennes résidentes de la paroisse St-Philippe. Toutes deux nées dans les années 1930, le reportage de Pierre Marceau a réveillé chez elles le souvenir de ce qui se disait à une certaine époque à propos de l’affaire Day. L’une d’elle m’a d’ailleurs raconté que son père, âgé de 25 ans au moment de la tuerie, avait parlé de cette histoire à plusieurs reprises au sein du foyer familiale.

Évidemment, on peut comprendre le souvenir traumatique que cette tuerie a pu susciter auprès des gens du quartier. Les comptes rendus journalistes de l’époque, principalement ceux du Le Nouvelliste, rappellent que le drame s’est déroulé au 13 de la rue Laurier, dans une résidence appartenant à un certain Cyriac Dupont, qui fut d’ailleurs appelé à témoigner lors du procès de mars 1930.

Aujourd’hui, le 13 de la rue Laurier est un numéro civique qui n’existe plus. A-t-on détruit une portion des bâtiments ou procédé à un remaniement quelconque des adresses?

Quoi qu’on en dise, l’affaire Andrew Day mérite sa place dans notre patrimoine judiciaire, et c’est pourquoi une histoire plus complète de cette cause fait déjà l’objet de tout un chapitre dans mon projet qui porte le nom temporaire de Les grands procès de la Mauricie 1900-1950 et sur lequel je travaille depuis 2010. On y retrouvera les procès les plus marquants de cette période, dont la plupart se sont déroulés au palais de justice de Trois-Rivières.

Il est également possible de visionner le reportage directement sur le site de Radio-Canada à l’adresse suivante:

http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/12/17/001-andrew-day-meutre-enfants-femme-eglise-saint-philippe.shtml