Lancement du livre « L’affaire Blanche Garneau »


ScreenHunter_614 Apr. 19 16.42            L’auteur Eric Veillette, qui a fondé le blogue Historiquement Logique en 2010 et qui depuis 2014 vous a offert trois études de cas, est fier de vous présenter le résultat de sa toute dernière révision de dossier judiciaire sous le titre de L’affaire Blanche Garneau.

            Son étude exhaustive des quelque 4 600 pages du dossier l’amène à conclure que les archives ont toujours des informations inédites à nous livrer sur des histoires que l’on croit connaître.  Si les Américains ont l’affaire du Dahlia Noir en guise d’énigme policière, nous avons la nôtre avec Blanche Garneau, qui se traduit par notre plus grand mystère criminel du 20e siècle.  Ce nom est à retenir.  L’histoire de cette jeune femme a plusieurs leçons à nous livrer, même après un siècle.

            Blanche Garneau était une jeune vendeuse de thé sans histoire âgée de 21 ans.  Elle fut sauvagement violée et assassinée dans le parc Victoria, à Québec, en juillet 1920.  En dépit de plusieurs enquêtes, dont une commission royale mise sur pied par le premier ministre de l’époque Louis-Alexandre Taschereau, ce meurtre n’a jamais été résolu.

            Eric Veillette a abordé ce dossier comme il l’a fait précédemment pour son succès L’affaire Aurore Gagnon : le procès de Marie-Anne Houde (2016), c’est-à-dire en se familiarisant d’abord avec tous les documents du dossier afin de le présenter dans un ordre chronologique.  Il s’est ensuite obstiné à vérifier plusieurs dossiers connexes susceptibles d’avoir des liens.  Sa technique d’enquête historique lui a permis de découvrir deux nouveaux suspects qui, jusqu’à maintenant, avaient été ignorés par les policiers et les chercheurs.  Il a même retracé l’un d’eux jusqu’à son dernier repos, à Montréal.

            Dans la région de Québec, le nom de Blanche Garneau raisonne encore comme une légende politico-policière, mais fut-elle réellement entachée par un complot politique?  Ou n’est-ce pas là un simple meurtre sordide à caractère sexuel?

            Les leçons à tirer de ce célèbre crime non élucidé auront de quoi surprendre, en plus d’établir quelques liens sérieux avec certaines tendances que nous connaissons actuellement dans le traitement réservé à certaines affaires judiciaires de ce début de 21e siècle.

            Le livre L’affaire Blanche Garneau, qui compte 410 pages et plusieurs illustrations, est disponible dès maintenant.  Pour commander votre exemplaire, adressez-vous à votre libraire ou contactez la librairie l’Exèdre au 819-373-0202 (Trois-Rivières).

Pour les lecteurs européens, il est préférable de contacter l’auteur par courriel : eric.veillette@hotmail.ca (transaction par Western Union).

Finalement, le livre est aussi disponible sur Amazon.

 

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Blanche Garneau: l’origine de la rumeur?


Blanche Garneau - L'Action Catholique 30 juillet 1920
Blanche Garneau

            Un siècle plus tard, le meurtre non résolu de Blanche Garneau suscite toujours l’intérêt mais surtout les ragots.  En fait, cette affaire a bien mal commencée en 1920.  Le souhait de vouloir obtenir des réponses à tout prix a sans doute contribué à décocher des flèches dans toutes les directions.  Et si on ajoute à cela une incroyable incompétence ou paresse policière, tous les ingrédients sont réunis pour que justice … ne soit pas rendue.

            Au cours des dernières années, on m’a rapporté que certaines personnes se servent sporadiquement de cette affaire pour critiquer vertement le milieu politique, qu’il soit actuel ou passé.  Car, faut-il le préciser, l’affaire Blanche Garneau colporte son lot de rumeurs politiques.  En fait, on raconte encore à qui veut l’entendre que le meurtre de cette jeune femme a été couvert par certains politiciens en raison du fait que parmi les assassins on retrouvait des fils de députés libéraux.  Il ne suffit que d’un pas supplémentaire pour engouffrer dans cette théorie du complot le premier ministre lui-même, Louis-Alexandre Taschereau.

            Revenons d’abord sur les circonstances du crime.

            Le 22 juillet 1920, Blanche Garneau, 21 ans, ferma la boutique de thé dans laquelle elle travaillait sur la rue St-Vallier avant d’entamer son trajet habituel lui permettant de rentrer chez elle.  Accompagnée par une amie qui la laissa à l’entrée du pont de l’avenue Parent, qui conduisait dans le parc Victoria, il était 19h00 lorsqu’elle s’éloigna toute seule au-dessus de la rivière St-Charles.  Blanche habitait rue François 1er, dans le quartier de Stadacona.  Il lui fallait donc franchir un deuxième pont pour atteindre ce quartier.  Mais ce soir-là, elle n’y arriva jamais.  On ne devait plus la revoir vivante.

            Dans la soirée du 28 juillet, son corps fut retrouvé par un jeune garçon qui rôdait dans le secteur avec l’envie de se baigner dans la rivière St-Charles.  Le corps était recouvert d’un drap blanc.

            De nos jours, le commun des mortels connaît l’importance de protéger une scène de crime, que ce soit pour y figer dans les temps les différents éléments ou pour retrouver des indices supplémentaires.  Mais voilà!  Au soir du 28 juillet, bien que la police fut la première avertie, aucun détective de la section criminelle de la Ville de Québec ne se présenta sur les lieux.  Non seulement la scène ne fut pas protégée, mais le détective Lauréat Lacasse, le premier chargé de l’enquête, mit quelques jours avant de se rendre sur les lieux.  Et encore!  Il n’y resta que quelques minutes.

            Pour cette raison, les témoignages des premières personnes à débarquer sur les lieux prennent toute leur importance.  Et c’est peut-être là que se trouve la clé d’une incroyable mésentente qui dure toujours, près d’un siècle plus tard.

            Lors de l’enquête du coroner, conduite par Georges William Jolicoeur, on entendit le vieux gardien du parc qui fut alerté le 28 juillet par le jeune garçon qui venait de trouver le corps.  Celui-ci affirma ne pas avoir vu de traces humaines dans les herbes se situant entre le corps et la voie ferrée des tramways.  Rapidement, ses réflexions se retrouvèrent dans les journaux.  Selon lui, il fallait que le ou les tueurs soient passés par la rivière St-Charles pour y déposer le corps.  C’était la seule façon d’expliquer cette absence de traces de pas.

            Si on accepte cette théorie, il est vrai qu’on imagine aisément la présence d’au moins deux hommes pour pouvoir manipuler un corps à partir d’une petite embarcation.

            Le problème avec cette conception du complot, c’est que le gardien de parc était alors le seul à la soutenir.  Le thanatologue Ulric Moisan, qui se chargea d’emporter le corps, ce qui lui avait permis de noter plusieurs détails, se montra en désaccord avec le gardien.  Moisan mentionna avoir vu un petit sentier piétiné reliant les voies ferrées et le site du crime.  De plus, les deux garçons qui avaient sonné l’alerte ce soir-là se rangèrent derrière l’avis de Moisan.  Eux aussi avaient vu des signes de mouvements terrestres, au point de parler de quelques branches cassées.

            Malheureusement, l’idée du vieux gardien intéressa les journaux et l’histoire fit boule de neige.  Il a toujours été plus intéressant pour le commun des mortels de laisser son imagination divaguer vers des histoires rocambolesques et libres de toute contrainte plutôt que de s’attacher à une réflexion digne de ce nom à partir des éléments concrets d’une enquête judiciaire.

            Est-ce une réaction malhonnête que de se servir maladroitement d’une histoire ancienne comme celle de Blanche Garneau sans faire un minimum de vérifications?  Une étude exhaustive du dossier judiciaire éviterait-elle une telle déviance sociale?

            Ou alors est-ce une habitude malsaine entretenue par certains médias?  On se souviendra, encore une fois à Québec, à quel point on avait couvert le procès de Benoît Proulx au début des années 1990 dans l’affaire du meurtre de France Alain.  Certains animateurs de radio dépourvus de toute objectivité ont traîné cet animateur de radio dans la boue.  Heureusement, Proulx a fini par être acquitté et même dédommagé, et cela avec raison.  Après tout ce qu’il avait subi au sein de ce traitement malhonnête englobant peut-être d’autres instances que celles des médias radiophoniques, cet homme mériterait qu’on l’écarte définitivement des rumeurs de cette autre affaire non résolue.

            Car il est là le problème : certaines personnes se permettent de dire n’importe quoi.  Sans moyen pour les contrecarrer, le public finit par les croire.  Et le mal est fait!  Les rumeurs s’incrustent, au point d’être confondues parmi les faits historiques.

            Dans le cas de Blanche Garneau, les choses empirèrent constamment.  Après un procès qui frustra le public par un double acquittement à l’automne 1921, on voulut trouver des suspects à tout prix et les rumeurs reprirent de plus belles.  Ces ragots gagnèrent une telle ampleur que le gouvernement Taschereau ouvrit une Commission d’enquête royale à l’automne 1922 pour tenter de tirer les choses au clair.  En dépit de l’apparition de quelques éléments nouveaux, cette enquête se solda par un rapport tout à fait ridicule.  On ne blâmait personne, alors que la police de Québec n’avait visiblement pas fait son travail correctement.  De plus, les procureurs avaient omis certaines questions pourtant primordiales.

            En 1954, le très « crédible »[1] hebdomadaire Allô Police, se permettait un article sur l’affaire Blanche Garneau, dans lequel on parlait uniquement de la théorie du complet, en plus de présenter quelques faux éléments.  En 1978, une auteure peu rigoureuse reprit les informations contenues dans cet article sans trop se questionner.  La machine à rumeurs, apparemment, s’était déjà enclenchée.

            Il fallut attendre 1983 pour qu’un premier auteur sérieux, Réal Bertrand, accepte de confronter le dossier judiciaire.  Dans son livre Qui a tué Blanche Garneau?, il présentait beaucoup plus de détails que tout ce qui avait été publié avant lui.

Malheureusement, Bertrand commet plusieurs erreurs, dont certaines qui laissent croire qu’il n’a pas tout lu.  Car lui aussi hésite devant la théorie du complot.  Elle lui semble attirante, alors qu’en réalité le dossier ne comporte aucun élément probant en ce sens.

            Bref, le cas de Blanche Garneau est un exemple parfait et très direct de ce que les médias ne doivent pas faire, mais aussi une leçon qui cible le comportement du public.

            Puisque mon étude exhaustive du dossier de Blanche Garneau, conservé dans les voûtes de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), m’a permis de réaliser un manuscrit complet sur cette affaire, nous y reviendrons plus en détails.


[1] Évidemment, je suis sarcastique.

Blanche Garneau, symbole des affaires non résolues


Blanche Garneau, peu de temps avant son assassinat.
Blanche Garneau, peu de temps avant son assassinat.

En 1920, Blanche Garneau avait 21 ans. Elle habitait dans le quartier de Stadacona à Québec, rue François 1er, et travaillait dans une boutique de thé situé sur la rue St-Vallier dans le quartier Saint-Sauveur, de l’autre côté de la rivière St-Charles. Chaque jour, elle empruntait un premier pont pour traverser le Parc Victoria et un deuxième pour aboutir à quelques rues de son lieu de travail.

Au soir du 22 juillet 1920, son amie Edesse Mai Boucher, également âgée de 21 ans, l’accompagna sur une portion du trajet, la quittant sur l’avenue Parent (maintenant rue Simon-Napoléon Parent) devant le pont donnant accès au parc.   C’est la dernière fois qu’elle devait la voir en vie.

Un instant plus tard, le gardien du parc, un vieil homme de 70 ans, la verra passer devant lui avec un jeune homme qui la suivait à une distance qu’il estimera plus tard à environ 80 pieds. Ce jeune homme ne sera jamais identifié.

Et ensuite, plus rien! La jeune femme s’était volatilisée; du moins pendant six jours.

Le 28 juillet, c’est dans le Parc Victoria, sur le trajet qu’elle avait l’habitude d’emprunter, que le corps de Blanche fut retrouvé. Elle reposait sur le dos, dans des broussailles en bordure de la rivière. Rapidement, la ville fut ameuté et la scène de crime contaminé. Étrangement, aucun détective ne se présenta sur les lieux avant que le corps soit transporté. En fait, l’enquête démontrera plus tard qu’il s’écoula plusieurs jours avant qu’un premier détective daigne se présenter sur place pour tenter de comprendre ce qui s’était produit.

Le soir même de la découverte, le corps fut rapidement amené au centre funéraire Hubert Moisan, où le Dr Albert Marois[1] procéda à l’autopsie dès le lendemain. En dépit de la décomposition avancée, celui-ci déterminera que la victime avait été étranglée. D’autres analyses réalisées par le Dr Wilfrid Derome établiront qu’elle avait été violée. Malheureusement, la science judiciaire de l’époque ne permettait aucune possibilité d’identification à partir d’un échantillon de sperme.

L'auteur devant la pierre tombale de Blanche Garneau, été 2015, cimetière St-Charles, Québec.
L’auteur devant la pierre tombale de Blanche Garneau, été 2015, cimetière St-Charles, Québec.

L’enquête du coroner Georges William Jolicoeur se prolongera durant tout le mois d’août, mais sans être en mesure d’identifier un responsable. L’enquête policière se mit alors à piétiner.

Puis en décembre, un ancien soldat du 22ème Régiment, Henri Duval alias Casabon (ou Casaubon), fit d’étranges aveux à un détective privé. Il prétendait s’être retrouvé dans le Parc Victoria au soir du 22 juillet et, complètement ivre, avoir vu deux hommes assassiner la jeune femme. Malheureusement, cet ivrogne était incapable de donner leurs noms. Pourtant, il prétendait les avoir côtoyé à quelques reprises. Sa déclaration fut plus tard écartée lorsqu’on découvrit que Duval était incarcéré à la prison de la Citadelle au moment du meurtre et de la découverte du corps.

Pendant ce temps, une autre piste émergea, cette fois en Ontario. Louis Dubé, un détenu récemment libéré, se présenta dans le cabinet d’un jeune avocat de Sudbury pour lui confier avoir entendu un codétenu lui avouer être l’auteur du meurtre de Québec. Dubé identifiera le suspect comme étant Raoul Binet alias Legault.

Il fallut quelques semaines à la police pour mettre la main au collet de Binet, qui admettra effectivement avoir été sur les lieux en compagnie d’un dénommé William Frederick Palmer. Binet fera donc des aveux incriminants pour Palmer.

Après une enquête préliminaire qui se déroula au printemps 1921, Binet et Palmer subirent leur procès à l’automne au palais de justice de Québec devant le juge G. F. Gibsone. À la lecture du procès, on se rend compte que la Couronne possédait bien peu de preuves contre les deux accusés, hormis les aveux de Binet, qui présentaient d’ailleurs quelques failles. De plus, ce dernier reviendra sur ses aveux. Quant à la Défense, en dépit de ce que certains auteurs ont dit par la suite, elle présenta une preuve d’alibi assez chancelante.

Alors, Binet et Palmer étaient-ils les assassins de Blanche Garneau?

Devant un doute raisonnable, les douze jurés décidèrent de les acquitter. L’enquête revenait donc au point de départ. Tout était à recommencer.

Insatisfaite de ce verdict, la population se tourna à nouveau vers les ragots afin de chercher ses propres réponses. L’une de ces médisances affirmait que deux politiciens ou fils de politiciens étaient directement impliqués dans le meurtre. On sait que devant l’incompréhension la population a parfois tendance à imaginer des complots plus grands que nature. La rumeur publique prit une telle ampleur que le gouvernement de Taschereau n’eut d’autre choix que de mettre sur pied une Commission royale d’enquête dès l’automne 1922.

Les deux suspects désignés par la rumeur publique furent entendus, mais sans résultat. L’hypothèse selon laquelle ils étaient les tueurs ne reposait sur aucune preuve tangible. Malgré tout, cette Commission permit de faire ressortir des éléments de preuve qui n’avait pas été présentés ou retenus lors du procès. Maintenant que Binet et Palmer étaient officiellement disculpés, tout le monde était redevenu un suspect potentiel. Certains d’entre eux furent entendu devant la Commission, mais sans pour autant qu’il y ait de développement intéressant.

Au milieu des années 1950, Allô Police publia un texte pour rappeler l’affaire. Son auteur se laissa cependant emporter par l’hypothèse désuète entretenue autrefois par la rumeur publique. En 1978, Andrée LeBel, dans son livre Crimes plus que parfaits, parfaits et imparfaits, consacra un petit chapitre à l’affaire Blanche Garneau. Plus objective, elle parla de cette rumeur comme d’une hypothèse parmi tant d’autres.

En 1983, Réal Bertrand publia Qui a tué Blanche Garneau?, un livre de plus de 200 pages dans lequel il démontrait avoir consulté le dossier judiciaire, bien qu’il décidera d’en ignorer plusieurs éléments. Logiquement, Bertrand écarta l’hypothèse de l’implication politique. Rigoureux, il s’attardera justement au contexte politique et policier de cette affaire, sans toutefois présenter des extraits de témoignages. En fait, il ne consacra qu’un seul chapitre au procès de Binet et Palmer.

Toutefois, dans ses dernières pages, Bertrand présentait un suspect fort intéressant qui semble avoir été ignoré depuis toujours. Avait-il mis le doigt sur le coupable sans le savoir?

En 1998, le roman Un viol sans importance (réédité quelques années plus tard sous le titre Haute ville, basse ville) s’inspira directement de cette affaire. Encore une fois, son auteur, Jean-Pierre Charland, y reprit l’hypothèse de l’implication politique, une version évidemment plus intéressante pour les lecteurs mais qui s’éloigne de la vérité. En fait, la plupart des cas de meurtres non résolus qui ont finis par trouver un dénouement nous apprennent que la solution du problème est souvent bien plus « ordinaire » que ne voulait d’abord le croire le public.

Moi-même penché sur ce dossier judiciaire depuis des mois, j’arrive à démystifier certains détails. Par exemple, la théorie selon laquelle Blanche Garneau avait l’intention de se faire religieuse en intégrant la communauté des Sœurs Servantes du Saint Cœur de Marie semble fausse. Le 12 décembre 2015, Sœur Monique Roy, s.s.c.m., me confirmait n’avoir dans ses archives aucune demande d’admission au nom de Blanche Garneau, comme le prétendait Bertrand en 1983 et comme d’autres auteurs l’ont repris ensuite.

Chose certaine, l’affaire Blanche Garneau fut une cause énorme pour l’époque, d’autant plus que le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau avait été appelé à témoigner à la Commission royale de 1922. Quoique ce dossier ait perdu de son importance tout au long du 20ème siècle, le nom de Blanche Garneau demeure le symbole incontesté des affaires non résolues au Québec, non seulement par le fait d’avoir ébranlé le gouvernement de l’époque ou par l’importance des procédures qui lui furent consacrées, mais aussi par le mystère qu’il continue de susciter près d’un siècle plus tard.

[1] Le Dr Marois s’était rendu célèbre pour avoir pratiqué l’autopsie sur le corps de la jeune Aurore Gagnon, quelques mois auparavant.