Prenez l’autre route!

John King Fisher
John King Fisher

Si on pouvait remonter le temps et se balader à cheval dans une certaine région du Texas, vous croiseriez probablement une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « this is King Fisher’s road.  Take the other one » (Ceci est la route de King Fisher.  Prenez l’autre route).  Et, croyez-moi, il vaudrait mieux suivre le conseil.

John King Fisher a vu le jour en 1854 à Fannin, dans le Collin County, au Texas.  Au cours de son enfance, son père, qui travaillait comme camionneur, l’a souvent amené avec lui pour lui faire découvrir pratiquement tous les recoins du Texas.  En 1869, pour des raisons qu’on ignore, son père l’envoya vivre avec des amis qui habitaient près de Florence, Texas.  John était apparemment un garçon calme et apprécié de tous, mais il a cependant fini par violer la loi en prenant le cheval d’un homme, soi-disant pour le « libérer », peut-être parce que l’animal était maltraité.  Arrêté, il s’évada peu de temps après pour fuir la région.  Il n’y a jamais remis les pieds.

À l’automne de 1870, c’est en compagnie d’un complice que King Fisher s’introduisit dans une maison pour y commettre un vol.  En dépit de ses 16 ans, il fut condamné à deux ans de détention à la Rusk Prison de Huntsville.  Heureusement pour lui, il se mérita un pardon après seulement quatre mois d’incarcération.

Peu temps après, il semble que son audace et sa dextérité avec les armes à feu lui ait mérité un emploi.  Engagé par des ranchers, il devait maintenant traquer les voleurs de bétail.  À cette époque, il s’agissait d’un emploi presque suicidaire puisque la région était infestée de dangereux voleurs prêts à tout pour ne pas se faire prendre et les Mexicains étaient nombreux à franchir la frontière pour venir prendre leur part du gâteau.

Quoi qu’il en soit, il fallut peu de temps à Fisher pour se faire respecter et son nom devint rapidement synonyme de terreur pour les voleurs de bétail.  Graduellement, le taux de criminalité diminua et c’est à cette époque qu’on racontait qu’il lui suffisait d’installer une pancarte portant son nom pour éloigner les durs à cuire à tout acabit.

Physiquement, Fisher mesurait environ 6 pieds et pesait 185 livres.  On disait de lui qu’il avait l’habitude de porter de belles chemises, ainsi qu’une veste brodée de fil doré.  Une rumeur plus farfelue le décrivait aussi avec des chaps (chapajeros ou jambières de cuir) en peau de tigre.

Bien qu’aujourd’hui il reste connu comme ayant été un homme terrain, on disait de lui qu’il avait de bonnes manières et se faisait facilement des amis.  Évidemment, ceux qui le connaissaient bien savaient pertinemment qu’il pouvait aussi se transformer en homme impitoyable.  Par exemple, le jour de Noël 1876 il aurait tué un dénommé William Donovan, et peu après aurait refroidi trois hommes lors d’un seul incident.  Ceux-ci avaient eu le malheur de sous-estimer ses talents au revolver.

Mais Fisher n’était pas un incorruptible et les Texas Rangers commencèrent à enquêter sur lui, le soupçonnant de s’adonner lui-même au vol de bétail.  En peu de temps, ils accumulèrent 21 chefs d’accusation.  Malgré tout, King Fisher passa seulement cinq mois derrière les barreaux à San Antonio.  Après sa libération, il démontra une réelle volonté de rester dans le droit chemin.  Il se maria et devint père de trois enfants.  De plus, il décrocha un poste de shérif adjoint dans l’Uvalde County, Texas.  Une fois de plus, il se remit à pourchasse les voleurs de bétail, à seule différence que cette fois il portait l’insigne de représentant de l’ordre.

En 1883, les hors-la-loi Tom et Jim Hannehan attaquèrent une diligence entre San Antonio et El Paso.  Après s’être lancé à leurs trousses, King Fisher les localisa finalement sur un ranch et ne tarda pas à les confronter.  Décidé à résister à son arrestation, Tom tenta de sortir son arme mais Fisher le refroidit en l’espace d’un seul clin d’œil.  Devant la mort de son frère, Jim rendit alors les armes.

Les citoyens de la région furent impressionnés par les talents de King Fisher, si bien que les rumeurs se multiplièrent concernant ses chances d’être élu shérif aux prochaines élections de 1884.  L’ancien voyou semblait donc être sur la route de la réhabilitation.

L’apparition des nouvelles lois concernant l’arrivée du fil barbelé, qui prévoyait déjà la fin des grandes expéditions de bétail et les immenses troupeaux gardés en liberté, força Fisher à réaliser la complexité du problème.  Tourné vers l’avenir, il décida alors de se rendre jusqu’à la capitale d’Austin afin d’y étudier les lois en lien avec sa profession de représentant de l’ordre.  Sur place, il retrouva son vieil ami Ben Thompson, qui lui aussi s’était rendu célèbre par ses prouesses avec les armes.

Pour célébrer leurs retrouvailles, Fisher et Thompson firent la tournée des saloons.  Au soir du 11 mars 1884, les deux amis entrèrent au Turner Opera House de San Antonio pour y prendre quelques consommations.  Quelques minutes plus tard, Joe Foster, Billy Simms et Jake Coy, tous trois armés, s’approchèrent.  Ces trois voyous avaient l’intention de venger un de leurs amis qui avait été tué par Thompson.

Une violente fusillade éclata.  Lorsque la fumée se dissipa enfin à l’intérieur de l’établissement, John King Fisher et Ben Thompson gisaient sur le plancher, morts.  Foster succomba à ses blessures peu de temps après.  Fisher avait été atteint de 13 projectiles et n’avait apparemment pas eu le temps de se servir de son revolver.  Étrangement, il perdait la vie dans une affaire qui ne le concernait pas.

 

James Madison Brown

(Illustration: E. Veillette 2008)
(Illustration: E. Veillette 2008)

Au Far West, la ligne séparant la loi de la criminalité pouvait s’avérer être très mince, et parfois même inexistante.  L’un des personnages qui représente sans doute le mieux cette situation est James Madison Brown, une personnalité parfois difficile à cerner et qui, malheureusement, n’a laissé aucune photo connue de son apparence physique.

Né vers 1838, Brown occupa le poste de shérif du Lee County, au Texas, du 15 février 1876 jusqu’au 4 novembre 1884.  Au cours de ces huit années il eut l’opportunité de confronter plus d’un criminel et de commettre quelques meurtres au nom de la loi, ce qui était souvent considéré à l’époque comme une nécessité.  Son expérience au cours de la Guerre de Sécession n’était pas à dédaigner, d’autant plus qu’il avait aussi travaillé comme policier d’État et milicien dans le Washington County.  Avec un tel bagage il bénéficiait d’une bonne réputation.  Reste à voir ce qu’il allait en faire.

Sa première victime en devoir fut Hugh McKeown, le marshal de la ville de Giddings, siège social du Lee County, Texas.  Le 4 mai 1877, c’est à bout portant que le Shérif Brown lui aurait tiré une décharge de fusil de chasse en pleine tête.  Malheureusement, le motif exact de l’affrontement demeure inconnu.  McKeown se trouvait avec son fils sur la galerie d’une boutique lorsque Brown s’est approché pour lui demander calmement d’écarter son fils.  Lorsque le jeune garçon fit quelques pas pour sortir du champ de vision de Brown, ce dernier pressa froidement la détente.  Les journaux parlèrent de cette exécution comme étant le résultat d’une vieille querelle.  Le Shérif Brown eut évidemment droit à un procès au terme duquel il fut acquitté, probablement en raison de la peur qu’il entretenait face aux jurés.

Le 21 mai 1878, à l’intérieur même du palais de justice du San Saba County, le procureur Thomas G. T. Kendall tua William A. Brown, le frère du Shérif Brown.  À une époque où les avocats se présentaient parfois devant les tribunaux avec un revolver sous leur veste, Kendall aurait agis par une certaine forme de légitime défense puisque William Brown aurait eut l’intention d’abattre un autre procureur nommé S. S. Brooks.  Bien entendu, James Madison Brown jura de venger la mémoire de son frère.

Puisque Thomas Kendall fut arrêté par les Texas Rangers en lien avec l’incident du 21 mai, Brown décida de concentrer sa colère vers Brooks.  Le 18 septembre 1878, 13 jours après son acquittement pour le meurtre de McKeown, Brown passa de nouveau à l’action.  Trois hommes à cheval débarquèrent chez Brooks, qui fut abattu en essayant de prendre la fuite.  Toutefois, avant de succomber à ses blessures, il parvint à identifier l’un de ses agresseurs : le Shérif Brown.  Malgré cela, la justice considéra qu’on manquait de preuve et aucune accusation ne fut déposée contre Brown.

Bill Longley, le tueur notoire du Texas qui affirmait avoir refroidi 32 hommes, fut arrêté en Louisiane le 13 juin 1877.  Ce sera cependant au Texas qu’il sera jugé et condamné à la pendaison.  Le 11 octobre, ce fut le Shérif Brown lui-même qui se fit un malin plaisir d’ajuster le nœud autour du cou de Longley, en plus d’actionner la manette ouvrant la trappe sous les pieds du condamné.  Brown se chargea également de l’enterrer au cimetière de Giddings avant d’envoyer sa facture à l’administration du comté.

Dans notre société contemporaine qui se fait beaucoup plus critique sur le comportement humain on pourrait évidemment s’étonner devant la confiance que les citoyens du Lee County éprouvaient pour le Shérif Brown car ceux-ci votèrent encore pour lui le 20 novembre 1878, lui ouvrant les portes d’un second mandat.

Moins de deux ans plus tard, le 10 janvier 1880, un dénommé Sam Sparks, dont le frère aurait participé à un attentat contre Brown en 1876, fut mystérieusement assassiné dans une rue de Giddings.  Selon toute vraisemblance, Brown n’était pas présent sur les lieux du meurtre de Sparks, mais on croit qu’il aurait engagé John Carlisle et Ed Myers pour exécuter la sale besogne.  Bref, d’une manière ou d’une autre, James Madison Brown semblait être le genre d’homme qui finissait toujours par régler ses comptes.

En avril 1881, c’est dans un contexte « plus respectable » de son travail que Brown et ses adjoints durent abattre un homme en fuite du nom de Wessen qui avait tenté de tuer son ex-femme et l’amant de celle-ci lors d’une violente crise de rage.  La scène se déroula dans un champ de maïs, où Wessen refusa de se rendre tout en ouvrant le feu sur les représentants de l’ordre.  Brown et ses compagnons ripostèrent aussitôt pour le trouer de cinq projectiles.

En 1884, Lucy, la fille de 15 ans de Brown, tomba amoureuse d’un garçon nommé Owens.  Bien entendu, le shérif désapprouva cette relation.  Comme dans certaines histoires d’amour, le jeune couple planifia sa fuite tandis que Brown se trouvait hors de la ville.  Ce que les jeunes inséparables n’avaient cependant pas prévu, c’est que la mère de Lucy envoya un télégramme à son dangereux mari pour lui signaler de revenir à la maison le plus tôt possible.  Peu de temps après, Brown revenait chez lui pour abattre Owens de cinq projectiles.  Le shérif expérimenté sur les deux côtés de la ligne séparant l’ordre de la criminalité, expliqua plus tard qu’en rentrant chez lui il s’était dirigé vers sa grange pour y vérifier un bruit suspect.  Lorsqu’un tir provenant de l’intérieur lui avait effleuré le côté, il avait alors riposté en tirant à cinq reprises.  La question était de savoir s’il s’agissait d’une mise en scène ou d’un acte réel de légitime défense.  Quoi qu’il en soit, la Justice préféra sa version et aucune accusation ne fut portée.

Lorsque son quatrième mandat prit fin en novembre 1884, James Madison Brown étonna tout le monde en décidant de changer de carrière.  Convaincu qu’il pouvait réussir dans le domaine de l’élevage des chevaux en raison de son flair pour repérer les bêtes gagnantes, on raconte qu’il aurait réussi à amasser une véritable fortune en pariant aux courses.  Avec ses propres chevaux, il fréquenta les pistes de course de Memphis, Nashville, Lexington, St. Louis et Chicago.  Cette nouvelle routine semblait indiquer qu’il avait enfin tiré un trait définitif sur son passé teinté de violence.  Le problème, cependant, c’est qu’il avait commis une erreur qui allait bientôt le rattraper.

Ike Sparks, le frère de Sam assassiné par Brown en 1880, refit surface dans le seul but d’assouvir sa vengeance.  Ike était devenu représentant de la loi mais, contrairement à l’assassin de son frère, il opta pour la méthode légale et fit une requête officielle afin d’obtenir un mandat d’arrestation contre Brown.  Ses démarches poussèrent les autorités à réagir.  Le 2 septembre 1892, le chef de la police de Chicago, un dénommé McClaughry, dirigea une descente sur la piste de course du Garfield Park.  On y procéda à l’arrestation de 33 personnes, dont des officiels, des jockeys et même des agents Pinkerton engagés pour la sécurité du site.  Le 3 septembre, une autre descente impliquant 150 policiers se déroula au même endroit.  On semblait déterminé à enrayer les actes illégaux et la corruption entourant les courses de chevaux, tout en espérant également prendre Brown dans les filets.

Le 5 septembre, ce fut une force massive composée de 500 policiers qui frappa et le lendemain une autre impliqua cette fois les 300 meilleurs policiers de la ville.  Jusque là, les opérations s’étaient bien déroulé, mais celle du 6 septembre tourna rapidement au vinaigre pour une seule raison : la présence de James Madison Brown.

Brown avait déclaré un peu plus tôt que la police n’arriverait jamais à le prendre vivant et qu’il n’hésiterait pas à ouvrir le feu sur tous les agents qui oseraient tenter de l’approcher.  Malheureusement, l’ancien shérif texan tint promesse.

Lorsque la descente débuta, Brown se trouvait sur le toit d’une écurie pour observer le déroulement des courses et c’est ainsi qu’il regarda calmement les premiers mouvements des autorités.  Peu après le début de l’intervention, un policier se serait approché pour lui demander de se soumettre à son arrestation et, bien entendu, Brown refusa d’un ton nonchalant.  Aussitôt, le policier se réfugia sur le toit du hangar voisin afin de se protéger de Brown qui avait dégainé son lourd revolver de calibre .44.  À son tour, l’agent s’empara de son arme et ameuta ses collègues avec son sifflet.Avant d’être encerclé, Brown sauta du toit pour s’enfuir en courant.  Avec quelques policiers à ses trousses, il tira derrière lui et, bientôt, se retrouva poursuivit par une foule de constables en uniforme.  Powell et McDowell, deux policiers de Chicago, se rapprochèrent du fugitif, ce qui les amena en zone de danger immédiat, eux qui ignoraient la réputation texane de leur suspect.  Powell fut touché le premier par une balle qui lui traversa la main pour aller ensuite se loger dans son bras.  Un deuxième projectile le heurta à l’estomac, ce qui allait lui être fatal.

Brown tourna ensuite sa colère vers McDowell, qui fut gravement atteint.  Toutefois, avant de succomber il tenta un dernier tir vers le fugitif, qui s’écroula instantanément.  Brown avait été atteint directement au cœur.  Powell s’éteignit sur le terrain, tandis que McDowell succomba quelques heures plus tard.

James Madison Brown était âgé de 54 ans.  Malgré ses exploits d’homme de loi dans l’histoire de l’Ouest, tout indique qu’il ne s’est jamais mérité le statut de légende au sein du folklore américain; et pour cause, diront certains.  Ce qui est sûr, c’est qu’à force de déambuler sur une ligne aussi mince il a fini par trébucher.

La fusillade de Wooster Mound

Wiley Haines

Le 2 août 1903, trois hommes lourdement armés entraient sur la réserve Osage, en Oklahoma.  Il s’agissait des hors-la-loi Will et Sam Martin, ainsi que de leur complice Clarence Simmons.

Après avoir été alerté, l’homme de loi Wiley Haines prit avec lui Warren Bennett et le Constable Henry Majors pour se précipiter aux trousses des suspects.  Les trois représentants de l’ordre trouvèrent le campement des hors-la-loi juste avant l’aube, au matin du 3 août.  Discrètement, ils descendirent d’abord de leurs montures pour s’approcher à pied.

Malheureusement pour l’effet de surprise, le cheval de l’un des criminels eut un soubresaut et les fugitifs empoignèrent immédiatement leurs armes.

Will Martin courut vers sa monture mais Haines lui tira une balle dans la jambe droite.  Un second projectile entra par sa bouche et fit exploser l’arrière de sa tête, ce qui le tua sur le coup.

Sam Martin riposta alors avec rage, mais Haines réussit à l’atteindre dans la partie droite de sa poitrine, ainsi qu’au poignet gauche.  Sam parvint néanmoins à courir sur une distance d’une vingtaine de verges avant de s’effondrer.

Ensuite, Haines courut pour rattraper Simmons.  En dépit de ses blessures, Sam Martin tira de nouveau, atteignant Haines à la poitrine et à l’épaule droite.  L’homme de loi s’écroula.

Bennett maîtrisa aussitôt Sam Martin tout en le menaçant de lui faire éclater la tête s’il tentait le moindre geste.  Pendant ce temps, Simmons s’évaporait dans la nature.

La fusillade n’avait pas duré plus d’une minute mais on estima pourtant à 27 le nombre de coups de feu échangés.  Parmi l’équipement confisqué aux hors-la-loi, on compta trois chevaux, des selles, des brides, deux carabines, quatre revolvers et environ 1,000 cartouches.

Wiley Haines et Sam Martin furent allongés dans le même chariot et conduis au cabinet d’un médecin à Pawhuska.  Le médecin jugea que Martin n’avait aucune chance de survivre mais le bandit resta lucide jusqu’à la fin, ne cessant jamais de parler, comme une véritable commère.

Les corps des frères Martin, peu après la fusillade.

Pour retirer le projectile du corps de Haines, le docteur recommanda évidemment une anesthésie générale, mais Haines refusa car il voulait garder un œil sur son prisonnier.  Donc, Haines ne reçut aucun anesthésiant et durant toute l’opération il garda courageusement son revolver pointé sur Sam Martin.  Ce dernier mourut peu de temps après, non sans avoir confessé plusieurs autres crimes pour le salut de son âme.

Bien qu’il ne fut jamais aussi célèbre que certains hommes de loi de l’Oklahoma comme Bill Tilghman ou Heck Thomas, Wiley Haines put jouir d’une réputation très enviable grâce à son courage.  Il avait nettement fait ses preuves lors de cet événement qu’on surnomma à tout jamais la fusillade de Wooster Mound.

Wiley Haines succomba à une crise cardiaque en 1928 alors qu’il se trouvait dans les marches du palais de justice de Pawhuska.